A quelques pas de là…

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Regardées par des millions de gens chaque année, les pratiques sexuelles figurant dans les vidéos porno sont devenues bien plus que l’expression de fantasmes masculins : elles constituent une nouvelle forme de norme. Pendant ce temps, les actrices porno retournent à la prostitution de rue, illégale et violente.

 

 

« Le porno, c’est de la prostitution filmée. » C’est ainsi que Ran Gavrieli commence son allocution d’une quinzaine de minutes intitulée « Pourquoi j’ai arrêté de regarder du porno ? ».

 

 

Le porno est l’épine dans le pied des féministes qui, comme pour la prostitution, ont du mal à concilier libération sexuelle, capacité à choisir, à décider de sa sexualité, et indépendance financière d’une part, et d’autre part refus de l’objectification du corps humain et lutte pour une égalité de pouvoir entre femmes et hommes.

 

 

Or qu’est-ce que la prostitution si ce n’est la cristallisation des dysfonctionnements d’un système

 

patriarcal qui oppose les femmes respectables et les s*lopes qui couchent à droite, à gauche ? D’un système qui crée de toutes pièces la notion de « besoins » pour parler du désir sexuel des hommes ? Qui place majoritairement les hommes (blancs) à des postes où ils décident et les femmes sous leur autorité hiérarchique ? Cela étant, l’activité pornographique, c’est aussi la garantie d’une indépendance financière pour des femmes souvent sans qualification, issues des classes sociales inférieures. C’est aussi un usage flagrant du droit à disposer de son corps.[1] Comme le disent poétiquement les militantes pour le droit à l’IVG : « Mon corps, mon choix, ta gueule. »

 

Au lieu d’entrer dans ce débat et de tâcher de déterminer une fois pour toutes si « la prostitution, c’est bien » ou « le porno, c’est mal », examinons plutôt les valeurs et les messages culturels véhiculés par l’industrie pornographique.

 

La promotion d’une certaine forme de rapports sexuels

Tout d’abord, il faut souligner que ce secteur multi-milliardaire (52 milliards d’euros dans le monde en 2002[2]) s’adresse historiquement et majoritairement à un public masculin. C’est donc largement à partir de leurs fantasmes que se sont structurés les codes pornographiques. Est sexuel ce qui peut susciter le désir masculin, y compris les situations où les femmes acceptent un rapport sexuel sous la contrainte, par obligation, par surprise : pour payer un service (taxi, plomberie), récupérer un objet leur appartenant, satisfaire un employeur et éviter le licenciement…[3]

 

En outre, est sexuel tout ce qui a rapport avec la pénétration (buccale, vaginale, anale). Gavrieli dit que « le porno, c’est du sexe sans les mains ». Les caresses, les baisers, les éléments de sensualité qui connectent deux personnes au-delà de leurs seules parties génitales sont largement absentes des vidéos porno. Contrairement à l’imagination individuelle, qui a souvent besoin de se représenter dans un endroit, dans des circonstances particulières au cours desquelles tout bascule, dans le porno, il n’y a pas de réponses aux questions « où ? » et « comment ? ». Seules les réponses aux « quoi ? » importent. Le déroulement d’une vidéo porno est donc très ritualisé : fellation, pénétration, éjaculation de l’homme à l’extérieur du corps de la femme (il faut qu’elle se voie). L’éjaculation devient donc la finalité de l’acte sexuel, sa raison d’être. Le plaisir éventuel de la femme est accessoire. Elle n’est qu’un moyen conduisant à la jouissance de l’homme.

 

Des normes à suivre pour les filles et les garçons

La fille y a donc une fonction de pourvoyeuse passive. Toute forme d’envie personnelle qui n’aurait pas pour finalité immédiate le plaisir de l’homme n’existe pas. Le garçon, quant à lui, voit sa valeur déterminée par ses performances sexuelles, et plus particulièrement par la taille de son pénis et la durée de son érection. Toute forme de sensualité, d’émotion, d’attention à l’autre est exclue.

