A quelques pas de là…

« L’Amérique, l’Amérique… » [J. Dassin]

Posted on: 16/04/2011

Madame, Mademoiselle, Monsieur, bonjour. Cela fait très exactement deux mois et deux jours que j’ai posé mes valises en Californie du Sud. Après trois mois de bataille acharnée contre les services d’immigration américains (voir article précédent à ce sujet), j’ai finalement réussi à passer la frontière légalement et à venir m’installer dans la banlieue de Los Angeles. Ca fait rêver, hein ?

Au cours de mes deux mois ici, j’ai pu noter de petites différences avec la France, et j’avais envie de vous faire part de mes observations.

– La limite de vitesse en ville est de 50 miles par heure (mph) en moyenne, soit 80 km/h…

– … et il y a entre deux et trois voies par sens de circulation dans les centres villes, et un minimum de cinq voies par sens de circulation sur autoroute.

– Les autoroutes s’appellent d’ailleurs les « freeways » : les chemins libres. Ce qui m’a amusée et que j’ai trouvé assez typique de l’esprit américain. Ils avaient quand même voulu appeler les frites « freedom fries » : les frites de la liberté. Il faudra que je vous fasse un article sur le patriotisme américain, un de ces quatre. C’est rigolo.

– En parlant de patriotisme, je ne sais combien de maisons ont un drapeau américain accrochée à la façade, ou flottant en haut d’un poteau. Vous avez déjà vu un drapeau français dans le jardin d’un de vos voisins, vous ?

– Pour revenir aux voitures, la limite de vitesse officielle sur autoroute est de 65 mph soit 104 km/h. Seulement dans les faits, les officiers chargés de la surveillance des autoroutes ne disposent pas de radar, ou très peu. Ils contrôlent donc la vitesse des usagers les uns par rapport aux autres. On arrive donc à une situation assez amusante, où la limite implicite est de 75 mph (120 km/h), puisque tout le monde roule à cette vitesse. C’est seulement si on roule plus vite que l’on risque d’être arrêté… Là où ça devient amusant, c’est que l’on passe pour un conducteur lent si l’on respecte la limitation de vitesse et qu’on conduit à 65 mph !

– Il existe des personnes dont le métier est de surveiller les parkings, en particulier les parkings des universités, ou les parkings en plein air ou des supermarchés. Les règles liées au parking sont très strictes, et quiconque ne les respecte pas a de grande chance de voir son véhicule finir à la fourrière. Hors de question, donc, de se garer sur le parking d’une université si on ne dispose pas d’un permis spécial que l’on peut mettre en évidence sous son pare-brise. Hors de question de ne pas payer son parcmètre au centime près. Hors de question de laisser sa voiture trop longtemps sur le parking d’un supermarché, si on ne va pas vraiment faire ses courses. Ce sera fourrière, fourrière et encore fourrière, et $350 pour récupérer sa voiture.

– Il est impossible de se rendre à L.A. sans passer par les embouteillages…

– … ce qui conduit les Angelins à être extrêmement nerveux en ville : il faut faire très attention à démarrer exactement quand le feu est vert et à ne pas traîner, sous peine d’entendre un klaxon retentissant. Ben oui ! Quand on vient de passer 1h dans les embouteillages, on supporte mal que quelqu’un qui a la possibilité d’avancer ne le fasse pas.

– La nuit, il y a des systèmes de détection aux feux rouges qui font que si on est tout seul sur la route, le feu passe automatiquement au vert quand on approche.

– Les transports en commun sont misérables. Là où je vis, il faut 2h de bus, avec trois changements pour parcourir 30 km. D’ailleurs, les bus ne sont pas coordonnés. Il se peut très bien qu’en sortant du bus A pour prendre le bus B, je me rende compte que les horaires du bus B le font quitter l’arrêt à peine 15 minutes avant que le bus A n’arrive, et que le prochain bus B est dans 3h.

– La voiture joue un rôle capital dans la vie de tous les Californiens, d’où toutes mes remarques sur les transports.

– Les impôts sont trop élevés en Californie. Les Californiens ne savent pas exactement de combien ils sont taxés, mais c’est déjà trop.**

– Les cuisiniers sont, de notoriété publique, tous Mexicains. Les gens qui cueillent les fruits et les légumes dans les champs aussi, d’ailleurs, tout comme les femmes de ménages.**

– En fait, l’économie californienne ne serait rien sans les Mexicains.**

– La nourriture mexicaine ici est bien différente (meilleure *tousse*tousse*) de celle que l’on a en France. Quelque part, vu la proximité avec le Mexique et à cause des observations ci-dessus, j’ai tendance à me dire que la nourriture mexicaine d’ici est plus authentique…

– Il y a aussi profusion de restaurants asiatiques, en particuliers vietnamiens, qui ne servent pas du tout la même chose qu’en France. Pour avoir été à Hong Kong et mangé la même chose qu’ici, j’ai tendance à me dire que les restaurants d’ici sont, encore une fois, plus authentiques.

