A quelques pas de là…

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Que vous en rêviez ou que vous le redoutiez, vos « représentant(e)s » ont tranché pour vous. Le groupe PS à l’Assemblée Nationale a voté son soutien au dépôt d’une proposition de loi interdisant « l’achat d’acte sexuel ». Haro sur les client(e)s des putes ! L’occasion de faire le point sur ce débat qui oppose traditionnellement les tenant(e)s des différents -istes (abolitionnistes, réglementaristes…) sans qu’on y comprenne grand chose.

 

Partie 2 : Le « réglementarisme », le STRASS et autres paradoxes

Réglementarisme et pénalisation du client

Comme je vous l’expliquais il y a quelques jours, le débat autour de la prostitution se cristallise généralement autour de deux positions opposées. D’un côté du stade, on trouve les abolitionnistes, qui militent pour une lutte contre la prostitution et, à terme, son abolition. Et de l’autre côté du terrain, nous avons les réglementaristes, auxquel(le)s nous allons nous intéresser cette semaine.

 

Les tenant(e)s de cette position « réglementariste » demandent à ce que la prostitution cesse d’être cette chose affreuse sur laquelle tout le monde a un avis sans être directement concerné(e), pour devenir une activité comme une autre, réglementée par la loi. Les prostituées deviendraient des travailleuses du sexe, payant des impôts, bénéficiant d’une couverture sociale, de congés payés, d’arrêts maladies, etc. (Bon, sauf que dans les faits, les putes et les souteneurs paient déjà des impôts : voir notre Partie 1 : Un état des lieux et « l’abolitionnisme ».)

 

Pour ces militant(e)s, la pénalisation du client que le gouvernement actuel envisage n’aura aucun effet positif sur la condition des prostituées, bien au contraire. Ils et elles font ainsi valoir que, si le client est traqué, les prostituées déserteront les centres villes et les zones habitées pour reculer vers les bords de routes, les forêts, etc. où elles seront encore plus vulnérables, à la merci de détraqué(e)s comme des réseaux mafieux.

 

Source : liberation

Source : liberation

Pour les réglementaristes, pénaliser le client conduirait donc, à terme, à un renforcement des réseaux mafieux, qui auraient toute liberté de terroriser les prostituées pour qu’elles se rangent sous leur protection en échange d’une partie de leurs bénéfices. (Alors qu’en ville, c’est bien connu, personne ne se fait jamais agresser, et en cas d’agression, l’ensemble des personnes présentes se précipitent pour stopper l’agresseur ou l’agresseuse.)

 

Finalement, pour les abolitionnistes, quelle que soit la solution choisie, une lutte contre la prostitution, c’est avant tout une lutte contre les prostituées, et qui les fragilise.

 

 

La position du STRASS, Syndicat du TRAvail Sexuel

Le STRASS en particulier, Syndicat du TRAvail Sexuel, défend l’idée que les prostituées devraient être libres d’exercer ce métier s’il leur convient. (1) A sa tête, Morgane Merteuil explique très clairement qu’elle préfère ce travail à n’importe quel autre emploi non qualifié « traditionnel » : hôte(sse) de caisse, technicien(ne) de surface, ouvrier(e) du BTP… En tant que prostituée, elle a la possibilité de travailler le nombre d’heures qui lui convient, à des moments qui l’arrangent, pour faire des choses qu’elle choisit, le tout pour un salaire très confortable. A l’inverse, si elle exerçait un emploi « conventionnel », elle serait à la merci d’un(e) patron(ne) bien souvent exigent(e), sur le pied de guerre 35h par semaine, le tout pour un gagner à peine le SMIC. (2)

 

Mme Merteuil enfonce d’ailleurs le clou en proclamant haut et fort qu’elle ne juge le mode de vie de personne, et qu’elle n’apprécie pas qu’on lui explique que ce qu’elle fait n’est pas « moral ». Pour elle, l’abolitionnisme, « c’est le patriarcat qui a mauvaise conscience ». Ainsi, au lieu de s’attaquer aux réseaux prostitutionnels mafieux, à la traite d’être humains, et à la condition des femmes en général, une poignée de féministes et du personnel politique trouvent malin de se focaliser sur des prostituées qui ont choisi leur vie. Ces féministes et ces responsables politiques partent alors en croisade contre la prostitution et contre l’avis des personnes concernées, parce que c’est plus facile, au lieu de se décider à faire vraiment le bien des personnes qui en ont besoin, en somme.

