A quelques pas de là…

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Trois fois par an environ, on me demande d’intervenir auprès de jeunes gens pour leur parler d’égalité filles/garçons. Ce n’est pas mon métier mais on considère que j’ai suffisamment d’expertise en la matière pour être capable de le faire. Pas sûr… 

 

Il y a presque deux ans, ma collègue est venue me trouver pour me parler de son projet avec les jeunes. Je souviens très bien du sentiment de panique intérieure qui m’a envahie lorsque j’ai compris quelle était sa commande : « Tu auras trois heures. Parle-leur d’égalité. C’est tellement important. Il y a tellement à faire. » Bien sûr, on aurait pu faire appel à des professionnel(le)s des interventions auprès des enfants et des adolescent(e)s. Mais ça coûtait moins cher si j’animais ces sessions moi-même. Soit.

 

J’ai pas mal tâtonné pour trouver le bon angle d’attaque. Comme le disait ma collègue : « Il y a tellement à faire » ! Comment les sensibiliser en trois heures à peine ? La première année, je leur ai parlé de médias : films, séries, chansons de rap. Je voulais parler de la représentation des femmes, de toutes les femmes : jeunes, âgées, blanches, arabes, noires, asiatiques, homosexuelles, valides, handicapées, pauvres, riches… Mais je me suis rendue compte que cette première mouture était à la fois trop ambitieuse et trop peu concrète. Elle était trop peu concrète car les jeunes ne voyaient pas l’importance des représentations. « Ouais ben les Disneys, c’est toujours comme ça. C’est pas pour ça que j’ai envie de m’enfermer dans ma maison en faisant pousser mes cheveux », s’exclama ainsi l’une d’entre elles, en référence au film Raiponce

 

« Après, ça change maintenant. On a des films avec des meufs et tout. » Chaque fois que je parlais de tendances sociologiques, de généralités sociales, l’un d’entre eux ou l’une d’entre elles me trouvaient un contre-exemple tout à fait valable. Je ne parvenais pas à leur faire comprendre la différence entre un fait isolée et un fait structurel. Même le test de Bechdel ne fonctionnait pas. Ainsi, à la question : « Dans ce film de Disney, y a-t-il deux personnages féminins ? », les jeunes répondaient systématiquement oui. Je me souviens de ma surprise :

« Dans Le roi lion, tu vois deux personnages féminins ?

– Bien sûr ! Nala et la mère du roi lion.

– Et quels sont les personnages féminins qui parlent entre eux ?

– Les deux hyènes « ! »

Effectivement, ces deux jeunes femmes avaient raison. Il y avait bien des personnages féminins, mais ils étaient tellement relégués à l’arrière-plan que je les avais oubliés. Du coup, ma démonstration sur l’absence de personnages féminins en dehors des rôles de princesses ne les avait pas convaincues. Forcément.

 

Cette première version était aussi trop ambitieuse, parce que je ne voulais pas me concentrer sur la différence hommes/femmes, mais que je voulais aborder la question de la diversité des personnages et des histoires de femmes. D’abord, la notion de « diversité », vocabulaire médiatico-technocratique, ne leur parlait pas vraiment : « Ben, c’est quand c’est divers, quoi. Quand on a le choix. » Ensuite, je voulais leur dire qu’avoir des femmes aux postes de réalisation ou de production ne garantissait pas une représentation plus diversifiée ou moins stéréotypée. Je citais en exemple le film Triple Alliance, réalisé par une femme avec trois personnages principaux féminins, mais qui sont toutes les trois jeunes, blanches, mince, belles et riches, et n’ont qu’un seul centre d’intérêt : l’homme qui a fait de chacune d’entre elle sa maîtresse. « Mais alors du coup, c’est quoi l’intérêt d’avoir des femmes qui font des films ? » J’ai tenté de faire valoir le fait que en général, les femmes ayant des vécus différents de ceux des hommes, elles portaient à l’écran des histoires différentes, des représentations du monde différentes. Je voyais le vide dans leurs yeux : mon discours ne leur parlait pas du tout.

 

La deuxième année, j’ai donc changé mon fusil d’épaule et j’ai attaqué avec des choses plus concrètes : inégalités de salaires, partage des tâches ménagères et du soin aux enfants, agressions. J’ai senti que je rentrais dans leur vie. Ouf. J’avais trouvé quelque chose qui fonctionnait. 

 

#BalanceTonPorc a permis à de nombreuses femmes de raconter leurs expériences de harcèlement sexuel au travail

La première fois que j’ai testé ce nouveau déroulé, on était en plein affaire Wenstein, et les hashtags #BalanceTonPorc et #MeToo envahissaient les réseaux sociaux. Je me suis dit qu’il était important de parler de consentement, de respect, de vie sexuelle. Mais je crois que j’ai forcé la dose, avec un discours bien culpabilisant et bien moralisant, qui n’offrait aucune piste de réflexion aux jeunes, aucun conseil pour agir concrètement dans leur vie. J’y suis allée avec mes gros sabots, en commençant par les assommer avec les chiffres des viols et agressions sexuelles en France (plus de 50 000 chaque année), des violences commises par le conjoint ou ex-conjoint en France (224 000 par an). Sur cette base, pas de dialogue possible. J’ai enchaîné en leur montrant deux vidéos abordant le sujet. Les réactions de certaines ont été très vives : « A quoi ça sert de parler de tout ça, hein ? De toute façon, ça changera jamais ! Les mecs comme ça, il faudrait leur couper les couilles ! » J’ai essayé de dire que, sur 50 000 viols, il y en avait forcément qui étaient commis par des hommes qui n’avaient pas conscience de ce qu’ils avaient fait. Mon discours était inaudible par plusieurs jeunes femmes de l’assistance, très énervées parce que visiblement très mal à l’aise avec le sujet.

