A quelques pas de là…

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Alors, alors… Tout d’abord, je voulais vous dire que vous allez probablement avoir de moins en moins de choses à lire, pour votre plus grand désespoir, je sais… ^^ Et surtout, mon blog ne pourra bientôt plus constituer l’excuse toute trouvée pour procrastiner. :p

En effet, quand la vie prend un tour si savoureux, on a aussi envie de se retrouver juste avec soi et soi-même, et de se dire que la vie est belle. ET PUIS, il y a aussi que quand on a une vie sociale un peu plus remplie, on doit bosser plus tard pour respecter ses obligations scolaires, donc finalement je suis pas mal occupée.

Un bon ami américain m’a dit un jour « Quand tu es à l’université, tu as trois choses qui s’offrent à toi, mais tu ne peux en avoir que deux : une vie sociale, du sommeil et de bonnes notes. » J’ai fait un choix définitif pour « vie sociale », et en ce moment je tente de limiter la casse niveau sommeil et notes. 🙂 D’où l’absence d’articles.

En ce moment, c’est le Nouvel An chinois, alors j’en profite pour vous souhaiter à tous une excellente année du tigre. Paix, prospérité et santé. C’est quelque chose de gigantesque ici, même plus grand que notre Noël parce qu’il y a une parade incroyable dans les rues de Hong Kong qui dure 1h30 (c’était aujourd’hui), avec un feu d’artifice (c’est demain) et aussi une sorte de grand bazaar où ils vendent de tout et n’importe quoi, de citronniers aux arbres à mandarines (mandariniers ?), des peluches en forme de banane plus grandes que vous aux coeurs en peluche pour la St Valentin (toute la semaine dernière). ^^

Ma roommate a passé sa semaine là-bas et est rentrée chez elle à présent… Je la regrette, en fait. J’me sens seule dans cette chambre toute vide…

Mardi, je m’envole pour … l’INDE ! ! 😀 Le projet est le suivant :

Mardi 16 : (départ de Hong Kong à 17h20 – arrivée à 20h50 heure locale) New Delhi (bonjour aux copains de Sciences Po qui y sont) – Mercredi 17 : Agra (bonjour au Taj Mahal) – Jeudi 18 : Jaipur – Vendredi 19 : Jodhpur – Samedi 20 : Jaisalmer (bonjour au désert) – Dimanche 21 à Mardi 23 : Retour à Delhi (départ pour Hong Kong à 9h le mardi 23 – arrivée à Hong Kong à 16h15 le même jour).

Je sais que vous mourrez d’envie de voir les photos que je ne manquerai pas de prendre, mais je crois que je vais devoir vous décevoir… Aussi égoïste que ça puisse paraître, je crois qu’on ne profite pleinement des choses que lorsqu’on commence à les vivre pour soi, et soi seul. Aujourd’hui, à la parade, j’ai laissé les autres prendre des photos, parce que pour moi, le plus important était l’instant présent, et les images que j’en ai, moi, dans ma tête, valent toutes les vues à travers un écran d’appareil photo numérique. Alors je prendrais peut-être des photos, ou pas, mais en tout cas ce voyage va être mémorable.

Et si vous voulez en savoir plus, j’ai bien peur qu’il vous faudra prendre du temps pour m’interroger en personne 😉


Je vous embrasse et vous dis à bientôt.

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C’est au cours d’un déjeuner banal qu’un copain m’a posé cette question sibylline : « Qu’est-ce que tu penses de la vie ? » D’abord interloquée, j’ai ensuite posé mes baguettes pour réfléchir à ce concept de « vie », et surtout à ce qu’on en fait.

Comme je lui retournais la question, il m’a dit qu’il était d’accord avec moi sur un point : que la vie est faite de rencontres, et que c’est même ce qui en fait le sel. La part de l’autre, c’est cette influence que peuvent avoir les gens que l’on côtoie sur la personne que l’on devient. La part de l’autre, c’est aussi le rôle que l’on joue, nous-même, dans la construction de l’expérience d’autrui.

