A quelques pas de là…

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Troisième et dernier jour à Chicago. 

Le soleil se lève sur la ville… Aujourd’hui, le programme est chargé ! Visite à l’Institut d’Art de Chicago, le Louvre local, visite du musée des sciences, tour en car pour découvrir le nord de la ville et petit tour tout à fait au sud pour découvrir l’Université de Chicago. Eh oui ! J’ai la sale manie de vouloir tout voir, tout faire, tout découvrir, et d’entraîner dans mon sillage les malheureux qui auraient décidé de voyager avec moi. ;)

Mais pour commencer, direction le métro : 

La visite de l’Institut d’Art se révèle très intéressante, tout comme celle du musée des sciences. Au sein de ce dernier, j’ai notamment pu admirer une véritable Ford T et un authentique sous marin allemand datant de la Deuxième Guerre mondiale ! Nous avons aussi fait tout un tas d’expérience rigolote, prévues pour des enfants de 10 ans mais qui nous ont intéressé et/ou fait rire.

Le tour en car est moins intéressant, en partie parce que, exténués, nous nous endormons après une demi-heure…! La visite du campus de l’Université de Chicago s’effectue sous une pluie torrentielle et nous contraint à abandonner la partie et à remonter rapidement dans le bus. Au cours du trajet de retour, nous avons tout de même remarqué que tout au long du trajet, les seules personnes à monter ou descendre du bus étaient Noires. Ce qui nous a conduit à un débat sur les politiques américaines de discrimination positive, la pauvreté des Afro-Américains, et le faible accès à l’Université des minorités. Avec une remarque pertinente de mon ami : "Mais enfin, tu ne vas pas me dire que ça leur plaît, à tous, d’habiter loin du centre ville, au milieu de nulle part, dans un quartier constitué exclusivement de Noirs ?!" Certes.

De retour, nous avons rejoint le Pier pour nous restaurer de hot dogs ! Etats-Unis obligent… 

Vous me croirez si vous voulez, mais c’était vachement bon ! C’est au cours de notre promenade que nous avons appris pourquoi Chicago était surnommée "Windy City". Contrairement à ce que beaucoup pensent, ce n’est pas parce que la ville est très "venteuse", en anglais "windy". C’est parce qu’au moment de célébrer le 400ème anniversaire de l’arrivée de Christophe Colomb, l’Etat fédéral voulait organiser une exposition sur le modèle de l’Exposition Universelle de Paris (pour laquelle avait été construite la Tour Eiffel). Les villes de New York, Washington et Chicago étaient en compétition, et c’est finalement Chicago qui remporta le droit d’organiser l’exposition. Cette victoire n’aurait été permise, de l’avis de journalistes new-yorkais, que par le lobbying intensif des politiciens "verbeux" de Chicago, en anglais "windy" également, qui auraient réussi à embobiner les décideurs de la Maison Blanche. 

"Venteuse" ou pas, cette ville est quand même particulièrement jolie :

Une mention spéciale pour la drôle de prison : le bâtiment triangulaire de la photo ci-dessus. C’est une des rares prisons à ne pas avoir été construite avec des barreaux aux fenêtres. En effet, les fenêtres sont trop étroites pour permettre le passage de quiconque. Ce choix permet, d’après l’architecte, de construire des cellules avec de grandes fenêtres, à hauteur d’homme donc plus lumineuses, et donc de rendre un peu plus humain le passage en prison.