 

Or la courte vidéo porno de quelques minutes est devenue largement accessible à n’importe quelle personne équipée d’une connexion internet. L’industrie pornographique, de par son volume de production et par son accessibilité, n’est plus seulement vectrice de fantasmes s’adressant à un public masculin restreint. Elle est devenue un produit culturel (au sens de la culture commune) influençant la psyché collective. Elle agit par elle-même et en influençant des vecteurs non-pornographiques : industrie cinématographique classique, romans, publicité, qui reprennent certains de ses codes. Cinquante nuances de Grey est l’exemple le plus flagrant de cette influence du porno.

 

Cette industrie est aussi devenue un vecteur d’informations pour les adolescent(e)s peu désireux et désireuses de parler de sexualité avec leurs parents avant leur première fois ou au début de leur vie sexuelle. D’une industrie transgressant les normes pour entrer dans le domaine du fantasme, elle est devenue la norme pour toute une génération.

 

Cela conduit régulièrement les adolescentes à se demander si elles doivent céder à la pression sexuelle de leur partenaire pour éviter la rupture, ou à accepter que leurs ébats soient filmés, photographiés, enregistrés sous une forme ou une autre, quitte à voir ces enregistrements être partagés avec d’autres, y compris sur internet. Par ailleurs, des adolescents sont assaillis par des doutes sur leur valeur propre et sur leur aptitude à être en couple et à faire durer une relation s’ils ne sont pas capables des performances des acteurs porno. Certains adoptent mécaniquement leurs attitudes, même si elles ne correspondent pas à leurs désirs propres, persuadés que « c’est comme ça qu’on fait. »

 

Un manque d’informations, à la maison et à l’école

Difficile de contrer ces modèles pornographiques quand, au mieux, les parents se contentent d’un : « Le porno, ce n’est pas la vraie vie » énergique et convaincu, mais finalement peu explicite : à quoi ressenble-t-elle alors, la vraie vie ? Qui prend aujourd’hui la responsabilité d’infliger à son adolescent(e) mal à l’aise une discussion sur le sujet ? Ce n’est pas l’école, qui n’envisage la sexualité que sous l’angle reproductif (étude des appareils reproducteurs humains) ou de santé publique, au mieux (prévention des IST, contraception).

 

Quels parents disent à leur fille : « Tu sais, ce qui est important, c’est que toi tu prennes du plaisir, et que tu puisses demander ce qui te fait plaisir. » ? Quels parents disent à leur garçon : « En fait, au début de ta vie sexuelle, tu éjaculeras vite. C’est normal, et ce n’est pas la fin du rapport, si toi et elle avez encore envie. Et puis la taille n’a franchement pas beaucoup d’importance, parce que les filles sont surtout sensibles au niveau du clitoris, pas du vagin. » ? Au lieu de dire aux unes « Ne tombe pas enceinte ! » et aux autres « N’attrape pas le SIDA ! », pourquoi ne pas leur dire : « Un rapport, ça peut être des caresses mutuelles et des baisers, si vous en avez envie. Parfois, un rapport, c’est une pénétration. Tu peux arrêter quand tu veux, si tu veux. Parfois l’homme a jouit, parfois non. » ?

 

Des films porno à la prostitution (et vice versa)

Au-delà de la question adolescente (qui, ne nous leurrons pas, est destinée à devenir une question adulte dépassant la seule sphère sexuelle et influençant les rapports hommes/femmes), le visionnage de films porno est aussi problématique parce qu’il encourage toute l’industrie du sexe : là où il y a une demande, il y a une offre. Chaque clic sur des vidéos présentant des pratiques « hard » génère des revenus, et se traduit par le tournage d’autres films présentant des pratiques « hard ».

 

De plus, l’activité pornographique n’est qu’une des facettes du travail du sexe, qui comprend aussi les massages « avec finition », la prostitution sur internet ou par téléphone, le strip-tease, la prostitution de rue… « Le porno, c’est de la prostitution filmée », dont les seuls avantages comparatifs sont ceux du salariat : cachets, fiches de paye, cotisation retraite. Mais les carrières pornographiques ne durent pas, et combien d’acteurs et surtout d’actrices continuent à vendre du sexe ?