 

Et lorsqu’on lui oppose l’argument de la marchandisation du corps, Morgane Mertueil répond qu’en tant que prostituée, elle ne vend pas son corps : elle vend des prestations sexuelles. Pour elle, ça n’est pas très différent d’autres professions faisant appel au physique : docker, technicien(ne) de surface, magasinier(e)… « Vendre son corps » ou « vendre sa force de travail » ne serait qu’un jeu sur les mots qui masquerait en fait l’exploitation économique que subissent certain(e)s. (Oui, on l’aura compris Merteuil penche franchement à gauche.)

 

A ce stade de la réflexion, il me faut quand même préciser que le STRASS compte environ 500 adhérant(e)s se réclamant de la prostitution, pour un nombre de prostitué(e)s sur le territoire français estimé entre 15 et 20 000. Donc dans les faits, Mme Mertueil parle pour 3,5% des prostitué(e)s, quoi. (Cela étant, la question de la représentativité des syndicats ne se limite pas au STRASS, m’enfin…)

 

 

Un héritage chrétien et une vraie hyprocrisie

Ce qui est dégradant, estiment donc les abolitionnistes, ça n’est donc pas l’activité prostitutionnelle en tant que telle : c’est le regard que notre société porte sur elle. En effet, des siècles de chrétienté en France ont profondément influencé la façon dont nous percevons « les choses du sexe ». Même si les mentalités changent très rapidement, la sexualité est encore très largement associée à la procréation. Pour le dire autrement : on baise pour se reproduire. De fait, une sexualité en dehors du couple, sans lendemain, uniquement pour le plaisir, ou pour assouvir de simples envies, cette sexualité-là reste encore largement méprisée, qu’elle soit le fait d’hommes (ces coureurs) ou de femmes (ces traînées).

 

Enfin, les réglementaristes pointent du doigt l’hypocrisie française, qui consiste à tolérer et à réglementer l’industrie

pornographique, mais à interdire la prostitution. Et force est de constater qu’ils marquent des points : si le corps doit être préservé, pourquoi tolérer l’existence d’acteurs et d’actrices de films pornographiques ? Quelle est la différence entre une actrice de X, qui se fait enfiler pour gagner sa vie, et une prostituée, qui se fait enfiler pour gagner sa vie ?

 

 

Oui, mais…

Bon, alors d’accord. C’est vrai que les arguments des réglementaristes semblent frappés au coin du bon sens, et qu’après tout, je vois mal pourquoi on irait décider de ce qui est bien ou pas pour une certaine catégorie de population, contre l’avis de cette dernière.

 

Et puis, si les prostituées ont choisi leur vie, elles exercent une activité que je ne me vois pas exercer, mais au même titre que je préférerais éviter de rejoindre les personnes de la DDE qui travaillent dans les vapeurs de goudron et se massacrent le dos à coups de marteau piqueur pendant 40 ans de leur vie.

 

Mais-mais-mais. Mais sur les 15-20 000 prostituées françaises, combien ont réellement « choisi leur choix » ? Combien ont, comme Mme Mertueil apparemment, procédé à une réflexion à tête reposée et choisi cette voie sans qu’aucune contrainte économique ou personnelle ne vienne interférer ? Pour combien les dettes, les frais, pour elles-mêmes et pour leurs enfants, ont joué un rôle décisif dans ce « choix » ?