Avant de rentrer à l’hôtel et de nous préparer pour le vol du retour, nous passons admirer le Cloud Gate, la porte des nuages, surnommé "le haricot" par les habitants. Cette "sculpture" surprenante, en particulier vue du dessous, a participé à la renommée de Chicago au même titre que la Tour Eiffel a participé à celle de Paris :

Un passage à la fontaine aux mille visages, surnommée ainsi car elle est constituée de plein de petits écrans, qui s’allument à intervalle réguliers pour former le visage d’habitants de Chicago, représentés en train de cracher : 

Et il est temps de rentrer. Nous nous endormons, fourbus, à minuit, avec l’intention de nous réveiller à 2h pour attraper notre vol de 5h du matin. Enfin… Ca, c’était la théorie. Dans la pratique, je me suis réveillée au milieu de la nuit, étonnée que le réveil n’ait pas déjà sonné, et étonnée même de me réveiller alors que je ne devais avoir que 2h de sommeil… Un coup d’oeil au réveil, puis un : "AARRGHHHH !! Réveille-toi ! Il est 5h !!" Course, appel surtaxé, attente de 25 minutes au téléphone et gros stress, pour finalement apprendre que United Airways, la compagnie que nous avions fini par choisir même si ses vols était $50 plus chers, nous trouverait gratuitement de la place dans n’importe quel avion si nous nous présentions au comptoir sous deux heures. 

Course vers le métro car l’aéroport est loin, et deux heures, ça fait juste. La suite de notre voyage se passera sans encombre et nous atterrirons sous le soleil californien douze heures plus tard : épuisés, mais heureux.

Préparatifs et réservations en vue de notre voyage à Chicago.

Les préparatifs pour mon voyage à Chicago ont démarré l’avant-veille. (Comme j’avais déjà eu l’occasion de vous le dire, on est mal organisé ou on ne l’est pas. :P ) Tout d’abord : un peu de géographie. Chicago, c’est là :

Le dimanche 21 août, nous commençons donc à nous intéresser aux prix des billets d’avion. Je repère un vol incroyablement bon marché sur le site flights24.com. Nous en discutons, puis nous décidons à le réserver. Mais là, ô surprise ! En ouvrant à nouveau la page, le vol est devenu plus cher. Nous étudions d’autres dates, d’autres trajets, puis décidons que, même plus cher, le vol d’origine est le mieux. Nous recherchons donc à nouveau ce vol : il a encore augmenté ! Tandis que je commence à râler en disant qu’on aurait mieux fait de réserver dès le début, l’ami avec qui je vais voyager fait une découverte qui me fait me sentir bien bête de m’être énervée. Ce site est en fait une belle arnaque ! Des dizaines de voyageurs ont apparemment payé en ligne mais n’ont jamais reçu leurs billets, le numéro de téléphone est bidon et personne ne répond… Bref, un site à éviter à tout prix ! 

Sur un second site internet, nous découvrons la compagnie d’aviation Spirit. Les prix sont attractifs mais, échaudés par notre première expérience, nous vérifions la réputation de la compagnie… Quelle horreur ! Des avions toujours en retard, parfois jusqu’à 5h, 7h, 10h, sans explications, sans compensation, des sièges aussi inconfortables que des sièges en bois, un avion qui sert de dépotoir : sol jamais lavé, papiers, chewing-gums par terre, et même pas de boisson pour un vol intérieur aussi long : tout est en supplément.

Sans compter une découverte de taille : alors que nous cliquons une seconde fois pour vérifier les tarifs, nous constatons qu’ils ont augmenté ! Sauf que cette fois, ce sont les taxes qui ont augmenté, tout à coup, en quelques minutes, entre 22h et 22h10 un dimanche soir d’août. Ils nous prennent pour des truffes ?

Sur cette photo, on peut s’apercevoir qu’à droite,  la taxe liée à l’aéroport est de $13.50, la taxe liée au trajet est de $11.10, et la taxe liée au 11 septembre est de $7.56.

Et à gauche, même site internet, mêmes aéroport, même trajet : la taxe liée à l’aéroport est de $18, la taxe liée au trajet est de $14.80, et la taxe liée au 11 septembre est de $11.

C’est donc du vite vu Spirit: OUBLIE ! C’est donc un vol United Airways que nous réservons, ce qui épargnera bien des tourments le dernier jour…

Puis, nous passons par hotwire.com et réservons un hôtel noté 3 étoiles, et découvrons son nom : The Inn Of Chicago.

