A quelques pas de là…

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Nous vivons à l’ère de la performance et sous le regard des autres. La productivité chiffrée est devenue la mesure de la valeur individuelle, les réseaux sociaux ont entraîné un vaste mouvement de mise en scène de soi et de comparaison accrue avec autrui.

Dans ce contexte, qu’en est-il des femmes, qui, à la différence des garçons que l’on éduque à la prise de risque, sont conditionnées très tôt à être de bonnes petites soldates dociles ?

 

Dans leur vie professionnelle…

Les femmes gagnent toujours, en moyenne, 455€ de moins que les hommes chaque mois. Cela revient à une perte de 235 000€ à la fin d’une carrière de 43 ans. Le montant des retraites perçues par les femmes est toujours, en moyenne, de 671€ de moins que celui des retraites des hommes, et l’écart se creuse depuis 2004. Toutes situations confondues (jeunes, seniors, ayant des origines migratoires, n’en ayant pas, vivant dans l’Hexagone et dans les outre-mers), ce sont les femmes qui sont les plus pénalisées sur le marché de l’emploi.

Les femmes doivent en faire bien plus pour être reconnues, par autrui mais aussi par elles-mêmes. (Les études sur l’estime d’elles-même, dès très jeunes, des filles par rapport aux garçons sont à cet égard confondantes. Pour l’anecdote, l’ensemble des chef(fe)s de service de ma structure se sont vu proposé du coaching individuel. Je vous le donne en mille : sur neuf personnes, toutes les femmes sauf une ont accepté avec enthousiasme ; aucun homme n’a estimé en avoir besoin.)

Si une femme est trop autoritaire, elle sera qualifiée de harpie. Si elle est trop permissive, on trouvera qu’elle manque de capacités managériales. Trop proche de la direction, on l’accusera d’utiliser ses charmes. Trop distante, on lui reprochera de manquer de qualités humaines. Ambitieuse, on la verra comme un requin dont les dents rayent le plancher. Peu carriériste, on songera qu’elle gâche ses possibilités et on refusera de la prendre au sérieux. Qu’elle fixe des limites à sa présence en entreprise pour être plus disponible pour sa famille, et on la cataloguera comme n’étant pas fiable. Qu’elle ait simplement des enfants, et on verra leur existence comme une épée de Damoclès au-dessus de son investissement professionnel. Que son conjoint s’occupe des enfants, et on la verra comme une machine froide et son compagnon comme une créature entre le martyr des temps modernes et le castré façon Renaissance. Qu’elle ose seulement assister à une réunion sans l’avoir bien préparée : elle n’aura pas les épaules pour le poste.

 

Dans leur vie personnelle…

Les femmes ont acquis, de haute lutte, le droit à disposer de leur corps et à exercer ce droit par le biais de l’Interruption Volontaire de Grossesse. (Je passerai volontairement sur les fermetures massives de structures publiques, qui mettent en danger l’exercice effectif de ce droit.) En conséquence, la maternité est devenue largement choisie. Et puisque devenir mère est devenu un choix, les femmes ont à présent l’obligation de réussir aussi cet aspect-là de leur vie.

Il faut faire des enfants épanoui(e)s, auxquel(le)s on fixe des limites sans brider leur créativité, auxquel(le)s on propose des loisirs sans les transformer en machines. Il faut suivre leur scolarité sans leur mettre de pression excessive, les pousser sans les étouffer, leur donner le choix tout en les empêchant de prendre de mauvaises décisions. Il faut éduquer sans crier, faire attention à l’équilibre alimentaire. Et surtout, surtout, il faut être heureuse en tant que mère. Il faut aimer ses enfants par-dessus tout, se sacrifier de bonne grâce, ne jamais se plaindre de la charge qu’ils/elles font peser sur le quotidien et l’organisation. La mère parfaite est une mère qui se dévoue et qui sourit.

Les magazines féminins ont ajouté à cette pression-là celle de réussir son couple et, tant qu’à faire, sa vie sexuelle. Il faut baiser régulièrement, et jouir à chaque fois. Il faut essayer de nouvelles positions, de nouvelles pratiques, de nouveaux et nouvelles partenaires. Il faut réinventer son couple, avoir peur de la routine, partir en vacances, maigrir avant les vacances, s’entendre avec les ami(e)s de l’autre, avec sa famille.