 

Peu d’études existent qui étudient la circulation des travailleuses du sexe, des plateaux de la pornographie à la rue de la prostitution. L’une d’elle, effectuée par Diaz-Benitez, a montré comment les acteurs et actrices porno brésilien(ne)s étaient parfois recruté(e)s dans la rue, dans les secteurs de prostitution.[4] Par ailleurs, Poulin explique que, dans une étude de 1998, près de la moitié des prostituées interviewées avaient participé à une production pornographique. Plus alarmant, dans une autre étude, près de 40% des prostituées interviewées avaient figuré dans un porno quand elles étaient enfants.[5]

 

Le porno ne fonctionne donc pas en circuit clos, mais n’est qu’une étape dans la vie de travailleuses du sexe qui peuvent passer de la pornographie infantile à la prostitution adolescente, tourner dans un film porno puis se faire embaucher dans un bar de strip-tease, être licenciée et retourner se prostituer dans la rue.

 

Or d’après diverses études, entre 85% et 90% des prostituées sont soumises à un proxénète, et leurs conditions de vie et de travail peuvent être alarmantes. Quelques chiffres, extraits d’études diverses[6] :

  • Parmi les prostituées de rue interviewées en Angleterre, près de 9 sur 10 ont été victimes de violence durant les douze derniers mois
  • Parmi les prostituées interviewées à Minneapolis (Etats-Unis), près de 8 sur 10 ont été victimes de viol par des proxénètes et des clients, en moyenne 49 fois par an
  • Parmi les suicides rapportés par les hôpitaux américains, près de 1 sur 6 concerne une prostituée
  • Les femmes et les filles prostituées au Canada connaissent un taux de mortalité 40 fois supérieur à la moyenne nationale

 

calme mer phareDevant un tel constat, peut-être pourrions-nous, collectivement autant qu’individuellement, choisir de ne plus alimenter ces représentations culturelles dommageables aux filles comme aux garçons, et tâcher de puiser l’érotisme et l’excitation dans une forme de fiction qui n’alimente pas le secteur le plus brutal de l’économie mondiale.

 

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Sources :

[1] Overall C. (1992), What’s wrong with Prostitution? Evaluatinf Sex Work, Signs, vol. 17, n°4, 704-724

[2] Dusch S. (2002), Le trafic d’êtres humains, Paris, PUF

[3] Rappelons que le Code pénal (article 222-23) définit « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise » comme un viol.

[4] Díaz-Benítez, M. E. (2013), Espaces multiples : penser la pornographie depuis ses lieux de production, Brésil(s) vol. 3 : http://bresils.revues.org/

[5] Respectivement : Farley M. et Barkan H. (1998), Prostitution, violence and posttraumatic stress discorder, Women & Health, vol. 27, n° 3, 37-49 et Silbert M. et Pines A.M. (1984), Pornography and sexual abuse of women, Sex Roles, vol. 10, n° 11-12, 857-868, cités par Poulin R. (2003), Prostitution, crime organisé et marchandisation, Revue Tiers Monde, vol.4, n° 176, p. 735-769 : www.cairn.info/revue-tiers-monde-2003-4-page-735.htm

[6] Chiffres cités par Poulin R. (2003), Prostitution, crime organisé et marchandisation, Revue Tiers Monde, vol.4, n° 176, p. 735-769 : www.cairn.info/revue-tiers-monde-2003-4-page-735.htm

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Après 350 kilomètres, une tonne de meubles et d’électroménager déplacée et une demi-douzaine de coups de téléphones et de paperasse diverse, j’ai enfin emménagé dans mon nouveau « chez moi » ! Je n’ai pas encore internet à la maison, d’où la fréquence un peu erratique à laquelle je poste de nouveaux articles… Mais enfin, me voici !

 

Cette semaine, j’avais envie de m’éloigner un peu des sujets que je traite habituellement pour vous parler de la Communication Non Violente (CNV, aussi appelée Communication Consciente, ou Communication Empathique), mise au point dans les années 1970 par un certain Marshall Rosenberg. (1) Actuellement, elle est très utilisée par les thérapeutes de couple, les formateurs/trices intervenant au sein des entreprises… et dans certaines associations féministes mixtes (héhé). Concrètement, elle a pour but de favoriser la prise de parole de chacun(e) dans le respect du vécu et des expériences de toutes et tous. Par là-même, elle vise à diminuer les tensions et à favoriser la résolution des conflits.