Je vis depuis cinq mois maintenant avec une jeune Hongkongaise de 18 ans, dans une chambre de 12 m². Je partage quatre cabines de douche et trois cabines de toilette avec vingt-trois personnes, et je partage trois ascenseurs avec 499 personnes. C’est une expérience de vie à nulle autre comparable. J’aurais beau vous décrire la promiscuité, l’étaler et l’étayer avec force de mots, nul n’est à ma place et nul ne peut savoir ce que c’est avant de l’avoir vécu. La part de cet autre, depuis cinq mois, c’est celle qui me rend tolérante, et ouverte. C’est celle qui pousse le concept de « partage » à son extrême. La part de l’autre, je l’avais déjà approchée, en tant qu’aînée d’une famille nombreuse. La part de l’autre, c’était alors la nécessité de fermer sa gu**** quand quelqu’un d’autre avait déjà eu l’idée de râler une demi-seconde avant vous, c’était le devoir d’accepter que la salle de bain soit prise alors qu’on n’a qu’une envie : dormir, c’est accepter de regarder le catch à la télévision le vendredi soir au lieu de se détendre devant une série niaise… ou c’est accepter de subir une série niaise le vendredi soir à la télévision, alors qu’on pourrait se distraire en regardant le catch !

La part de l’autre, c’est celle qui vous façonne, pour le meilleur et pour le pire. Beaucoup pensent que le pire laisse plus de traces que le meilleur… Est-ce totalement vrai ? Qu’est-ce qui vous construit plus : vos échecs, ou les regards d’amour (amicaux, fraternels, amoureux) posés sur vous dans ces moments là, et qui vous permettent de séparer votre être intime de l’échec ? Pour autant, faut-il obligatoirement des échecs et des moments difficiles pour que l’on se rende compte que l’on est aimé ? N’est-ce pas une simple propension de l’être humain à penser que quand tout va bien, ce n’est dû qu’à lui, et quand tout va mal, il s’en est sorti grâce aux autres ? Qu’en est-il de notre propre résilience ? Et si, simplement, être humain et être plus heureux, cela passait par l’acceptation, à chaque instant de notre vie, de la part de l’autre ?

Bonjour jeunes gens ! 🙂 Enfin du nouveau sous le soleil de mon blog ! Je dois avouer que je vous ai un peu délaissé, ces derniers temps, mais à ma décharge j’ai un travail pas possible en ce moment, et je veux quand même trouver le temps de dire au revoir à tous ceux que j’ai rencontré ici, qui s’en vont au semestre prochain et qui vont me manquer… Et puis aussi, l’écriture, pour moi, c’est quelque chose de trop particulier, de trop précieux pour que je me force à écrire juste pour vous faire plaisir… Ca risquerait de l’abîmer, de la dénaturer, et avouez que ça serait dommage ! 😉

« Live it, love it ». Si vous vous souvenez bien, c’est le slogan choisi par l’Office du Tourisme local pour accompagner la vidéo de propagande sur Hong Kong. Eh bien je dois avouer que c’est pas tout à fait faux. Bon, OK, si j’arrête de faire ma Française de mauvaise foi deux minutes, je pourrais même dire que c’est exactement ça.

En fait, Hong Kong est une ville tellement différente de tout ce que j’ai connu jusqu’à présent que l’adaptation n’a pas été facile, et je veux croire qu’elle ne l’est pour personne. Cependant, il faut laisser le temps à la ville de faire ses preuves, et à l’Occidental de passage ou non de s’y adapter. Et qu’elle s’adapte à lui… C’est un travail à double sens… Mais maintenant que j’y suis depuis 3 mois, je peux vous dire en toute sincérité que j’aime profondément Hong Kong. J’aime ce vertige tourbillonnant, ces lumières, ces odeurs, ces bruits assourdissants, cette vitesse, cette énergie qui se dégage de la ville…

J’aime Soho et son ambiance si particulière en soirée… J’aime ne pas avoir à me demander où je vais aller dîner, mais plutôt dire « On va dîner ? », prendre un bus ou un minibus pour Soho parmi les 15 qui desservent ma rue, payer 50 centimes d’euros mon trajet, demander au chauffeur de m’arrêter exactement là où je veux descendre, et passer quinze minutes à errer parmi la foultitude de restaurants du monde entier pour trouver un endroit sympa où passer une bonne soirée. 🙂

J’aime rentrer de cours avec l’envie de ne rien faire, trainailler sur internet, me rendre compte que je ne serais pas efficace et à 22h décider d’aller faire mes courses histoire de rentabiliser la soirée.