 

MERDE.

Je revendique, au nom de toutes les femmes, le droit à être imparfaites et à faire des erreurs.

Au boulot, parfois, nous manquons de tact, nous nous laissons envahir par le flux des tâches à accomplir sans prioriser, nous arrivons sans être bien préparée, nous demandons à partir plus tôt pour aller chercher nos enfants à l’école, nous sommes en retard sur une tâche à accomplir, nous insistons lourdement pour obtenir une promotion, nous laissons passer une possibilité de promotion.

Dans notre couple, parfois, nous nous engueulons, nous sommes de mauvaise foi, nous nous laissons marcher sur les pieds, nous faisons l’amour un peu par habitude, nous ne jouissons pas, nous ne baisons plus, nous restons célibataires longtemps, nous nous accrochons à nos principes sans vouloir faire de compromis.

En tant que mères, parfois, nous laissons passer des comportements problématiques, nous sur-investissons la scolarité de nos enfants, nous imposons des règles rigides, nous crions, nous nous énervons, nous cuisinons des pâtes ou des conserves.

Nous faisons du mieux que nous pouvons, nous sommes humaines, nous échouons, nous tirons les leçons de nos échecs, nous nous excusons, nous tâchons de faire mieux la fois suivante, et la fois suivante, parfois nous réussissons, parfois nous ne réussissons pas. Nous naviguons à vue dans ce grand espace qu’est la vie, et nous réclamons simplement QU’ON NOUS LÂCHE LA GRAPPE.

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Il ne vous aura pas échappé que je suis une femme.

Il se trouve que, après avoir fait du krav-maga pendant un an, je me suis mise à la boxe thaïe.

Cela a d’ailleurs donné lieu à un moment très drôle, lorsque mon chef l’a appris :

« Non, ce soir, je ne peux pas rester, c’est le soir où je vais à la boxe.

— Ah-ha ! Tu fais de la boxe ? Française ? 😀

— Thaïe.

— Outch. »   >_<

 

Je suis donc dans un club composé en très grande majorité d’hommes, souvent trentenaires ou quadragénaires. Quelques femmes sont là également, souvent très jeunes (entre quinze et trente ans).

L’instructeur est très attentif à ce que nous, femmes, ne nous fassions pas démolir le portrait par des mecs peu scrupuleux, et surveille de près nos combats. Cela est d’ailleurs inutile, puisque les gars eux-mêmes sont très respectueux, surtout les plus avancés. Les seules fois où je me suis pris une beigne, elles m’ont été infligées par des débutants, qui se sont confondus en plates excuses après coup (c’est le cas de le dire).

 

Bref, la dernière fois je me suis fait une réflexion : dans ce sport d’hommes, encore plus en tant que débutante, je fais beaucoup d’effort pour être prise au sérieux. Je ne manque jamais aucun entraînement, j’arrive en avance, je m’entraîne, je me concentre pendant les combats, j’écoute le coach. Jusqu’ici, ce n’était même pas conscient : pendant toute une partie de l’année, je l’ai fait, point. Ce n’est que la dernière fois, en constatant le nombre de gars qui avaient successivement manqué des séances et qui étaient accueillis chaleureusement à leur retour, que j’ai pris du recul sur ma pratique.

Les gars, eux, peuvent papoter pendant l’échauffement, se marrer pendant l’entraînement, faire les mouvements à la va-comme-je-te-pousse. Ils sont légitimes, à leur place dans ce gymnase. Ils ne se posent sans doute jamais la question. Les filles, les quatre filles qui pratiquent avec moi, sont attentives, veulent progresser, se concentrent, tâchent de frapper fort, de dépasser leurs limites. Bien sûr, elles partent de plus loin : à l’exception d’une seule, les filles sont toutes débutantes, alors qu’il y a des anciens parmi les hommes qui pratiquent dans ce club.