J’ai conclu en leur présentant une petite histoire : « Vous êtes enseignant(e) et une de vos élèves semble aller mal… » Je vous la fais courte : dans mon histoire, l’élève en question a été violée par le copain chez qui elle a passé la soirée, chez qui elle est restée dormir ensuite. Mon idée était de les faire réfléchir en groupe à une manière de réagir. Dans un des trois groupes, une jeune femme s’est mise ostensiblement en retrait, bras croisés. Quand je suis allée la voir pour savoir ce qui se passait : « Vas-y, moi je parle pas de ça, c’est bon. A quoi ça sert, hein ? Les mecs comme ça faut les castrer un point c’est tout. » J’ai évidemment essayé de désamorcer, de lui dire que si le sujet la mettait mal à l’aise, elle avait tout à fait le droit de sortir s’isoler un moment, qu’en discuter ici, dans un cadre neutre, c’était aussi se préparer à réagir correctement si jamais quelqu’un de proche se confiait à nous…

 

Je suis rentrée chez moi mal à l’aise, gênée par ce que j’avais produit, consciente d’avoir été lourde, mauvaise dans ma manière d’aborder le sujet. J’avais sûrement ravivé des traumatismes, je n’avais pas su les aider à avancer. Je m’en suis beaucoup voulu.

 

Alors j’ai changé une troisième fois mon intervention. J’ai donné les chiffres des viols et des violences conjugales, j’ai passé une

vidéo qui explique : « Si vous avez du mal à comprendre la notion de consentement pour les rapports sexuels, imaginez une tasse de thé. »

[…] Si une personne est inconsciente parce qu’elle a trop bu ou parce qu’elle dort, ne lui faites pas de thé. Les personnes inconscientes ne peuvent pas vouloir de thé. […]

On a un peu discuté du fait que les viols sont à 80% commis par des personnes de l’entourage (et non pas par des inconnus le soir, dans une ruelle sombre). Et puis je me suis arrêtée là. J’avais prévu d’ouvrir plus largement le débat, en leur demandant comment on pouvait être sûr(e) du désir de son ou sa partenaire (Demander ! Communiquer !). Mais je n’ai pas osé pousser la discussion. J’ai vu les yeux d’un bon tiers des filles présentes se détourner vers le sol. J’ai vu certaines jeunes femmes très actives précédemment se refermer comme des huîtres avec un regard vide. Je n’ai pas voulu pousser, j’ai eu peur de ce que ça pouvait produire chez elles. 

 

Ces regards-là, je commence à les connaître. Quand j’interviens auprès de groupes où les participant(e)s sont nombreux et nombreuses, je

 fais souvent deviner, en guise d’introduction, quelques chiffres. Ceux des violences sexuelles ou conjugales induisent toujours de type de réactions. Et ça me fait toujours mal, en fait, parce que je devine les histoires qui sont derrières, les abus de pouvoir, les conséquences en termes de confiance en soi et en autrui.

 

La vérité, c’est qu’aborder ces questions avec les jeunes, c’est un métier, et ce n’est pas le mien. Il était temps que je m’en rende compte…

Depuis quelques jours, tourne sur les réseaux sociaux le lien vers un article intitulé : « 20 choses auxquelles vous devriez vous attendre si vous décidez d’emménager avec une femme ». En voyant passer cet article et en lisant son titre, je me suis dit : « Ne clique pas, ça va t’énerver ». J’ai cliqué, ça m’a énervée. Et surtout, j’ai découvert que je n’étais pas une vraie femme. Démonstration par a + b.

1. Il y aura des cheveux. Beaucoup de cheveux.

Je n’aime pas les cheveux tombés qui trainent dans le lavabo, dans la baignoire, sur le sol. Je trouve ça particulièrement sale. Donc moi, en fait, je ramasse mes cheveux tombés. Scoop.

2. Vous retrouverez des soutiens-gorges dans toute sortes d’endroits improbables.

(Je passe sur l’accord inexistant entre « toute » et « sorte » dans l’article original. C’est mesquin, mais c’est mon métier. 😉 ) Chez les autres, je ne sais pas comment ça se passe. Mais chez moi, les soutiens-gorges sèchent sur l’étendoir, à côté du reste du linge. A la rigueur,  quand ils sont trop mouillés pour sécher au-dessus du plancher qui couvre le reste de l’appartement, je les mets dans la salle de bain. Ça ne me viendrait pas à l’esprit d’étendre mes soutifs à la cuisine par exemple. Je trouve ça incongru. Sérieusement, il y a des gens qui font ça ?