 

Alors, la glamourisation de la prostitution à grands coups de films réalisés par des gens qui n’y connaissent rien (tousse-Jeune et Jolie-tousse-tousse), les success story à la Zahia, les prostituées qui préfèrent cette activité à une autre, je veux bien. Mais je suis quand même gênée aux entournures par une activité qui implique une pénétration consentie mais pas désirée. Sans compter que je ne peux pas me résoudre à l’idée que le « genre de la prostitution », à savoir le fait que la majorité des prostituées soient des femmes, et la majorité des clients soit des hommes, soit une donnée anodine à balayer d’un revers de main.

 

En effet, quand on constate que la majorité des sièges dans les CA et des Comités Exécutifs des grands groupes sont

occupés par des hommes, on se pose toutes et tous la question des mécanismes sociaux qui font que les femmes n’accèdent pas à ces positions. Mais lorsqu’il s’agit de prostitution, on voudrait me faire croire que cette répartition n’a aucune importance ?

 

Traitez-moi de judéo-chrétienne réac’, j’ai quand même du mal à me résoudre à militer pour que, dans un monde idéal, la prostitution soit une activité normale…

 

 

 

(1) http://site.strass-syndicat.org/

(2) Voir ses diverses interventions sur le blog acontrario.net, entre autres : Discours abolitionnistes : les premières victimes sont les putes et Mon ami abolitionniste et moi (Lettre ouverte à Patric Jean)  

Cette semaine, je vais abandonner mes thèmes de prédilection pour aborder une question qui a été souvent posée : combien gagnent les animateurs et animatrices télé, chroniqueurs et chroniqueuses de tous poils, guignolos en tout genre qui s’assurent que notre cerveau reste bien vide entre chaque pause pub ?

 

Combien ils et elle gagnent ?

Touche-pas-a-mon-poste-les-trublions-de-Cyril-Hanouna_portrait_w858 Je n’ai pas les moyens de conduire une enquête détaillée, mais je voudrais quand même citer quelques chiffres et donner un ordre de grandeur. Pour Touche Pas à Mon Poste, émission de D8 qui fait entre 3,5% et 4% de part de marché, les chroniqueurs et chroniqueuses touchent 400€ par émission. A raison de cinq émissions par semaine (mais l’émission du vendredi est une rediffusion), cela fait 8720€ par mois. Comme disait un père de famille l’autre jour : « Nous, on travaille plus, on gagne moins et on se marre pas tant. »

 Pour C à Vous, émission de France 5 qui fait entre 4% et 5% de parts de marché, Alessandra Sublet touche 1c-a-vous-sur-france-5000€ mensuels, soit 550€ par émission d’une heure. Du propre aveu de l’animatrice dans Paris Match : « J’arrive à 15h30 (pour un direct 5h plus tard, n.d.l.r.). J’ai une rédaction bien organisée. » Je vous laisse imaginer ce que touche un Nikos, pour 2h de direct dans « The Voice », qui fait en moyenne 40% de parts de marché. (La logique mathématique voudrait qu’il touche 8 800€ par émission, soit 114 000€ pour 26h de travail…)

 on-off-ollivier-pourriolA cet égard, Olivier Pourriol, ancien chroniqueur au Grand Journal, a sorti un livre qui est fort instructif sur les coulisses de la télévision. Il cite en particulier un chroniqueur (pour certain(e)s, il s’agit d’Ali Badou, même si M. Pourriol préserve son anonymat) : « [J’avais des scrupules au début mais] je me les suis fait enlever. […]. Pour une heure de boulot par jour, je touche le loto chaque mois, et je peux rincer tout le monde, la famille, les amis, moi. Au moment de l’addition, c’est toujours ma tournée. Grand prince. Avant, je regardais les prix, dans les restos, les magasins. Maintenant je m’en fous. » Même si le livre ne donne pas d’informations sur le salaire de ce chroniqueur, on y apprend quand même que M. Pourriol gagnait entre 10 et 15 000€ par mois. Un autre chroniqueur, pour lui donner une idée du salaire d’un membre de l’émission « indéboulonnable » (Michel Denisot ?), lui demande de multiplier cette somme par trente. (Oui-oui. Ca fait du 300 à 450 000€ mensuel.)