 

A ce stade de la lecture de mon article, Saint Thomas derrière son écran est en train de s’agiter : « Ouais, OK, donc Marshall Rosenberg, il fait de la communication et il est pour la paix dans le monde. Et concrètement, ça marche comment son bordel, à Miss France ? » J’y arrive.

 

Prenons une dispute lambda :

« On fait toujours ce que tu veux, lors de nos loisirs ! Tu dois toujours tout diriger ! Je n’ai jamais mon mot à dire ! J’en ai assez de vivre avec un(e) dictateur/trice ! »

Ajouter à volonté des assiettes qui volent, des portes qui claquent, des crises de larmes et/ou le ton qui monte.

 

J’en vois deux-trois qui s’y reconnaissent… Eh bien Madame, Monsieur, avec Marshall Rosenberg dans la pièce, ça se passerait un tantinet différemment. Décryptage.

 

En théorie, Rosenberg définit la Communication Non Violente comme une manière de communiquer particulière, qui vise deux objectifs principaux :

  • Se libérer de ce qu’il appelle le « conditionnement culturel », c’est-à-dire la tendance à porter un jugement, à catégoriser les choses qui nous sont rapportées en termes de « C’est vrai » ou « C’est faux » ;
  • Se mettre en lien avec soi-même, c’est-à-dire prendre conscience de ce que nous ressentons et désirons vraiment, au-delà des émotions instinctives que peuvent être la colère ou la tristesse.

 

Dans la pratique, cela se traduit par un changement dans la manière de communiquer, en évitant les remarques subjectives (« Tu es toujours en retard », « Tu ne range jamais tes affaires »), qui sont aussi, souvent, des jugements définitifs et absolus (« Tu es égoïste », « Tu es immature »). A l’inverse, la Communication Non Violente préconise de ne faire que des observations objectives, rattachées à un cas précis (« Tu es arrivé avec une demi-heure de retard à notre rendez-vous d’hier », « Tu as laissé traîner ton pantalon sur le canapé ce matin »). Elle recommande également de ne parler que de ce que l’on ressent, soi, personnellement (« Je me sens frustré(e)/en colère/triste/impuissant(e)…). (2)

 

Aux couples qui ont de gros problèmes de communication, et aux équipes professionnelles qui pourraient améliorer leur manière d’échanger, les formateurs/trices et thérapeutes demandent donc de modifier la façon de construire leurs phrases pour les faire correspondre au schéma suivant :

  • Observation : Décrire la situation à l’aide de termes objectifs. Ex : « Tu n’as pas été faire les courses hier. »
  • Sentiments : Décrire les sentiments et réactions provoquées en nous-mêmes par cette situation. Ex : « Cela m’a mis(e) en colère et m’a rendue triste en même temps. »
  • Besoin : Exprimer ses besoins en des termes les plus clairs et précis possibles. Ex : « J’ai besoin que la corvée des courses soit partagée entre toi et moi, alternativement. »
  • Demande : Formuler une demande précise, concrète et réalisable dans l’instant. Ex : « Pourrais-tu aller faire les courses aujourd’hui ? » (3)

 

La dispute classique de tout à l’heure change alors de ton et devient :

« La semaine dernière, les deux films que nous avons été voir étaient des films que tu avais choisis, et qui ne me plaisaient pas. J’ai été frustrée de devoir dépenser de l’argent pour aller les voir. J’ai été triste que tu ne veuilles pas aller voir le film XXX avec moi. J’aimerais que l’on s’efforce d’alterner entre tes centres d’intérêts et les miens. Peut-on aller voir le film XXX ce weekend ? »

 

Il est alors plus facile d’accéder à une demande ponctuelle (voir un film particulier), dans le cadre de besoins clairement identifiés (partager les loisirs), que de résoudre le problème général rattaché à : « Tu dois toujours tout diriger. » Par ailleurs, le recours aux observations objectives et au ressenti personnel, évite des batailles sans fins à coups de cas particuliers qui ne reflètent pas forcément la situation au quotidien : « C’est faux ! C’est toi qui a choisi la destination de nos vacances ! », ou les reproches qui s’accumulent pour éviter de faire face à la demande initiale : « Et toi, alors, tu n’as aucun ordre et ne retrouve jamais tes affaires sans mon aide ! »

 

Le but est se sortir d’une situation de dialogue dans laquelle le jugement et la critique tiennent la part la plus importante. Selon Marshall Rosenberg, cela permet d’éviter les luttes de pouvoir, dans lesquelles la seule alternative est la domination ou la soumission.