3. Des accessoires pour les cheveux apparaîtront dans toute votre maison, surgis de nulle part.

En fait, je crois que le problème, c’est que le rédacteur ou la rédactrice de l’article vit avec une femme bordélique, surtout. Pourquoi les accessoires cheveux devraient-ils se retrouver dans toute la maison ?

4. Leurs douches seront impossiblement longues

(Je passe sur le néologisme « impossiblement », qui n’existe pas en français. Déformation professionnelle.) Toute personne ayant vécu avec un adolescent de sexe masculin confirmera que ses douches sont à peu près aussi longues, si ce n’est plus, que celles de ses sœurs éventuelles. N’importe quel(le) ado qui se respecte colonise la salle de bain au bas mot une heure par jour.

5. De toute façon, il fallait vous y attendre, vu le nombre de produits pour la peau/pour les cheveux qui décorent désormais votre salle de bains.

Merdum. Je le savais. Je ne suis pas une vraie femme. Sur le bord de ma baignoire (ouais, j’ai une baignoire ; j’en ai de la chance), trônent royalement trois bouteilles : un gel douche, un shampoing, et un gommant, que j’ai acheté il y a plus de deux ans et qui n’est pas encore vide. Drame. Pire : quand je vois que, dans certains hôtels, le produit pour le corps et pour les cheveux est le même, je me dis même que je pourrais encore réduire d’un tiers.

6. La moitié de ses habits seront rangés de façon normale, et l’autre moitié sera par terre.

Voilà, on est d’accord. Ta copine est une gorette, en réalité. Je m’adresse à toi, auteur(e) de l’article. Ce n’est pas parce que tu t’es résigné(e) à vivre dans le bordel qu’il faut énoncer tes faiblesses comme une norme, hein. Et puis je n’ai jamais vu jouer que les hommes avaient génétiquement plus d’ordre que les femmes. Au contraire, un Hômme, c’est fort, c’est vif, c’est agile. Ca ne perd pas de temps avec ce truc de bonne femme qu’est le rangement, enfin ! La prochaine fois que tu as besoin d’un cliché, appelle-moi, OK ?

7. Une fois par mois, votre poubelle se remplira beaucoup, beaucoup plus rapidement que d’habitude…

Mouarf, mouarf. Une fois par mois, dans mes poubelles, il ne se passe absolument rien. J’utilise une coupe menstruelle. Total des déchets produits en période de règle : zéro.

8. … Et vous seriez bien avisé d’être extrêmement gentil avec elle pendant une semaine.

Très cher(e) concepteur ou conceptrice de ce tissu de clichés cet article, je te renvoie vers ce truc, que j’ai écrit il y a quelques temps : « T’as tes règles ou quoi ? » Menstruations féminines et colère légitime. J’aime bien rabâcher (il paraît que c’est la base de ma profession), mais il y a des limites à l’acharnement.

9. Si elle porte du vernis : une petite partie finira un jour par se retrouver sur autre chose que ses ongles.

Et si elle ne porte pas de vernis ? Elle se fait greffer un pénis ? Super, j’ai toujours rêvé de savoir ce que ça faisait que d’en avoir un !

10. Votre stock de papier toilette se videra beaucoup, beaucoup plus rapidement que d’habitude.

Ça, moi y’en a pas avoir compris. Pourtant, je m’en suis fadé, des clichés débiles. Mais celui-là, jamais vu. Une bonne âme pour m’expliquer le sens du stéréotype ?

11. Il y aura toujours quelque chose qui viendra parfumer votre maison avec une douce odeur…

Mon voisin d’en face (oui, j’observe les voisins de l’autre côté de la rue. Mon côté mégère, sans doute.) allume une bougie après avoir fait le ménage chez lui (authentique). C’est une meuf ?

12. Si elle porte du maquillage : il est probable que vous vous retrouviez un jour avec un désastre dans votre salle de bains et de la poudre plein votre évier.

… A moins que vous viviez avec un être humain, et non un porcelet, auquel cas le dit être humain s’empressera de nettoyer derrière lui. (T’y avais pas pensé, hein ? De rien.)

13. A un moment ou un autre, vous allez trébucher sur une paire de chaussures.

… A moins que vous viviez avec un être humain, et non un porcelet (bis repetita placent), auquel cas le dit être humain rangera ses pompes à l’endroit prévu à cet effet. Si maintenant tu fous tes pattes sur le meuble à chaussures, il y a des chances que tu te casses la gueule, là oui. Mais il ne faut pas avoir la lumière à tous les étages pour escalader un meuble à godasses, en même temps.

14. Ses manières de princesse disparaîtront à partir de l’instant ou elle mettra le pied chez vous.

C’est quoi, une « manière de princesse » ? J’aime la pizza et les frites ? Chui une princesse M’sieurs-Dames ? Epidabor, pourquoi ça ne serait pas vous qui foutriez le pied chez elle, hum ?

15. Elle mangera plus que ce que vous pourriez vous-même avaler en une journée.

Ah ben ça répond à ma question du dessus, du coup. Trop aimable.

16. Toute sa collection de bouteilles de shampoing et d’après-shampoing se retrouvera en exposition permanente dans votre douche. Presque la moitié de ces bouteilles seront vides.  