 

Cela explique peut-être en partie que le coach soit plus proche des hommes. Mais c’est frustrant pour moi, par exemple. J’ai parfois l’impression qu’il ne me prend pas autant au sérieux ou, du moins, qu’il faut que j’en fasse beaucoup plus pour acquérir  une légitimité. Ainsi, j’ai manqué deux semaines d’entraînement, et il m’a fallu plusieurs semaines avant que le coach ne recommence à me faire des remarques destinées à me faire progresser. Je n’ai pas remarqué la même attitude envers les hommes du club.

Est-ce que c’est une déformation féministe ? Ou est-ce que réellement il en va des sports masculinisés comme de nombreux endroits de ma vie : je dois en faire deux fois plus pour être à la hauteur, et lorsque je chute, on me le pardonne moins ?

Et j’ai repensé à ce trait d’humour : « Nous aurons acquis l’égalité entre les sexes lorsqu’une femme pourra être nommé sur un poste pour lequel elle n’a aucune compétence. » Transposé au sport, pourrait-on dire que nous aurons acquis l’égalité entre les sexes lorsque les femmes s’autoriseront à pratiquer un sport masculinisé comme on pratique un loisir, et lorsque les coachs les prendront autant au sérieux que les hommes ?

 

Il y a quelques semaines, je dénonçais l’humour abject de Pierre Bénichou, adepte dans « Les Grosses Têtes » de blagues sur le viol. Cette semaine, bandes de petit(e)s veinard(e)s, devinez quoi ? On prend les mêmes et on recommence !

Un ami qui me veut du bien, m’a récemment rapporté que Jean-Marie Bigard avait rejoint l’équipe des « Grosses Têtes » de Laurent Ruquier. (Rooh, mais quelle idée de génie ! C’est tout pile-poil ce genre de profil qu’il leur manquait !)

Apparemment, Jean-Marie Bigard est le préposé aux blagues. Alors du coup, ça tombe vachement bien, parce que moi, j’aime bien rire :

Ruquier : Une p’tite histoire, peut-être, Monsieur Bigard ?

Bigard : C’est la femme qui va chez son médecin trois fois par semaine. Et lui, ça le gonfle. Il la voit arriver, il dit : « Merde, c’est pas possible… » Elle vient le voir et dit : « Docteur » en montrant son coude, « j’ai une déchirure ! » Le médecin, qui en a marre, dit : « Déshabillez-vous ! » Elle dit : « Non mais je viens parce que j’ai juste une déchirure au coude ! » Il dit : « Moi, je vous demande de vous déshabiller. Le slip, le soutien-gorge, tout ! » Il l’attrape par les cheveux, il la penche sur le bureau, il attrape ses hanches, et là, il la défonce.

Cordula : HAHAHAHA !

Ruquier : Oh non, Cristina, hahaha !

Bigard : Et tout de suite après, il se retire, et il dit : « Voilà. Ça, c’est une déchirure ! »

(Rires)

Bigard : Ça, c’est une tendinite !

Ce qui me fascine, c’est que le public et les chroniqueurs rient, non au moment de la chute de la blague, mais au moment où le personnage principal constate les mutilations qu’il a causées.

Petit exercice de style, juste comme ça. Imaginons qu’au lieu d’avoir le récit d’un viol d’une femme par un homme, médecin de surcroît,  on ait le récit de la violence sur un Noir par un policier blanc. Genre : « Le policier, qui en a marre, lui dit : « Deshabillez-vous ! »…  Il le penche sur le bureau, lui enfonce brutalement une matraque dans l’anus… Evidemment, ça saigne… 10 cm… Ça, c’est une déchirure ! »

Vous croyez que « Les Grosses Têtes » seraient fichues de trouver ça drôle ? Ou que l’horreur de la situation leur sauterait plus facilement aux oreilles ? Je me demande si la raison pour laquelle les « Grosses Têtes » et le public rient, c’est précisément parce qu’ils et elles n’ont pas d’images mentales à l’évocation du viol. Ils et elles ne se figurent pas la scène, ne s’imagine pas la souffrance de la femme que l’on agresse, mutile.

Est-ce parce qu’ils/elles ne sont pas concerné(e)s ? Est-ce parce que la culture du viol, les blagues autour de ce sujet, les scènes de viol dans la fiction sont tellement présentes qu’on peut devenir anesthésiés ? Comme ces scènes de films américains avec des armes à feu, des détonations, du sang et des morts, qu’on regarde un peu passivement parce qu’on y est tellement habitué(e)s ?