J’aime avoir un creux au milieu de la nuit, et passer le pas de n’importe quel 7-eleven, prendre un snack puis héler un taxi, m’affaler sur la banquette, marmonner l’adresse de Starr Hall et attendre confortablement d’être arrivée au bas de chez moi pour payer 3€ la course et rentrer dormir.

J’aime l’idée que la salle de travail de la bibliothèque soit ouverte 24h/24. J’aime avoir deux banques sur le campus, et une supérette, et quatre cantines, et deux « lounges » (le Pacific Coffee et le Starbucks).

J’aime l’idée et la sensation d’être unique ici, d’être étrangère, visiblement étrangère, évidemment étrangère dans cette ville, tout en étant absolument anonyme.

J’aime Hong Kong. « Live it, love it. » I’ll be back.

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Aujourd’hui, je suis allée en bonne compagnie sur l’île de Lantau, la plus grande île du territoire de Hong Kong. Petit rappel rapide : le territoire de Hong Kong est composé de 234 îles dont trois principales : Hong Kong Island, au sud, sur laquelle se trouve le coeur de la ville, l’île de Lantau, au sud-ouest, la plus grande des 234, et l’île de Lamma, au sud de l’île de Hong Kong, la plus « sauvage » de ces trois îles. Hong Kong, c’est aussi un territoire continental, avec deux « quartiers » : Kowloon, tout au sud de la partie continentale, juste au nord de l’île de Hong Kong, et les Nouveaux Territoires, tout au nord de la partie continentale, assez largement inhabités, et encore très authentiques puisqu’uniquement résidentiels, lorsqu’ils sont habités.

Hong Kong

Pour aller sur Lantau Island, nous avons pris le ferry, ce qui m’a donné l’occasion de prendre cette photo :

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A Hong Kong, la majorité des buildings sont construits en tenant compte d’une nécessité : respecter les règles du Feng Shui [prononcer « fan-gue-chué », et non pas « fènne-gue-chui » !]. Pour que le « shui » circule correctement, il est entre autre indispensable de pratiquer des ouvertures dans les hautes tours : vous pouvez en voir une illustration sur cette photo.

Une fois arrivés sur l’île, nous avons pris un bus… Mamma mia les chauffeurs de bus à Hong Kong ! Je n’arrête pas de me dire dans les virages que si, en face, il en vient un qui conduit de la même façon, on est bons pour rejoindre St Pierre ! Ici, le chauffeur possède un truc marrant : une petite clochette  qui tinte chaque fois que le chauffeur tourne le volant un peu trop brusquement…

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… c’est-à-dire qu’elle tinte à chaque fois que le chauffeur tourne le volant ! L’air de dire « Ding-ding, c’est l’heure de mourir… »

Pour le reste, nous avons vu cet immense Bouddha, qui fait (après vérifications dans le guide) 26 mètres de haut; c’est le plus grand Bouddha d’extérieur du monde.

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Tout ce qu’il me reste encore à voir avant de mourir : (rouge) United States of America, Statute of Liberty, 12 968 km ; (jaune) People’s Republic of Chine, Great Wall, 1972 km ; (bleu) United Kingdom, Big Ben, 9632 km ; (vert) Africa, Cape of Good Hope, 11 881 km…

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En haut d’escaliers qui lui confèrent un aspect encore plus impressionnant, trône le Grand Bouddha.

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Je ne peux pas croire que j’y sois vraiment… C’est ça qui m’impressionne le plus, je crois. Ce Grand Bouddha, que j’ai vu tant de fois en photos, qui figure dans tant de reportages à la télé, eh bien il est là, devant moi. Je suis à l’autre bout du monde et le Grand Bouddha est devant moi. J’ai une sensation de privilégiée, tout en ayant une arrière-pensée furtive pour toutes les personnes, en particulier restées en France qui ne franchiront jamais ce pas, de l’écran à la réalité…

Le Grand Bouddha est entouré de 6 Boddhisatvas. Dans la croyance bouddhiste, ce sont (navrés pour mes sciencespotes qui connaissent déjà ça par coeur, merci Barzi :p) des êtres humains exceptionnels qui ont réussi à atteindre la sagesse ultime, l’état de nirvana, et ont choisi de ne pas sortir du cycle des réincarnations (pourtant aspiration ultime de tout Bouddhiste) mais au contraire de rester sur terre pour aider les autres humains à atteindre, eux aussi, le nirvana.