Voir n°5 sur la « collection de bouteilles de shampoing et d’après-shampoing », et n°8 sur les vertus limitées de la répétition. On arrive à cours d’idées, cher(e) auteur(e) ?

17. A un moment ou un autre, elle essaiera de vous prouver à quel point elle est bonne cuisinière… Et échouera misérablement.

Alors que vous, vous êtes un dieu des fourneaux ! Chouette, on va bien bouffer.

18. Elle vous laissera la voir dans des états dans lesquels personne d’autre au monde ne verra.

(Jeu des erreurs. Toi aussi, repère la faute de syntaxe dans cette phrase, et insère un pronom « la » à l’endroit approprié !) Je crois qu’il faut que je présente mes excuses au « monde » pour être déjà sortie de chez moi sans maquillage, sans lentilles, sans être particulièrement coiffée, avec des habits confortables, des chaussures plates, des cernes, une humeur de chien, les yeux rouges après avoir pleuré, en trainant les pieds… J’espère que le « monde » s’en remettra.

19. Inévitablement, vous la surprendrez un jour en train de faire un truc absolument dégueulasse.

Pour éviter l’effet de surprise, il faut que je te prévienne : des fois, je ne fais pas le ménage pendant plusieurs jours. Dégueulasse, hein ? A ce propos, tu fais quoi le week-end prochain ? Mon sol a besoin d’un coup d’aspi, et comme moi je suis sale, je me disais que ta bonté et ton sens du dévouement pourraient prendre le relais.

20. Mais que ce soit pour le meilleur ou pour le pire, cela sera assurément une expérience que vous n’êtes pas prêt d’oublier ! 

On sent la fin de l’article, non ? C’est sûr que « 19 choses auxquelles vous devez vous attendre », ça sonne moins bien. On sent qu’il manque un truc, quoi. Alors, bon an, mal an, en tirant la langue, on atteint péniblement les vingt et comme ça, tout le monde est content. Clap-clap, tu as réussi à pondre ta propre liste de clichés sexistes bien à toi. On se retrouve la semaine prochaine pour que je t’apprenne ce que c’est vraiment que de vivre avec un homme, poulet(te) ? Bisous.

Brève.

source : lorrainemag

source : lorrainemag

Bonne nouvelles pour les amateurs et amatrices de divertissement pas cher. Dimanche, à l’occasion du Salon du Livre de Nancy qui marque la rentrée littéraire, Valérie Toranian, directrice de la rédaction du magazine ELLE, reçoit Aldo Naouri, pédiatre et auteur d’un nouveau torchon livre « Les belles-mères, les beaux-pères, leurs brus et leurs gendres » (Odile Jacob).

Mais quelle idée merveilleuse ! Aller chercher la femme la plus rétrograde de France lorsqu’il s’agit de l’égalité femmes-hommes pour aller interviewer le pédiatre le plus dangereux de France lorsqu’il s’agit de l’équilibre au sein du couple. Mais on va se FENDRE LA GUEULE, c’est moi qui vous l’dit !

On rappelle, pour les retardataires. 😉 Valérie Toranian, directrice de la rédaction du magazine ELLE. Sur la multitude de

source : allo-news

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numéro sexistes et générateurs de complexes, on peut en retenir un plus ridicule que les autres. L’été dernier, Valérie Toranian, sans doute plus inspirée que d’habitude, a eu l’idée brillante de sortir un spécial « La pipe, ciment du couple » dans lequel des « lectrices » « témoignent » : « Une bonne pipe, c’est très efficace en phase de négociations, quand je veux le faire céder sur la couleur d’un papier peint. » Mais oui, bien sûr ! La sexualité est une arme de négociation massive, c’est bien connu. Les femmes n’ont aucun désir sexuel propre. Elles se contentent d’écarter les cuisses de temps en temps lorsqu’elles ont un service à demander. C’est so 2013.

source : aufeminin

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Et Aldo Naouri, pédiatre absolument inoffensif. Juste, de temps en temps, lorsqu’il reçoit des couples qui viennent le consulter pour des problèmes d’ordre sexuel, il conseille aux hommes de violer leur femme.

Ca, y’a pas à dire, il y a du level pour la rentrée littéraire !

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Après 350 kilomètres, une tonne de meubles et d’électroménager déplacée et une demi-douzaine de coups de téléphones et de paperasse diverse, j’ai enfin emménagé dans mon nouveau « chez moi » ! Je n’ai pas encore internet à la maison, d’où la fréquence un peu erratique à laquelle je poste de nouveaux articles… Mais enfin, me voici !

 

Cette semaine, j’avais envie de m’éloigner un peu des sujets que je traite habituellement pour vous parler de la Communication Non Violente (CNV, aussi appelée Communication Consciente, ou Communication Empathique), mise au point dans les années 1970 par un certain Marshall Rosenberg. (1) Actuellement, elle est très utilisée par les thérapeutes de couple, les formateurs/trices intervenant au sein des entreprises… et dans certaines associations féministes mixtes (héhé). Concrètement, elle a pour but de favoriser la prise de parole de chacun(e) dans le respect du vécu et des expériences de toutes et tous. Par là-même, elle vise à diminuer les tensions et à favoriser la résolution des conflits.