Les photos sont magnifiques, et nous nous réjouissons d’avoir économisé $60 par nuit pour une chambre si chouette… A l’arrivée, nous allons être bien surpris ! Dans la réalité, mon célèbre dicton se trouve une fois de plus vérifié : "C’est pas cher, mais ça vaut pas plus !"

Les mini-bus de Hong Kong ont 16 places et pas une de plus. Donc si un minibus est plein ? Prends le suivant.

Et aujourd’hui, il ne restait plus qu’une place dans le mini-bus. Un homme est descendu pour laisser sa place à un couple qui voulait monter. Il prendra le suivant…

On surnomme HKU "le réfrigérateur", à cause de l’usage démesuré qu’il y est fait de l’air conditionné. Il fait souvent entre 16°C et 21°C à l’intérieur, pour plus d’une trentaine de degrés à l’extérieur.

Oui, chaque fois que je passe une porte, je me prends, au bas mot, un choc thermique de 10 degrés en pleine poire.

J’ai croisé dans l’ascenseur un garçon portant un masque en papier sur la bouche, avec, sur la poitrine, un autocollant blanc avec écrit : "Fièvre : 37°5".

C’est vrai que c’est plus court que "Ne vous approchez pas à moins de 50m, je suis extrêmement contagieux et porteur d’une maladie apparemment bénigne mais que tous les politiques du monde entier s’efforcent de nous faire passer pour la plus grande pandémie que le siècle ait eu à combattre."

Mais qu’est-ce que c’est que ce pays ?? Tout d’abord, une petite anecdote annexe, avant de commencer la rédaction de ce premier (mais néanmoins déjà culte) article. Afin de sublimer mon génie créatif (^^) , j’avais l’intention de mettre un peu de musique, et en l’occurrence Melody Gardot. C’était sans compter sur deezer.com (* site où l’on peut écouter de la musique sur internet, de façon légale (me semble-t-il)) qui m’a gentiment informée que "Désolé, vous n’avez pas accès à ce titre depuis votre pays de résidence". Ah bon. C’est vraiment que c’est extrêmement subversif Melody Gardot, jugez plutôt :

Mais ce qui m’amène aujourd’hui est d’une toute autre nature : j’ai enfin compris pourquoi je ne payais que 900€ par an ma chambre double de 12m² en plein Hong Kong. En fait, j’étais en train de laver mon ligne dans la salle de bain commune quand… Attends, j’ai dis quoi là ? Même ça demande une explication en soi. En fait, la "shower room", ou salle de bain commune est composée de 5 lavabos et 5 cabines de douche. Ennemi numéro 1 : les lavabos ne peuvent pas être bouchés manuellement. Il y a bien un petit bouchon, mais l’eau coule quand même à travers et s’échappe donc du lavabo. Ennemi numéro 2 : il n’y a pas de robinet mais un système, comme dans certains toilettes publics, où on appuie une fois, une certaine quantité d’eau coule, puis si on veut à nouveau de l’eau il faut à nouveau appuyer sur le bouton. Vous m’imaginez donc là, à appuyer frénétiquement sur ce bouton pour essayer de remplir le lavabo, malgré le fait qu’il se vide de facto, tout en essayant de laver mes affaires…

A ce moment, un binôme de T-shirts roses m’interromp et me demande en anglais si je peux venir une minute dans la "common room" (un genre de cuisine avec la télé dedans) pour un "floor meeting" (* une réunion d’étage) très important. Ca n’était pas du tout dans mes plans, j’étais en nage et avais juste envie d’une bonne douche froide, mais allez. Je dois m’investir dans la vie de mon hall (*résidence étudiante) après tout. En fait, j’ai bien eu ma douche froide : le floor meeting est en cantonnais. Okaaay… Heureusement, une gentille floormate (*camarade d’étage) me traduit tout ça de temps en temps. Et donc nous voilà parties pour une bonne demi-heure d’instructions en tout genre me laissant pantoise…