 

Pourquoi c’est un scandale ?

 Alors, que les grouillots de Cyril Hanouna soient payés presque huit fois le smic pour vingt fois moins d’heures de travail, à la limite, c’est une affaire qui ne regarde que D8. Si les annonceurs (les gentil(le)s Messieurs-Dames qui essaient de vous refourger des trucs dont vous n’avez pas besoin trois fois par émission) sont prêts à financer un tel salaire, tant mieux pour celles et ceux qui en bénéficient. Mais Alessandra Sublet et comparses, ils taffent sur le service public. Et le service public, braves gens, ce sont NOS IMPOTS. Et très franchement, si je refuse de donner 1€ aux sans domicile fixe alcooliques qui peuplent le métro parisien, c’est pas pour aller financer Mme Sublet à hauteur de 12 000€ mensuels.

 

Et le cinéma, dans tout ça ?

 Mais le scandale ne s’arrête pas là, ladies and gentlemen. Vous avez toutes et tous entendu cette polémique autour du salaire des acteurs et des actrices français(e)s. Ce que vous avez peut-être moins entendu est ceci : ces millions, ils sortent en partie de votre poche.

 En effet, la plupart des films français reçoivent des subventions de la part du CNC (Centre National de la Cinématographie), une institution financée en partie par les taxes sur les places de cinéma et les DVDs (= votre argent) etCNC les taxes payées par les fournisseurs d’accès à internet (qu’ils ne manquent pas de répercuter sur les consommateurs et les consommatrices, soyez-en sûr(e)s). Or, Thomas Langmann, producteur de The Artist, décrit le CNC comme : « un comité de copinage [dont] les choix […] restent entièrement à la discrétion [des] commissions. » Alors, oui, vous allez rétorquer que le but du CNC, c’est justement d’encourager les films indépendants, innovants, et d’éviter que tous les films français se ressemblent comme c’est le cas Outre-Atlantique à Hollywood.

Alors d’abord, tous les longs-métrages quels qu’ils soient bénéficient d’une subvention a posteriori, basée sur leurs recettes. Quand on sait la réticence des gouvernements à soutenir les industries qui meurent en France, il y a de quoi être surpris qu’une poignée de rigolos voient systématiquement arriver un chèque après chaque projet. Ensuite, il y a les avances sur recettes, c’est-à-dire une subvention a priori, attribuée avant même que le film soit sorti. Si vous vous demandiez encore dans quel monde les gens étaient payés avant même d’avoir travaillé, et quelle que soit la qualité de ce travail, vous avez votre réponse.

black-swanEt c’est là que le bât blesse. Dany Boon, pour Un Plan Parfait, a touché trois virgule cinq MILLIONS d’euros. Et pour quelques minutes dans Astérix et Obélix au service de sa Majesté : UN MILLION d’euros. Sortis notre poche ! Inutile de dire que les recettes ont été loin de couvrir cette somme (ne parlons même pas des salaires des autres comédien(ne)s, technicien(ne)s, etc.). Pire ! Pour Black Swan, un film américain qui a généré 226 millions d’euros à travers le monde, Vincent Cassel a été payé 226 000€. Mais pour Mesrine, film français qui a généré 23 millions d’euros (dix fois moins), son cachet était de UN MILLION ET DEMI d’euros (cinq fois plus). Financés en partie par vous et moi.