 

A ce stade de la lecture de mon article, Saint Thomas derrière son écran est en train de s’agiter : « Ouais, OK, donc Marshall Rosenberg, il fait de la communication et il est pour la paix dans le monde. Et concrètement, ça marche comment son bordel, à Miss France ? » J’y arrive.

 

Prenons une dispute lambda :

« On fait toujours ce que tu veux, lors de nos loisirs ! Tu dois toujours tout diriger ! Je n’ai jamais mon mot à dire ! J’en ai assez de vivre avec un(e) dictateur/trice ! »

Ajouter à volonté des assiettes qui volent, des portes qui claquent, des crises de larmes et/ou le ton qui monte.

 

J’en vois deux-trois qui s’y reconnaissent… Eh bien Madame, Monsieur, avec Marshall Rosenberg dans la pièce, ça se passerait un tantinet différemment. Décryptage.

 

En théorie, Rosenberg définit la Communication Non Violente comme une manière de communiquer particulière, qui vise deux objectifs principaux :

  • Se libérer de ce qu’il appelle le « conditionnement culturel », c’est-à-dire la tendance à porter un jugement, à catégoriser les choses qui nous sont rapportées en termes de « C’est vrai » ou « C’est faux » ;
  • Se mettre en lien avec soi-même, c’est-à-dire prendre conscience de ce que nous ressentons et désirons vraiment, au-delà des émotions instinctives que peuvent être la colère ou la tristesse.

 

Dans la pratique, cela se traduit par un changement dans la manière de communiquer, en évitant les remarques subjectives (« Tu es toujours en retard », « Tu ne range jamais tes affaires »), qui sont aussi, souvent, des jugements définitifs et absolus (« Tu es égoïste », « Tu es immature »). A l’inverse, la Communication Non Violente préconise de ne faire que des observations objectives, rattachées à un cas précis (« Tu es arrivé avec une demi-heure de retard à notre rendez-vous d’hier », « Tu as laissé traîner ton pantalon sur le canapé ce matin »). Elle recommande également de ne parler que de ce que l’on ressent, soi, personnellement (« Je me sens frustré(e)/en colère/triste/impuissant(e)…). (2)

 

Aux couples qui ont de gros problèmes de communication, et aux équipes professionnelles qui pourraient améliorer leur manière d’échanger, les formateurs/trices et thérapeutes demandent donc de modifier la façon de construire leurs phrases pour les faire correspondre au schéma suivant :

  • Observation : Décrire la situation à l’aide de termes objectifs. Ex : « Tu n’as pas été faire les courses hier. »
  • Sentiments : Décrire les sentiments et réactions provoquées en nous-mêmes par cette situation. Ex : « Cela m’a mis(e) en colère et m’a rendue triste en même temps. »
  • Besoin : Exprimer ses besoins en des termes les plus clairs et précis possibles. Ex : « J’ai besoin que la corvée des courses soit partagée entre toi et moi, alternativement. »
  • Demande : Formuler une demande précise, concrète et réalisable dans l’instant. Ex : « Pourrais-tu aller faire les courses aujourd’hui ? » (3)

 

La dispute classique de tout à l’heure change alors de ton et devient :

« La semaine dernière, les deux films que nous avons été voir étaient des films que tu avais choisis, et qui ne me plaisaient pas. J’ai été frustrée de devoir dépenser de l’argent pour aller les voir. J’ai été triste que tu ne veuilles pas aller voir le film XXX avec moi. J’aimerais que l’on s’efforce d’alterner entre tes centres d’intérêts et les miens. Peut-on aller voir le film XXX ce weekend ? »

 

Il est alors plus facile d’accéder à une demande ponctuelle (voir un film particulier), dans le cadre de besoins clairement identifiés (partager les loisirs), que de résoudre le problème général rattaché à : « Tu dois toujours tout diriger. » Par ailleurs, le recours aux observations objectives et au ressenti personnel, évite des batailles sans fins à coups de cas particuliers qui ne reflètent pas forcément la situation au quotidien : « C’est faux ! C’est toi qui a choisi la destination de nos vacances ! », ou les reproches qui s’accumulent pour éviter de faire face à la demande initiale : « Et toi, alors, tu n’as aucun ordre et ne retrouve jamais tes affaires sans mon aide ! »

 

Le but est se sortir d’une situation de dialogue dans laquelle le jugement et la critique tiennent la part la plus importante. Selon Marshall Rosenberg, cela permet d’éviter les luttes de pouvoir, dans lesquelles la seule alternative est la domination ou la soumission.

 

Je ne sais pas si ça fonctionne vraiment, mais ça ne peut pas être pire que de s’appeler régulièrement par des noms d’oiseaux !