Ruquier : Jean Marie, une autre ?

Bigard : Le mec, il rentre chez lui, et sa femme est un petit peu décoiffé. Il lui dit : « Qu’est-ce qui t’arrive ? » Elle dit : « Ben, c’est un gars qui a sonné à la porte, j’ai ouvert, il ne m’a rien dit ! Donc, eh ben, je ne lui ai rien dit. A ce moment-là, il m’a attrapée par les cheveux, et il m’a emmenée dans la chambre à coucher. Et il ne m’a rien dit, alors moi je ne lui ai rien dit ! Il m’a violée ! Pendant une heure et demie ! Et il ne m’a dit alors j’ai rien dit. » Et le mari, alors, il dit : « Donc, on ne saura jamais pourquoi il est venu, alors ? »

(Rires)

Je, euh, what ? De même, imaginons un homme rentrant pour tabasser un autre homme, lui enfoncer la mâchoire, lui perforer les viscères à coups de pieds, lui éclater la tête contre le sol. C’est toujours « drôle » ?

J’ai l’impression qu’une partie des raisons pour lesquelles ils/elles rient, c’est parce que la femme de la « blague » est tellement abrutie qu’elle se fait violer sans s’en rendre compte, cette quiche. Et l’homme qui se ferait tabasser dans mon exemple de tout à l’heure, il pourrait se faire casser briser les os sans s’en rendre compte, lui aussi ?

En tout cas, il faut croire que le viol, c’est vraiment cré-cré-rigolo, parce qu’à peine 7 minutes plus tard, Bigard remet le couvert :

Bigard : J’en ai une autre sur la forêt ! Tu m’as dit « forêt » !

Ruquier : Oui !

Bigard : C’est le mec, il se balade avec sa femme, ils sont en pleine forêt, et d’un coup, ils rencontrent un ogre ! Un ogre de 4m de haut, avec des mains démesurées !

(Quelques rires)

D’une main, il chope à la taille le mec, avec son ongle de pied, il fait un cercle par terre de 3m. Il pose le mec dans le cercle, il dit : « Toi, tu mets un doigt de pied dehors, je t’écrabouille la tête ! »  Et il chope sa femme, et il la viole. Pendant une heure et demie.

(Jeanfi Jeanssen rit.)

Bigard : Et il se barre. T’imagine, la femme, elle est un petit peu décoiffée, hein, forcément. (Rires dans le public) Et là, elle voit son mari dans le cercle, qui est écroulé de rire ! Elle dit : « Ben d’accord ! J’me fais violer pendant 1h30 et toi, ça te fait rigoler ! » Il dit : « Attends, attends, chérie. J’suis sorti trois fois du cercle, il m’a pas vu ! »

(Rires)

En tout cas, je ne sais pas ce que Jean-Marie Bigard a avec les heures et demie, mais on dirait bien qu’il a un faible pour les viols qui durent exactement cette période-là. Quel être délicieux. Quelle émission agréable et divertissante.

A ce stade, il me faut remercier chaleureusement l’ami dont je parlais en début d’article, pour m’avoir permis de me colleter l’écoute de toutes les émissions des « Grosses Têtes » dans lesquelles Bigard intervenait, juste pour pouvoir retrouver ces trois blagues qu’il m’avait rapportées. Mais quand on aime, on ne compte pas ! 😉

Note : Pour les plus « têtes brulées » d’entre vous, vous pouvez réécouter ces morceaux de génie : la « blague » du médecin est issue de l’émission du 7 février, à environ 25 minutes 15.  La « blague » de l’homme muet est issue de l’émission du 16 février, à environ 1h06. La « blague » de l’ogre est issue de la même émission du 7 février, à environ 32 minutes 13.

Tout d’abord, permettez-moi de vous présenter mes excuses pour le retard de publication de cet article (comment ça : « et des deux précédents aussi » ?!). Mon quotidien est à présent un peu plus calme, et je devrais être capable de vous proposer de la lecture plus souvent.