 En termes de budget de films, Populaire et le même Astérix, qui n’ont guère traversé les frontières françaises (allez Populaire-affichedemander à un(e) Canadien(ne) ou un(e) Japonais(e) s’il ou elle en a entendu parlé), a coûté plus cher que Black Swan ou Le Discours d’un Roi, films aux nombreuses récompenses, primés à l’international. Pourquoi ? Tout simplement parce que prévoir un budget faramineux pour un film, c’est s’assurer de recevoir une somme confortable de la part du CNC, et de pouvoir arroser tous les copains/copines (qui, pour parenthèse, sont quand même vachement nombreux à faire ce métier en famille).

argent Encore une fois, ces petits arrangements entre ami(e)s ne m’intéresseraient pas s’ils ne concernaient que leurs portes-monnaies à eux. Mais dans une période où on demande à tout le monde de se serrer la ceinture, où l’âge de la retraite est repoussé et les pensions gelées, où les médicaments sont dé-remboursés, où le taux de remboursement de la Sécurité Sociale baisse, où les « franchises » sur nos actes médicaux sont de plus en plus nombreuses et où les augmentations de salaires vont moins vite que les prix, je ne trouve pas ça très NORMAL qu’on nous demande ENCORE, à NOUS, de financer la belle vie d’une poignée de privilégié(e)s. Ras-le-fion des « deux poids, deux mesures ».

 

 

 

Sources : Salaires à la télé : TéléLoisirs.fr ici et ; salaire des acteurs/actrices : TéléLoisirs.fr et surtout Forbes.fr ; le rapport du sénat sur les aides publiques au cinéma ; la tribune originale de Vincent Marval dans Le Monde dénonçant  ce système.

La « théorie du gender » pour les nuls.

Mariage pour tous - Théorie du gender pour tous 

Depuis quelques temps, la « théorie du gender » sert de repoussoir à tout et rien. Sauf qu’on n’y comprend pas grand-chose. On a l’impression d’assister à un ramassage des hétéroclites un soir de juillet : de gros camions opaques dans lesquels on fourre tout et rien, avec un groupe de copains-copines bourré-e-s qui chantent des chansons paillardes sur le trottoir. Une espèce de vacarme assourdissant où on ne sait pas ce qu’on voit, ce qu’on entend et comment on s’appelle.

 

 

Entre ignorance et désinformation, la « théorie du gender » en huit mots :

Cela fait presque 50 ans que Gallimard a publié Le Deuxième Sexe (1965), consacrant ainsi la célébrissime phrase de Simone de Beauvoir : « On ne nait pas femme, on le devient. » Attention asseyez-vous, choc psychologique en vue : si cette phrase a un sens pour vous, si vous la comprenez et que vous êtes d’accord, c’est que vous êtes partisan-e de la « théorie du gender ».

Avant d’aller plus loin, je voudrais quand même faire remarquer le procédé subtil par lequel on décrédibilise des dizaines de chercheurs et de chercheuses en sciences humaines et sociales. Il suffit apparemment d’utiliser le terme anglais, et d’apposer le nom « théorie » devant. Et hop ! La « théorie du gender » donne l’impression d’un infâme barbarisme que ces hippies d’Anglo-Saxons voudraient nous imposer, à nous Français rationnels et civilisés. Que je sache, on ne parle pas de la « théorie de la sozial klasse » pour parler des études liées aux classes sociales, inspirées du marxisme (ou pas). Alors arrêtez de nous polluer les yeux et les oreilles avec cette expression de « théorie du gender » sortie de nulle part, bon sang.

Parlons pHomme-Femme Genrelutôt de « gender studies » ou d’études de genre. Le genre, dans ce sens, est compris, comme en grammaire, comme le masculin et le féminin. Les études de genre étudient les relations entre hommes et femmes, la place des uns et des autres dans la société, les mécanismes qui permettent de faire évoluer ou non cette place. Exactement comme les études sur les classes sociales étudient les rapports entre classes sociales, les dynamiques, etc.

On peut trouver ça sans intérêt. Mais parler de « théorie » pour ridiculiser un ensemble d’études qui se contente de prendre l’axe hommes-femmes comme point de départ, il faut avouer que c’était fortiche.