 

Notes :

  1. Marshall Rosenberg, psychologue américain, fut l’élève d’un autre psychologue américain, Carl Rogers, célèbre pour avoir théorisé une méthode d’écoute active et empathique que de nombreux thérapeutes utilisent aujourd’hui.
  2. Les principes de la Communication Non Violente mettent en garde contre de « faux sentiments », c’est-à-dire les phrases qui semblent exprimer des sentiments, mais contiennent en réalité des jugements (« J’ai l’impression que tu ne me respectes pas. ») ou des interprétations du comportement d’autrui (« Je me sens seule, abandonnée, quand tu oublies d’aller chercher les enfants à l’école »). De manière générale, la CNV préconise le recours à des phrases qui ne font pas intervenir le « tu », et à des sentiments « exclusifs » : la tristesse, la peur, la colère, la frustration…
  3. La CNV recommande d’éviter les demandes négatives (« je voudrais que tu arrêtes de… », « je voudrais que tu ne fasses pas… ») pour privilégier les demandes positives (« je voudrais que tu fasses… », « je voudrais que tu ailles… »)
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 Cette semaine dans la série « Mais dans quel monde vit-on ? », une lectrice attentive m’a signalé une vidéo youtube particulièrement… intéressante. Après Aldo Naouri, « Violez-là », voici Sébastien Cauet « Force-toi ». Qu’est-ce qu’on attend pour le mettre à la retraite, lui ? Et surtout, QUI s’est dit que ça serait une bonne idée de mettre ce personnage vulgaire, et qui a une image de la femme si dégradante, à la tête du talk-show du soir le plus écouté ?

Cauet explique qu’il a changé depuis la « Méthode Cauet ». Effectivement. Il est moins ouvertement scandaleux. Maintenant, il distille des conseils sournois à de jeunes femmes qui viennent demander des conseils. Voyez plutôt.

La vidéo, les commentaires

Cauet sur NRJSur cette vidéo, on voit Cauet, animateur le soir sur NRJ, expliquer à une jeune femme en couple depuis 2 ans et installée avec son copain depuis 6 mois, que c’est normal que le dit-copain la trompe, puisqu’ils n’ont jamais eu de rapport sexuel en 2 ans de relation. Et toute l’équipe de convaincre cette pauvre fille que le fait d’avoir eu une très mauvaise expérience pour sa « première fois » n’est pas une excuse, qu’il serait de bon ton qu’elle se force, parce que sinon, c’est normal, il a des besoins, et il va aller voir ailleurs. « Pensez-y, toutes les filles qui font rien ! » lance le vieux Cauet en guise d’avertissement.

 Et tous les commentaires à cette vidéo d’approuver.

 

Faut-il se forcer ?

Mais dans quel monde vit-on ?? Dans quel monde conseille-t-on aux jeunes femmes de se forcer ?! Si elle a eu une trèsnon mauvaise expérience (il s’agissait peut-être d’abus sexuels, on n’en sait rien !) est-ce que trois heures de coït hebdomadaires, les dents serrées en attendant que ça passe, vont l’aider à surmonter ce blocage ? Est-ce que vraiment on s’attend à ce que le copain soit suffisamment égoïste pour ne pas se rendre compte que cet acte dégoute sa copine ? Est-ce qu’on pense vraiment qu’il va prendre son pied à forcer une pauvre fille à avoir des rapports sexuels dont elle ne veut pas ?

 

envieJe ne suis pas en train de dire qu’une absence totale de relation sexuelle n’est pas un problème, dans un couple. Cela dépend d’abord des gens. Il y a des couples qui, pour des questions religieuses, pensent qu’un rapport sexuel doit avoir lieu dans le cadre du mariage. Il y a des couples qui, pour une raison ou une autre, pensent que le sexe n’est pas primordial. Et il y a des couples, comme sur la vidéo, dont l’un des membres pense que ça l’est. Dans ce cas, forcer ne sert à rien, bon Dieu ! Sauf peut-être à créer un blocage encore plus important chez la fille, qui associera toujours l’acte sexuel à quelque chose de contraint, de déplaisant voire même de douloureux.

 

hugSi le copain aime la fille avec qui il est en couple, c’est SON JOB de lui faire prendre confiance en elle, en lui parlant, en y allant progressivement et doucement, et toujours avec son accord. C’est aussi son job de faire en sorte que la fille ait confiance en lui, et pour ça, je suis désolée, mais la tromper à tour de bras comme c’était le cas dans la vidéo ne va absolument pas aider. Et si le copain n’est pas amoureux de la fille, il la quitte, c’est aussi simple que ça ! Rester avec une fille qui ne veut pas, ou ne peut pas avoir de rapports sexuels, s’installer avec et la tromper à côté, ce n’est PAS une preuve d’amour ! C’est vouloir le beurre et l’argent du beurre. Et, sauf si la copine lui donne son feu vert (ce qui n’était pas le cas dans la vidéo), c’est un manque de respect.

 

Les hommes ont-ils des besoins ?

Ah ! L’argument des besoins des hommes ! Je ne sais pas qui l’a inventé, celui-là, mais il faut le pendre à un crochet de boucherie.