 

Pique nique au jardin du LuxembourgCette semaine, dans la série « Tiens, j’y avais jamais réfléchi », la fameuse remarque « T’as tes règles ou quoi ? » et son accompagnement de rires gras en bande organisée. Commençons par le commencement. Nous sommes dimanche après-midi, le soleil chauffe timidement les étudiant(e)s qui font de leur après-midi au jardin du Luxembourg un acte militant : « On est le 23 juin, je dois avoir le droit de bronzer en short ! Oui, même s’il fait gris ! »

 

Je suis avec un copain que je n’ai pas vu depuis plusieurs années. Lui, mec cool et populaire par excellence, et moi, Bonne élèveex-étudiante aux bons résultats ayant mis du temps à comprendre que ça n’était pas forcément un défaut. On se raconte nos vies, nos relations de couple, quand le ton monte d’un coup de son côté : « Tu veux pas arrêter d’être la bonne élève de service ? » Sous-entendu dans le contexte : « Tu veux pas arrêter d’être cette fille coincée, qui réussit bien à l’école, fais toujours tout bien comme il faut et a des valeurs d’un autre temps ? »

 

Piquée au vif et bien décidée à ne plus me laisser emmerder sur ce sujet, je réplique, agressive : « Chéri, si ta vie à toi est monotone, fais pas comme si c’était de ma faute ! » Sous-entendu, dans le contexte : « Ecoute, s’il y a des choses que tu n’oses pas faire avec ta copine, compte pas sur moi en faire l’expérience de mon côté, juste histoire de pouvoir te raconter les détails. »

 

agressivitéEt là, surprise, une réponse collector (et encore plus énervée que la mienne) : « Wowww ! Tu me parles pas comme ça ! T’as tes règles ou quoi ? C’est pas la peine de jouer l’hystérique avec moi ; défoule-toi plutôt sur ton tampon ! » J’ai été tellement surprise que j’ai éclaté de rire, ce qui a eu le mérite de faire descendre la tension d’un coup. Alors comme ça, une fille n’a pas le droit d’être légitimement en colère ? Parce que c’est cela dont il est question ici. Si je m’énerve, ça n’a aucun rapport avec la situation. Ca n’est pas parce que le type en face de moi est un goujat. Non-non, mesdames. Si je m’énerve, c’est merveilleux : c’est parce que j’ai mes règles.

 

Autrement, bien sûr, si je n’avais pas mes règles, je serais un modèle de douceur et de gentillesse. Sans doute que je Douce et poticheglousserais bêtement de sa remarque sur la « bonne élève de service ». Peut-être même que je me pendrais à son bras en lui susurrant : «  Oh, mais bien sûr, tu as tellement raison et je suis tellement sotte. Viens donc m’apprendre la vie dans un buisson. »

 

Je me suis d’ailleurs souvenue que les Anglo-Saxons avaient même le terme de PMS, pre-menstrual syndrom ou « syndrome prémenstruel ». Littéralement, il s’applique à la période qui précède juste l’arrivée des règles. Dans le langage courant, PMS est synonyme d’irritabilité des femmes, de caprices, d’agressivité. Je cite le dictionnaire urbain :

Perplexe« Le pire moment pour se trouver à proximité d’une femme, parce qu’elle devient une garce psychotique et irrationnelle, dont l’état de rage lui fait avoir de la bave aux coins des lèvres, et qui a pour but de détruire tout ce qui se trouve sur son passage. »

 

 

Donc, si je résume, si une femme est agressive avant ses règles, c’est la faute des hormones et du PMS. Si une femme estStroumpf grogon agressive pendant ses règles, c’est évidemment la faute des hormones et de ses menstruations. Il manque plus qu’un mot pour désigner la période « post-règles » et on aura bouclé la boucle. On aura dé-légitimé la colère des femmes en évitant que les gens se demandent pourquoi, et à cause de qui elles s’énervent. Et, (d’une pierre deux coups, c’est fantastique), on aura fait passer la femme qui s’énerve pour une hystérique, simplement parce qu’elle ose s’opposer à la personne en face d’elle. Pas mal, pas mal…!

 

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Troisième et dernier jour à Chicago. 