 

Ramassis d’idées reçues sur la « théorie du gender » :

Selon cette théorie, les personnes ne sont plus définies comme hommes et femmes mais comme pratiquants de certaines formes de sexualités (homosexuels, hétérosexuels, bisexuels, transsexuels). [Elle affirme] que l’identité sexuelle est une construction culturelle relative au contexte du sujet ! (1)

Et la palme de la mauvaise foi est attribuée à… ! Alors non. N’importe quoi. Les études de genre s’intéressent effectivement aux communautés homosexuelles (entre autres) mais elle ne définit rien ni personne. Encore une fois, elle s’intéresse aux rapports entre personnes, sur la base de certains critères : hommes/femmes, homosexuel-le/hétérosexuel-le, tout comme il y a des études pays pauvres/pays riches, jeunes/vieux, etc.

En revanche, elles partent du principe que chacun-e naît avec un sexe biologique, déterminé par l’appareil génital (pénis/vagin), les hormones, etc. Jusque là, même Mme Boutin sera d’accord. Mais elles ajoutent que ce sexe biologique n’a que très peu de rapport avec la construction de la personnalité d’un homme ou d’une femme. Les études de genre affirment en effet que les hommes ne sont pas biologiquement, génétiquement prédestinés à aimer le bleu, à vouloir travailler et gagner de l’argent et à ne pas pleurer. Il n’y a pas chez les hommes un gène du bleu et un gène de l’absence de larmes. Les études de genre affirment, de même, qu’il n’y a pas chez la femme un gène du rose, du maquillage et du portage de jupe. Ces études se penchent, entre autre, sur la façon dont des dizaines d’années d’un certain modèle ont façonnées nos comportements. Elles montrent comment les parents ont tendance à éduquer leurs filles différemment de leurs garçons : en leur demandant plus souvent d’aider aux tâches ménagères, en offrant des pistolets aux garçons et des poupées aux filles…

 

L’individu […] devient féminin ou masculin comme il le veut. Ainsi, il n’y a plus de « sexe masculin ou « sexe féminin », mais un « genre masculin » et un « genre féminin » qui ne tient absolument pas compte de la réalité physique du sexe en lui-même ! (2)

Alors là, bravo. RGenreéussir à déformer à ce point le propos des études de genre, il fallait oser. Pour rectifier, le concept de « genre » a été forgé pour désigner l’ensemble des valeurs sociales attachées à un sexe. Ou, pour le dire plus simplement, le genre féminin désigne le fait d’être douce, d’aimer le rose et de s’habiller en jupe et talons hauts. Le sexe féminin désigne la présence d’un utérus. Le genre masculin désigne le fait d’avoir des muscles, de travailler et de gagner de l’argent et d’être allergique au ménage. Le sexe masculin désigne la présence d’un pénis.

La femme se comporte alors de façon dite « masculine » lorsqu’elle aime le foot, boire des bières en mangeant une pizza. L’homme se comporte alors de façon dite « féminine » lorsqu’il pleure ou reste au foyer. Eh oui. C’est tout de suite moins scandaleux quand c’est expliqué clairement.

 

Xavier Breton a estimé que le projet de loi sur le mariage pour tous «s’appuie sur la théorie du genre, idéologie qui consiste à dire que l’homme et la femme sont interchangeables». […] Il s’inquiète par exemple de l’expérience menée à la crèche Bourdarias à Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis. Là-bas, «on encourage les filles à manier le marteau à l’atelier bricolage, et les garçons à s’exprimer à l’atelier émotions», raconte David, un des éducateurs. (3)

garçon et bébéDire que l’homme et la femme sont interchangeables, ça fait peur. Ouh ! Mais que deviendrait un monde dans lequel les femmes seraient garagistes et les hommes infirmiers ? Qu’adviendrait-il de notre société si les femmes étaient PDG et les hommes pères au foyer ! Quelle menace ! Sérieusement… Des hommes continueront d’être PDG, vous savez. Simplement, ça serait bien si les femmes pouvaient l’être aussi, si elles en ont l’envie et la compétence.

Et c’est ça qui fait scandale ?