 

Je ne sais pas si ça fonctionne vraiment, mais ça ne peut pas être pire que de s’appeler régulièrement par des noms d’oiseaux !

 

Notes :

  1. Marshall Rosenberg, psychologue américain, fut l’élève d’un autre psychologue américain, Carl Rogers, célèbre pour avoir théorisé une méthode d’écoute active et empathique que de nombreux thérapeutes utilisent aujourd’hui.
  2. Les principes de la Communication Non Violente mettent en garde contre de « faux sentiments », c’est-à-dire les phrases qui semblent exprimer des sentiments, mais contiennent en réalité des jugements (« J’ai l’impression que tu ne me respectes pas. ») ou des interprétations du comportement d’autrui (« Je me sens seule, abandonnée, quand tu oublies d’aller chercher les enfants à l’école »). De manière générale, la CNV préconise le recours à des phrases qui ne font pas intervenir le « tu », et à des sentiments « exclusifs » : la tristesse, la peur, la colère, la frustration…
  3. La CNV recommande d’éviter les demandes négatives (« je voudrais que tu arrêtes de… », « je voudrais que tu ne fasses pas… ») pour privilégier les demandes positives (« je voudrais que tu fasses… », « je voudrais que tu ailles… »)
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Histoire de vous faire patienter jusqu’au prochain article (et grâce à un ordinateur ami ! 😉 ), j’avais envie de vous livrer une de mes créations, qui est dans les tuyaux depuis un moment… Vous connaissez le site de rencontre adopteunmec.com ? Son marketing joue sur un « second degré » destiné à expliquer aux cibles de sexe féminin qu’en s’inscrivant, elles vont pouvoir choisir des hommes comme elles font leurs courses. (T’inquiète, chu morte de rire. Ton second degré me touche grave.). On voit d’ailleurs apparaître depuis quelques temps sur les murs de Paris (et d’ailleurs, sans doute), un genre d’affiche « humoristiques » qui ressemblent à ça :

Publicité adopteunmec.com Hommes Objets

Par le passé, les féministes se sont souvent mobilisé(e)s pour expliquer que les femmes n’étaient pas des objets, et qu’il y en avait assez de ces publicités qui les traitaient comme telles. Alors le site « Adopte Un Mec », avec ses hommes-objets, c’est un progrès ou un régression ?

Comme les Anglophones disent souvent qu’ « une image est plus parlante que cent mots », je me suis amusée à imaginer une publicité parallèle, dans une sorte d’univers parallèle. Imaginez… Sur les murs de votre ville, un site internet destiné aux hommes, AdopteUneMeuf.com, ferait la promotion des femmes qu’il « vendrait », en insistant sur des réductions pratiquées sur les femmes poilues, âgées…

Adopte Une Meuf Publicité inversée parallèle mec

 

 

Vous aimez mon monde parallèle ? Quelque chose me dit qu’une telle publicité ferait HURLER les féministes pour son côté sexiste, sa présentation des femmes comme des produits, son caractère tellement rétrograde…

Dans ma conception des choses, le féminisme ne consiste pas à faire en sorte que les mêmes mauvais traitements soient infligés aux hommes comme aux femmes. Une égalité par le bas ne m’intéresse pas, et je n’ai que faire d’un monde dans lequel hommes et femmes ne sont que des produits qui se consomment. Je ne trouve donc pas ça « drôle » que des hommes soient présentés comme des trucs qu’on achète et ça ne « m’amuse » pas de lire qu’Adopte Un Mec pratique des « réductions » à l’achat sur des hommes. Je n’aime pas non plus lire que les hommes âgés sont « surgelés » et qu’on cherche à « liquider » le stock de geeks… J’ajoute que si une telle publicité existait pour les femmes, j’irais moi-même taguer leurs affiches.

Alors… Qu’est-ce qu’on attend pour s’indigner ?

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