Le soleil se lève sur la ville… Aujourd’hui, le programme est chargé ! Visite à l’Institut d’Art de Chicago, le Louvre local, visite du musée des sciences, tour en car pour découvrir le nord de la ville et petit tour tout à fait au sud pour découvrir l’Université de Chicago. Eh oui ! J’ai la sale manie de vouloir tout voir, tout faire, tout découvrir, et d’entraîner dans mon sillage les malheureux qui auraient décidé de voyager avec moi. 😉

Mais pour commencer, direction le métro : 

La visite de l’Institut d’Art se révèle très intéressante, tout comme celle du musée des sciences. Au sein de ce dernier, j’ai notamment pu admirer une véritable Ford T et un authentique sous marin allemand datant de la Deuxième Guerre mondiale ! Nous avons aussi fait tout un tas d’expérience rigolote, prévues pour des enfants de 10 ans mais qui nous ont intéressé et/ou fait rire.

Le tour en car est moins intéressant, en partie parce que, exténués, nous nous endormons après une demi-heure…! La visite du campus de l’Université de Chicago s’effectue sous une pluie torrentielle et nous contraint à abandonner la partie et à remonter rapidement dans le bus. Au cours du trajet de retour, nous avons tout de même remarqué que tout au long du trajet, les seules personnes à monter ou descendre du bus étaient Noires. Ce qui nous a conduit à un débat sur les politiques américaines de discrimination positive, la pauvreté des Afro-Américains, et le faible accès à l’Université des minorités. Avec une remarque pertinente de mon ami : « Mais enfin, tu ne vas pas me dire que ça leur plaît, à tous, d’habiter loin du centre ville, au milieu de nulle part, dans un quartier constitué exclusivement de Noirs ?! » Certes.

De retour, nous avons rejoint le Pier pour nous restaurer de hot dogs ! Etats-Unis obligent… 

Vous me croirez si vous voulez, mais c’était vachement bon ! C’est au cours de notre promenade que nous avons appris pourquoi Chicago était surnommée « Windy City ». Contrairement à ce que beaucoup pensent, ce n’est pas parce que la ville est très « venteuse », en anglais « windy ». C’est parce qu’au moment de célébrer le 400ème anniversaire de l’arrivée de Christophe Colomb, l’Etat fédéral voulait organiser une exposition sur le modèle de l’Exposition Universelle de Paris (pour laquelle avait été construite la Tour Eiffel). Les villes de New York, Washington et Chicago étaient en compétition, et c’est finalement Chicago qui remporta le droit d’organiser l’exposition. Cette victoire n’aurait été permise, de l’avis de journalistes new-yorkais, que par le lobbying intensif des politiciens « verbeux » de Chicago, en anglais « windy » également, qui auraient réussi à embobiner les décideurs de la Maison Blanche. 

« Venteuse » ou pas, cette ville est quand même particulièrement jolie :

Une mention spéciale pour la drôle de prison : le bâtiment triangulaire de la photo ci-dessus. C’est une des rares prisons à ne pas avoir été construite avec des barreaux aux fenêtres. En effet, les fenêtres sont trop étroites pour permettre le passage de quiconque. Ce choix permet, d’après l’architecte, de construire des cellules avec de grandes fenêtres, à hauteur d’homme donc plus lumineuses, et donc de rendre un peu plus humain le passage en prison.

Avant de rentrer à l’hôtel et de nous préparer pour le vol du retour, nous passons admirer le Cloud Gate, la porte des nuages, surnommé « le haricot » par les habitants. Cette « sculpture » surprenante, en particulier vue du dessous, a participé à la renommée de Chicago au même titre que la Tour Eiffel a participé à celle de Paris :

Un passage à la fontaine aux mille visages, surnommée ainsi car elle est constituée de plein de petits écrans, qui s’allument à intervalle réguliers pour former le visage d’habitants de Chicago, représentés en train de cracher : 

Et il est temps de rentrer. Nous nous endormons, fourbus, à minuit, avec l’intention de nous réveiller à 2h pour attraper notre vol de 5h du matin. Enfin… Ca, c’était la théorie. Dans la pratique, je me suis réveillée au milieu de la nuit, étonnée que le réveil n’ait pas déjà sonné, et étonnée même de me réveiller alors que je ne devais avoir que 2h de sommeil… Un coup d’oeil au réveil, puis un : « AARRGHHHH !! Réveille-toi ! Il est 5h !! » Course, appel surtaxé, attente de 25 minutes au téléphone et gros stress, pour finalement apprendre que United Airways, la compagnie que nous avions fini par choisir même si ses vols était $50 plus chers, nous trouverait gratuitement de la place dans n’importe quel avion si nous nous présentions au comptoir sous deux heures. 

