A quelques pas de là…

« Ce que la photographie reproduit à l’infini n’a lieu qu’une fois » [R. Barthes]

Posted on: 06/09/2009

Aujourd’hui, je suis allée en bonne compagnie sur l’île de Lantau, la plus grande île du territoire de Hong Kong. Petit rappel rapide : le territoire de Hong Kong est composé de 234 îles dont trois principales : Hong Kong Island, au sud, sur laquelle se trouve le coeur de la ville, l’île de Lantau, au sud-ouest, la plus grande des 234, et l’île de Lamma, au sud de l’île de Hong Kong, la plus « sauvage » de ces trois îles. Hong Kong, c’est aussi un territoire continental, avec deux « quartiers » : Kowloon, tout au sud de la partie continentale, juste au nord de l’île de Hong Kong, et les Nouveaux Territoires, tout au nord de la partie continentale, assez largement inhabités, et encore très authentiques puisqu’uniquement résidentiels, lorsqu’ils sont habités.

Hong Kong

Pour aller sur Lantau Island, nous avons pris le ferry, ce qui m’a donné l’occasion de prendre cette photo :

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A Hong Kong, la majorité des buildings sont construits en tenant compte d’une nécessité : respecter les règles du Feng Shui [prononcer « fan-gue-chué », et non pas « fènne-gue-chui » !]. Pour que le « shui » circule correctement, il est entre autre indispensable de pratiquer des ouvertures dans les hautes tours : vous pouvez en voir une illustration sur cette photo.

Une fois arrivés sur l’île, nous avons pris un bus… Mamma mia les chauffeurs de bus à Hong Kong ! Je n’arrête pas de me dire dans les virages que si, en face, il en vient un qui conduit de la même façon, on est bons pour rejoindre St Pierre ! Ici, le chauffeur possède un truc marrant : une petite clochette  qui tinte chaque fois que le chauffeur tourne le volant un peu trop brusquement…

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… c’est-à-dire qu’elle tinte à chaque fois que le chauffeur tourne le volant ! L’air de dire « Ding-ding, c’est l’heure de mourir… »

Pour le reste, nous avons vu cet immense Bouddha, qui fait (après vérifications dans le guide) 26 mètres de haut; c’est le plus grand Bouddha d’extérieur du monde.

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Tout ce qu’il me reste encore à voir avant de mourir : (rouge) United States of America, Statute of Liberty, 12 968 km ; (jaune) People’s Republic of Chine, Great Wall, 1972 km ; (bleu) United Kingdom, Big Ben, 9632 km ; (vert) Africa, Cape of Good Hope, 11 881 km…

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En haut d’escaliers qui lui confèrent un aspect encore plus impressionnant, trône le Grand Bouddha.

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Je ne peux pas croire que j’y sois vraiment… C’est ça qui m’impressionne le plus, je crois. Ce Grand Bouddha, que j’ai vu tant de fois en photos, qui figure dans tant de reportages à la télé, eh bien il est là, devant moi. Je suis à l’autre bout du monde et le Grand Bouddha est devant moi. J’ai une sensation de privilégiée, tout en ayant une arrière-pensée furtive pour toutes les personnes, en particulier restées en France qui ne franchiront jamais ce pas, de l’écran à la réalité…

Le Grand Bouddha est entouré de 6 Boddhisatvas. Dans la croyance bouddhiste, ce sont (navrés pour mes sciencespotes qui connaissent déjà ça par coeur, merci Barzi :p) des êtres humains exceptionnels qui ont réussi à atteindre la sagesse ultime, l’état de nirvana, et ont choisi de ne pas sortir du cycle des réincarnations (pourtant aspiration ultime de tout Bouddhiste) mais au contraire de rester sur terre pour aider les autres humains à atteindre, eux aussi, le nirvana.

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Après le Grand Bouddha, nous allons voir le monastère bouddhiste de Po Lin, à quelques mètres de là. Je laisse les gens avec qui je suis jouer aux échecs dans le jardin qui entoure le monastère, et décide de partir l’explorer d’un peu plus près.

A l’extérieur, des gens brûlent de l’encens…

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Je pénètre ensuite dans un premier bâtiment. Un petit Bouddha en or trône dans une vitrine face à la porte. Lorsqu’ils passent devant, les gens joignent leurs deux mains et s’inclinent, en général plusieurs fois… Autour de ce Bouddha, quatre statues beaucoup plus grandes impressionnent le visiteur :

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Puis, je pénètre dans une sorte de cour intérieur, au fond de laquelle se dresse un autre bâtiment.

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L’intérieur est très chargé, décorativement parlant (« Kitsch » dira l’Allemand avec qui je suis), mais une certaine religiosité imprègne tout de même l’atmosphère de ces lieux. Est-ce la subjectivité humaine, qui croit décerner une atmoshpère particulière parce qu’on lui a expliqué qu’il s’agissait d’un monastère ? Ou est-ce que vraiment, ces statues ont quelque chose à nous dire sur nous-même, quelque chose qui ne s’écoute que dans le silence du recueillement ?

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Ensuite, j’ai décidé de suivre les recommendations de l’office du tourisme, et d’aller me promener dans la montagne environnante… Je n’avais que deux petites heures devant moi : je n’ai pas pu aller bien loin, mais ce que j’ai vu m’a profondément marquée.

Des moments magiques, empreints d’une sorte de poésie… Volés à la civilisation, à l’homme et ses excès ; une sorte de retour à la nature, au silence et à la beauté du paysage, où l’on n’a devant soi plus que la quintessence de ce qui est beau. Unique.

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De là où, j’étais, on pouvait avoir voir « The Wisdom Path » (* le Chemin de la Sagesse). Il s’agit d’un ensemble de 38 troncs d’arbres disposés en « 8 » renversé, de façon à former le signe mathématique de l’infini. Sur chacun de ces troncs, est écrit un morceau d’un poème bouddhiste célèbre expliquant le concept de « vide ». Ce vide là n’a rien à voir avec le nihilisme nietzschéen, mais nous enseigne plutôt la relativité. Il postule que rien n’est, mais que les choses arrivent si et seulement si certaines circonstances sont réunies. En conséquence, il est vain de s’attacher aux choses où aux gens, puisqu’ils ne sont que contingents. Il enseigne aussi la tolérance, puisqu’une opinion n’est tenue pour vraie que parce que les circonstances sont réunies pour qu’elle le paraisse…

Au bas du Wisdom Path, un moine bouddhiste méditait, jouait de la flûte, faisait du yoga. Une atmosphère très sereine, bien loin du touristique Grand Bouddha.

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Sur le chemin du retour, je fais plus attention aux plantations de thé qui bordent le chemin que je suis. Elles sont gardées jour et nuit par les meilleurs gardiens que l’on puisse trouver : les épouvantails ! 🙂

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En définitive, un parcours très ressourçant, dont je me remémore les sensations chaque fois que je revois ces images… Une invitation à la méditation… et je médite…

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1 Response to "« Ce que la photographie reproduit à l’infini n’a lieu qu’une fois » [R. Barthes]"

Je reviens regarder tes photos sur le grand bouddha et son environnement…et tes commentaires.
C’est comme un livre où l’on relit certaines pages et où on a plaisir à revoir les images .
D’aucun disent que la photo bloque un instant de la vie et le rende éternel ou presque alors qu’il EST éphémère …ainsi l’humain le FAIT (devenir) durable…
Bizoudoux! EA

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