 

 

Sources :

(1)  http://www.depute-mallie.com/richardmallie369.html

(2)  http://radix.ecclesiae.pagesperso-orange.fr/inf.desinfo.gender.html

(3)  http://www.liberation.fr/politiques/2012/12/09/deux-deputes-veulent-une-enquete-sur-la-theorie-du-genre_866172

Préparatifs et réservations en vue de notre voyage à Chicago.

Les préparatifs pour mon voyage à Chicago ont démarré l’avant-veille. (Comme j’avais déjà eu l’occasion de vous le dire, on est mal organisé ou on ne l’est pas. :P) Tout d’abord : un peu de géographie. Chicago, c’est là :

Le dimanche 21 août, nous commençons donc à nous intéresser aux prix des billets d’avion. Je repère un vol incroyablement bon marché sur le site flights24.com. Nous en discutons, puis nous décidons à le réserver. Mais là, ô surprise ! En ouvrant à nouveau la page, le vol est devenu plus cher. Nous étudions d’autres dates, d’autres trajets, puis décidons que, même plus cher, le vol d’origine est le mieux. Nous recherchons donc à nouveau ce vol : il a encore augmenté ! Tandis que je commence à râler en disant qu’on aurait mieux fait de réserver dès le début, l’ami avec qui je vais voyager fait une découverte qui me fait me sentir bien bête de m’être énervée. Ce site est en fait une belle arnaque ! Des dizaines de voyageurs ont apparemment payé en ligne mais n’ont jamais reçu leurs billets, le numéro de téléphone est bidon et personne ne répond… Bref, un site à éviter à tout prix ! 

Sur un second site internet, nous découvrons la compagnie d’aviation Spirit. Les prix sont attractifs mais, échaudés par notre première expérience, nous vérifions la réputation de la compagnie… Quelle horreur ! Des avions toujours en retard, parfois jusqu’à 5h, 7h, 10h, sans explications, sans compensation, des sièges aussi inconfortables que des sièges en bois, un avion qui sert de dépotoir : sol jamais lavé, papiers, chewing-gums par terre, et même pas de boisson pour un vol intérieur aussi long : tout est en supplément.

Sans compter une découverte de taille : alors que nous cliquons une seconde fois pour vérifier les tarifs, nous constatons qu’ils ont augmenté ! Sauf que cette fois, ce sont les taxes qui ont augmenté, tout à coup, en quelques minutes, entre 22h et 22h10 un dimanche soir d’août. Ils nous prennent pour des truffes ?

Sur cette photo, on peut s’apercevoir qu’à droite,  la taxe liée à l’aéroport est de $13.50, la taxe liée au trajet est de $11.10, et la taxe liée au 11 septembre est de $7.56.

Et à gauche, même site internet, mêmes aéroport, même trajet : la taxe liée à l’aéroport est de $18, la taxe liée au trajet est de $14.80, et la taxe liée au 11 septembre est de $11.

C’est donc du vite vu Spirit: OUBLIE ! C’est donc un vol United Airways que nous réservons, ce qui épargnera bien des tourments le dernier jour…

Puis, nous passons par hotwire.com et réservons un hôtel noté 3 étoiles, et découvrons son nom : The Inn Of Chicago.

Les photos sont magnifiques, et nous nous réjouissons d’avoir économisé $60 par nuit pour une chambre si chouette… A l’arrivée, nous allons être bien surpris ! Dans la réalité, mon célèbre dicton se trouve une fois de plus vérifié : « C’est pas cher, mais ça vaut pas plus ! »

A ceux qui se demanderaient d’où Dominique Strauss-Kahn tient sa fortune, je tiens à apporter une réponse claire et précise : il la tient de Picasso. Ou plus exactement, il la tient de sa femme, qui la tient de son grand-père, Paul Rosenberg, qui la tient de Picasso. Galeriste et marchant d’art, Paul Rosenberg a en effet représenté, entres autres, Picasso, Braque et Matisse.

Vous avez déjà entendu l’expression « se retourner dans la tombe » ?

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