Course vers le métro car l’aéroport est loin, et deux heures, ça fait juste. La suite de notre voyage se passera sans encombre et nous atterrirons sous le soleil californien douze heures plus tard : épuisés, mais heureux.

Préparatifs et réservations en vue de notre voyage à Chicago.

Les préparatifs pour mon voyage à Chicago ont démarré l’avant-veille. (Comme j’avais déjà eu l’occasion de vous le dire, on est mal organisé ou on ne l’est pas. :P) Tout d’abord : un peu de géographie. Chicago, c’est là :

Le dimanche 21 août, nous commençons donc à nous intéresser aux prix des billets d’avion. Je repère un vol incroyablement bon marché sur le site flights24.com. Nous en discutons, puis nous décidons à le réserver. Mais là, ô surprise ! En ouvrant à nouveau la page, le vol est devenu plus cher. Nous étudions d’autres dates, d’autres trajets, puis décidons que, même plus cher, le vol d’origine est le mieux. Nous recherchons donc à nouveau ce vol : il a encore augmenté ! Tandis que je commence à râler en disant qu’on aurait mieux fait de réserver dès le début, l’ami avec qui je vais voyager fait une découverte qui me fait me sentir bien bête de m’être énervée. Ce site est en fait une belle arnaque ! Des dizaines de voyageurs ont apparemment payé en ligne mais n’ont jamais reçu leurs billets, le numéro de téléphone est bidon et personne ne répond… Bref, un site à éviter à tout prix ! 

Sur un second site internet, nous découvrons la compagnie d’aviation Spirit. Les prix sont attractifs mais, échaudés par notre première expérience, nous vérifions la réputation de la compagnie… Quelle horreur ! Des avions toujours en retard, parfois jusqu’à 5h, 7h, 10h, sans explications, sans compensation, des sièges aussi inconfortables que des sièges en bois, un avion qui sert de dépotoir : sol jamais lavé, papiers, chewing-gums par terre, et même pas de boisson pour un vol intérieur aussi long : tout est en supplément.

Sans compter une découverte de taille : alors que nous cliquons une seconde fois pour vérifier les tarifs, nous constatons qu’ils ont augmenté ! Sauf que cette fois, ce sont les taxes qui ont augmenté, tout à coup, en quelques minutes, entre 22h et 22h10 un dimanche soir d’août. Ils nous prennent pour des truffes ?

Sur cette photo, on peut s’apercevoir qu’à droite,  la taxe liée à l’aéroport est de $13.50, la taxe liée au trajet est de $11.10, et la taxe liée au 11 septembre est de $7.56.

Et à gauche, même site internet, mêmes aéroport, même trajet : la taxe liée à l’aéroport est de $18, la taxe liée au trajet est de $14.80, et la taxe liée au 11 septembre est de $11.

C’est donc du vite vu Spirit: OUBLIE ! C’est donc un vol United Airways que nous réservons, ce qui épargnera bien des tourments le dernier jour…

Puis, nous passons par hotwire.com et réservons un hôtel noté 3 étoiles, et découvrons son nom : The Inn Of Chicago.

Les photos sont magnifiques, et nous nous réjouissons d’avoir économisé $60 par nuit pour une chambre si chouette… A l’arrivée, nous allons être bien surpris ! Dans la réalité, mon célèbre dicton se trouve une fois de plus vérifié : « C’est pas cher, mais ça vaut pas plus ! »

Les mini-bus de Hong Kong ont 16 places et pas une de plus. Donc si un minibus est plein ? Prends le suivant.

Et aujourd’hui, il ne restait plus qu’une place dans le mini-bus. Un homme est descendu pour laisser sa place à un couple qui voulait monter. Il prendra le suivant…


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