 

L’argument des besoins des hommes est non seulement réducteur, mais il est aussi insultant. D’abord, comme toutes leshomme primate généralités, cette phrase est profondément stupide. Non, LES hommes n’ont pas DES besoins. CERTAINS hommes ont CERTAINS besoins, à la limite, et encore. Mes copains, eux, trouvent que c’est franchement insultant d’entendre que les hommes seraient des primates, incapables de contrôler leur cerveau, qui se laisseraient dominer par n’importe quoi… Les hommes n’ont pas plus de besoins que les femmes : ce sont des êtres rationnels, qui sont capables de réfléchir et de se dire que leur partenaire est une fille formidable, et qu’ils n’ont pas envie de lui faire de mal ni de lui manquer de respect en la trompant avec quelqu’un d’autre. Ils sont aussi capables de se dire qu’ils aiment la femme avec qui ils sont, et que c’est avec elle qu’ils ont envie d’une intimité physique.

chevalier2Pour parenthèse, il y a mille ans, on pensait que faire la guerre faisait partie des « besoins » des hommes. La majorité des hommes que vous et moi fréquentons n’ont jamais fait la guerre et ils ne s’en portent pas plus mal. La vérité, c’est que ce ne sont pas des besoins, comme manger, boire et dormir. Ce sont des envies. Et comme toutes les envies, ça se contrôle : on choisit de se faire plaisir ou pas. Et maintenant, scoop. Les femmes aussi ont des envies. Simplement, parce que c’est moins accepté pour une femme de tromper son mari (la fameuse dialectique de la salope vs. le Don Juan), les femmes ont une tendance à se retenir.

 

Et s’il me quitte ?

Je voudrais bien qu’on sorte de la tête des femmes l’idée que, si elles ne se forcent pas, leur conjoint va finir par aller voir ailleurs, et qu’il aura raison.

Je vous dirais bien que si un homme vous quitte parce que vous n’avez pas les mêmes envies sexuelles que lui, il ne vous méritait pas. Mais cet argument-là, vous l’avez déjà entendu, et il ne vous parle pas beaucoup. Alors soyons pragmatiques.

1/ Si votre homme est conditionné par la pression sociale, il y a de fortes chances qu’il veuille être un « bon coup ». Ca n’est donc pas terrible pour lui si vous ne prenez aucun plaisir.

2/ Si votre homme n’est pas un bourrin fini, il y a de fortes chances pour qu’il ait des sentiments pour vous. Ca n’est donc pas terrible pour lui s’il sait que vous vous forcez à faire quelque chose qui vous dégoute, ou même dont vous n’avez pas envie. Quel homme a envie de passer pour un pervers, un violeur ?

3/ Si vous pensez quand même que votre homme « a des besoins », il y a de fortes chances que ces soi-disant « besoins » (qui n’existent que dans votre tête, mais passons 😉 ) ne soient pas satisfaits par une heure de coït forcé, les muscles contractés, le visage crispé, la tête qui regarde de l’autre côté, à marmonner de vagues « Oh oui » pour lui faire croire que ça va.

EtLeave me alone pour finir, une citation attribuée à Marilyn Monroe :

Si tu ne peux pas me supporter dans mes pires moments, tu ne me mérites pas à tes côtés dans mes meilleurs.

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Au vu du succès de l’article sur le harcèlement de rue (« Que répondre à : T’es bonne ? »), j’ai pensé qu’il me fallait pousser le raisonnement un cran plus loin. Laissons les gaudrioles pour cette fois (Si-si. Gaudrioles. C’est un mot. Banni de la langue française depuis 1937, peut-être, mais un mot quand même) et complétons le

Guide pratique de survie dans la rue 

 Avant toute chose, pour se défendre correctement, il faut vraiment se défaire du stéréotype de la femme faible et sans défense, qui ne sait pas se battre, qui ne peut pas faire de mal à un homme. Il faut donc oublier l’histoire de la victime de viol qui n’a pas pu se débattre, qui n’a eu d’autre choix que de se laisser faire. Se défendre, c’est comme participer à une compétition sportive : la victoire, elle est d’abord dans la tête. Or dans la rue, en cas d’agression, nous avons les moyens de riposter. Mais pour cela, il va falloir cogner l’agresseur. Il va falloir avoir l’intention de lui faire mal.

rue commerçante Attention ! En plein jour, dans une zone commerçante, la fuite est toujours préférable à une confrontation directe. Le principe de base est toujours bon à rappeler : en cas de problème, le plus simple est encore de se ruer dans un commerce, et d’attendre que l’homme s’en aille.  On peut même demander de l’aide au commerçant ou à la commerçante.

Lorsque la fuite n’est pas une option, il faut faire face. En cas d’attaque, il ne faut pas hésiter à hurler. D’abord, parce que l’homme qui vous agresse ne s’y attend probablement pas. Soit il va prendre peur et s’en aller, soit il va être déstabilisé et vous allez avoir quelques secondes pour agir. Ensuite, parce que crier permet de transformer la peur en colère, et donc d’avoir plus de facilité à agir : la peur paralyse, alors que la colère décuple les forces.

 

Ensuite, il faut bien se mettre en tête qu’à partir du moment où on est agressée et où on ne peut pas fuir, le choix est simple : c’est lui ou nous. Donc soit on cogne et on fait suffisamment de mal à l’agresseur pour qu’il ne puisse pas se relever, continuer ou nous suivre pendant qu’on se met en lieu sûr (le plus souvent, assez loin de là où on est). Soit c’est lui qui aura notre peau.