– Il y a un nombre incalculables d’Asiatiques dans les universités californiennes.** J’ai assisté au début d’un cours de Maths à UC Berkeley, et je dois dire que je n’avais personnellement jamais vu autant d’Asiatiques rassemblés dans une même salle de classe depuis Hong Kong. 🙂

– J’ai pu observer que les Asiatiques passaient un temps fou à collectionner les bons de réductions que chaque Américain reçoit régulièrement dans sa boîte au lettres sous forme de magazines. Si tous les Américains ont tendance à regarder ces magazines pour éventuellement repérer un bon de réduction utile, les Asiatiques avec qui j’ai vécu n’allaient au supermarché que lorsqu’ils étaient en possession des bons de réduction appropriés. Ils achetaient ce qui était en promotion au moment où c’était en promotion, et cuisinaient en fonction. Hors de question de cuisiner du boeuf si le poulet est en promo ! Et si le poulet est en promotion toute la semaine, ce sera poulet jusqu’à ce que le boeuf soit en promo ! Un ami américain d’origine asiatique a confirmé que c’était général, surtout parmi les Asiatiques de la génération 0 d’immigrés (ceux qui sont arrivés aux Etats-Unis et y ont fondé une famille, par opposition à leurs enfants qui sont nés aux Etats-Unis par exemple).

– Le lait se vend frais. Pas pasteurisé. Il a une date d’expiration à deux semaines, ou quelque chose comme ça. Et ça paraît très étrange aux Américains d’envisager que notre lait à nous ne se trouve pas dans la section réfrigérée du supermarché, et qu’on le conserve un mois ou deux.

– On vend tous les fruits, toute l’année. C’est toute l’année la saison des fraises, par exemple.

– On vend aussi des myrtilles (ce qu’on ne trouve pas chez nous en supermarché). C’est parce que c’est bon avec les pancakes, les myrtilles. Et que c’est toute l’année la saison des pancakes.

– Les Américains habitent en collocation jusqu’à un âge avancé. Il n’est pas inhabituel qu’un trentenaire habite toujours en collocation, s’il n’est pas marié et/ou n’a pas pour projet de fonder une famille bientôt. Mais je reviendrais là-dessus avec un article complet consacré à la collocation.

– Les chaînes de restaurant. Il y en a un nombre incalculable. Je ne parle pas uniquement des fast foods : Mac Donald’s, KFC, Gus Jr., Carl’s Jr., Jack in the Box, In-n-Out, Wendy’s… Mais également des chaînes de nourriture mexicaine plus ou moins authentique : Alberto’s, Chipotle, Del Taco, Taco Bell, … Des chaînes de « vrais » restaurants : BJ’s, Olive Garden, Chili’s, … Et puis des chaînes fantaisistes, comme des chaînes de « restaurants » qui font des jus de fruits ou des smoothies : Jamba Juice, Juice it Up, … Des chaînes de glaciers : Cold Stone Creamery, Ben & Jerry’s…

En relisant mes observations, je m’aperçois que je ne parle que de deux choses : la nourriture et la voiture… Eh bien, ça résume assez bien mon expérience américaine pour le moment !

A suivre : un article sur la collocation, donc, et un article sur la folie du cupcake !

** Je ne fais, ici, que retranscrire ce que j’ai entendu à plusieurs reprises dans la bouche de Californiens.

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2 Réponses to "« L’Amérique, l’Amérique… » [J. Dassin]"

On imagine la vie d’un angelin au volant …
Je garde comme préfèrence mon « bovélo »…
En Asie les vélos sont nombreux …aux USA..je suppose que les cyclistes n’ont pas la sécurité minimum requise pour pouvoir se déplacer facilement …et puis les distances sont sûrement trop importantes aussi ?
Bisous de Nancy où il fait tjs un temps de primtemps …soleil , douceur des températures …

Ils pourraient ! Les villes essayent de développer les pistes cyclables en tout cas. Mais effectivement, le problème est en général la distance, et le fait que certaines villes sont très vallonnées et donc difficile à parcourir à vélo… à moins d’avoir un bovélo. ^^

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