- Régulièrement, je devrais faire une soupe (authentique !!) avec les garçons qui habitent la chambre 910 (NB : Je suis dans la chambre 810, et mon "unité" est composé de mon étage de filles, le 8ème, et de l’étage de garçons correspondant, le 9ème). Ensuite, toute l’unité (soit les 24 filles de mon étage et les 24 garçons du 9ème) partageront leur soupe au cours d’un repas commun

- Régulièrement, chaque floormate devra nettoyer le frigo. Ouioui. Enlever touuut ce qu’il y a dedans, tout nettoyer et tout remettre, sans oublier de jeter ce qui est périmé. Je posterai bientôt des photos (si je n’oublie pas avant :p) et vous verrez que le frigo, c’est Bagdad ! Je vous laisse imaginer le bonheur que ça doit être de le nettoyer !

- Chaque chambre a un emplacement réservé dans le frigo. On ne doit mettre ses denrées qu’à cet emplacement. "Même si un emplacement d’une autre chambre est libre et le nôtre est plein ?" – regard consterné de la fille qui me traduit : ça veut dire oui. "Et si on n’a plus de place ?" – Eh ben on n’achète plus rien. OUI, même si le frigo est, par ailleurs, vide à certains endroits.

- On est rationnés : trois petites briques de lait (genre 20 mL) + un pack de légumes + une bouteille de soda ou d’eau + … nan mais de toutes façons, t’inquiète, ça tient pas dans le frigo, ça. Ouais, parce que le frigo de 24 floormates, il est grand comme le frigo de mon Papa qui habite tout seul…

- Si je vois quelqu’un partir sans nettoyer les ustensils utilisés pour cuisiner, je dois le noter à l’emplacement réservé sur le grand tableau blanc de notre "common room". La personne doit alors payer une amende de 20$. D’une façon général, dès que je vois quelqu’un faire quelque chose de mal, je dois le dénoncer via le tableau blanc pour qu’il PAYE !! HaHaHa HaHa ! (rire machiavélique)

- Viennent ensuite les élections. La "floor rep" (* déléguée d’étage) est élue tous les ans en Janvier : elle, elle ne changera pas tout de suite (Super, parce que, comme vous avez pu le constater, elle est particulièrement ouverte d’esprit). Mais en revanche, il faut élire : une secrétaire de la décoration de l’étage (mais "who cares ???" (* qui s’en soucie)), une secrétaire de la (déjà fameuse !) soupe, une secrétaire pour les activités acamédiques (comme des rassemblements dans la bibliothèque pour étudier ensemble, etc. Etpiquoiencore ?), une secrétaire pour la vie sociale (alors ça, j’aimerais bien voir ce que ça sera), une secrétaire pour la "common room", une secrétaire pour les activités au sein de l’unité, etc, etc.

Inutile de dire que je ne me présente à rien du tout, mais cela laisse bien augurer de la suite. Je commence à comprendre ce qu’implique la vie dans un Hall hongkongais… C’est totalement différent des chambres étudiantes françaises, et c’est d’ailleurs pour ça que le mot anglais n’est pas une traduction de "résidence étudiante". Il s’agit de vivre dans cet endroit, de s’y impliquer, et pas seulement d’y habiter. Ca fait une énorme différence. Il y a, apparemment, une identité de chaque unité, qui peut s’exprimer dans tous les "High Table Dinner", grands dîners mensuels obligatoirestous les étudiants du Hall (et dans mon cas ça fait beaucoup : 500) se rassemblent et dînent ensemble, tous habillés de façon formelle. Cela dit, je me demande bien à quoi ça va pouvoir ressembler. Comme dit Gad Elmaleh : "Bon, euh et pour le restau on est 500, on fait comment, euh, deux tables de 250 ?" xD


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