 

EtranglementSi quelqu’un surgit par derrière et cherche à vous étrangler avec un bras autour de votre cou, le réflexe à avoir est non pas de se ruer vers l’avant pour échapper à l’agresseur, mais au contraire de reculer violemment, vers l’agresseur. En effet, si nous avançons, l’agresseur va resserrer son étreinte et nous étrangler plus fort. Si nous reculons vite et fort, il aura moins de prise sur notre cou et on pourra respirer, voir même se dégager. Dans tous les cas, il faut absolument protéger sa gorge pour éviter d’être asphyxiée. Pour cela, il faut baisser la tête et rentrer le menton vers le cou et hausser les épaules. Baisser la tête et mettre le menton dans le creux du coude de l’agresseur permet aussi de l’empêcher de serrer plus fort.

 

Dans cette position, mais aussi dans les autres cas de figures, il faut ensuite frapper. Pour cela, il faut se débarrasser de cette idée selon laquelle « Un coup de pied dans les cou*lles et il est KO ». D’abord, l’entrejambe de l’agresseur est souvent bien protégé : jean épais, manteau… Ensuite, il y a peu de chance qu’il se tienne avec les jambes suffisamment écartées pour qu’on puisse les atteindre. Il faut donc plutôt viser les points faibles :

  • les tempes : elles protègent une veine qui alimente le cerveau en sang et en oxygène. En frappant à cet endroit, on prive le cerveau de ses ressources, et on l’empêche de fonctionner
  • les oreilles : elles contiennent un organe responsable de l’équilibre. En frappant à cet endroit et en poussant fort l’agresseur, il peut tomber au sol.
  • le larynx, c’est-à-dire la gorge
  • les chevilles
  • les genoux

 

Poing fermé auto-défensePour ne pas se faire mal (et donc pouvoir continuer à se battre le plus longtemps possible), il faut éviter de donner des coups de poings. Ca fait chic dans les films, mais c’est très dangereux pour nos articulations dans la vraie vie. A la place, on peut ouvrir sa main à plat, et en utiliser la tranche (du côté du petit doigt) pour frapper le larynx par exemple. On peut aussi ouvrir la main à plat et utiliser la paume de la main pour frapper les oreilles de l’agresseur, comme si on donnait une gifle. Pour le reste, le plus efficace est de fermer le poing en laissant le pouce sur l’index et d’utiliser le côté extérieur (du côté du petit doigt) pour frapper. Les pieds et les genoux sont aussi des armes redoutables.

 

D’une façon générale, il vaut mieux suivre le mouvement de l’agresseur et utiliser sa force contre lui. S’il nous pousse, par exemple, plutôt que de résister, il vaut mieux attraper ses mains ou ses vêtements et l’emporter dans notre chute. L’idéal, c’est de se décaler de lui pendant la chute, pour éviter qu’il nous tombe dessus. Mais dans tous les cas, il sera au sol en même temps que nous, ce qui lui laisse moins d’avantage. Cela étant, même si nous sommes au sol et qu’il est debout, ses chevilles et ses genoux sont toujours à proximité de nos pieds. Sans compter qu’il lui faut quand même s’approcher de nous pour nous faire du mal, ce qui le rend vulnérable.

 

Quelques conseils additionnels :

–          Si l’agresseur a une arme : il est très compliqué de savoir s’en servir correctement et en restant dans les limites de la légalité. Essayez de l’envoyer le plus loin possible, le plus vite possible pour qu’il n’y ait pas accès.

–          Eviter de rester directement devant lui, dans sa ligne de mire. Il faut essayer de se décaler par rapport à lui, pour qu’il ait plus de mal à nous atteindre avec ses coups. Si possible, mettre quelque chose entre lui et nous : un banc, une voiture, un poteau…

–          Pour les femmes qui ont des bombes lacrymogènes (ou des bombes de laque, qui font le même effet) : ne pas compter dessus. En cas d’agression, il est très probable que vous n’ayez pas le temps de farfouiller dans vos affaires pour prendre votre bombe, l’ouvrir, viser et appuyer. Votre corps est votre arme la plus puissante.

–          Ne pas oublier de se servir de son environnement : graviers, cailloux, branches, canettes ou bouteille qui traîne, même son sac à main pour l’assommer.

–          Si un attroupement se forme et que les gens ne vous aident pas : désignez-les précisément et demandez de l’aide : « Madame avec la chemise verte, venez m’aider ! Monsieur avec le pantalon rouge, appelez la police ! » Chacun et chacune attend sans doute que quelqu’un d’autre bouge, et pense probablement que quelqu’un d’autre a déjà appelé la police.

 

Enfin, faites quand même attention à rester dans les limites de la légitime défense : votre réponse doit être immédiate, et proportionnelle à l’agression. Ainsi, agresser quelqu’un longtemps après l’agression n’est pas de la légitime défense. Si on vous insulte, il vaut mieux répondre avec des mots. Ce n’est que si on vous agresse physiquement que vous avez le droit, et même le devoir de vous défendre.

 

Pour finir, je voNon c'est non Irène Zeilingerudrais vous recommander le petit livre d’Irène Zeilinger « Non, c’est non ! Petit manuel d’autodéfense à l’usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire ». Je m’en suis largement inspiré pour écrire cet article. L’acheter (15€ seulement) vous permettra donc de retrouver toutes les techniques ci-dessus développées plus longuement, mais aussi un certain nombre d’autres conseils pratiques vraiment utiles.

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