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Après le Grand Bouddha, nous allons voir le monastère bouddhiste de Po Lin, à quelques mètres de là. Je laisse les gens avec qui je suis jouer aux échecs dans le jardin qui entoure le monastère, et décide de partir l’explorer d’un peu plus près.

A l’extérieur, des gens brûlent de l’encens…

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Je pénètre ensuite dans un premier bâtiment. Un petit Bouddha en or trône dans une vitrine face à la porte. Lorsqu’ils passent devant, les gens joignent leurs deux mains et s’inclinent, en général plusieurs fois… Autour de ce Bouddha, quatre statues beaucoup plus grandes impressionnent le visiteur :

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Puis, je pénètre dans une sorte de cour intérieur, au fond de laquelle se dresse un autre bâtiment.

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L’intérieur est très chargé, décorativement parlant (« Kitsch » dira l’Allemand avec qui je suis), mais une certaine religiosité imprègne tout de même l’atmosphère de ces lieux. Est-ce la subjectivité humaine, qui croit décerner une atmoshpère particulière parce qu’on lui a expliqué qu’il s’agissait d’un monastère ? Ou est-ce que vraiment, ces statues ont quelque chose à nous dire sur nous-même, quelque chose qui ne s’écoute que dans le silence du recueillement ?

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Ensuite, j’ai décidé de suivre les recommendations de l’office du tourisme, et d’aller me promener dans la montagne environnante… Je n’avais que deux petites heures devant moi : je n’ai pas pu aller bien loin, mais ce que j’ai vu m’a profondément marquée.

Des moments magiques, empreints d’une sorte de poésie… Volés à la civilisation, à l’homme et ses excès ; une sorte de retour à la nature, au silence et à la beauté du paysage, où l’on n’a devant soi plus que la quintessence de ce qui est beau. Unique.

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De là où, j’étais, on pouvait avoir voir « The Wisdom Path » (* le Chemin de la Sagesse). Il s’agit d’un ensemble de 38 troncs d’arbres disposés en « 8 » renversé, de façon à former le signe mathématique de l’infini. Sur chacun de ces troncs, est écrit un morceau d’un poème bouddhiste célèbre expliquant le concept de « vide ». Ce vide là n’a rien à voir avec le nihilisme nietzschéen, mais nous enseigne plutôt la relativité. Il postule que rien n’est, mais que les choses arrivent si et seulement si certaines circonstances sont réunies. En conséquence, il est vain de s’attacher aux choses où aux gens, puisqu’ils ne sont que contingents. Il enseigne aussi la tolérance, puisqu’une opinion n’est tenue pour vraie que parce que les circonstances sont réunies pour qu’elle le paraisse…

Au bas du Wisdom Path, un moine bouddhiste méditait, jouait de la flûte, faisait du yoga. Une atmosphère très sereine, bien loin du touristique Grand Bouddha.

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Sur le chemin du retour, je fais plus attention aux plantations de thé qui bordent le chemin que je suis. Elles sont gardées jour et nuit par les meilleurs gardiens que l’on puisse trouver : les épouvantails ! 🙂

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En définitive, un parcours très ressourçant, dont je me remémore les sensations chaque fois que je revois ces images… Une invitation à la méditation… et je médite…

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Les mini-bus de Hong Kong ont 16 places et pas une de plus. Donc si un minibus est plein ? Prends le suivant.

Et aujourd’hui, il ne restait plus qu’une place dans le mini-bus. Un homme est descendu pour laisser sa place à un couple qui voulait monter. Il prendra le suivant…

Mesdames et Messieurs, vous les attendiez : les voilà ! En avant-première mondiale et avant tout le monde, vous voici à quelques secondes de découvrir enfin à quoi ressemble mon univers depuis maintenant 11 jours.

Imaginez-vous… Vous êtes devant mon Hall… Vous badgez devant la porte d’entrée, afin que celle-ci s’ouvre. Vous badgez juste après la porte d’entrée (NB : Moins 15 degrés en quatre secondes), au cas où vous ne seriez subitement plus vous-même entre le moment où vous étiez devant la porte et le moment où vous êtes maintenant, après la porte. Vous contournez le comptoir des gardiens/réceptionnistes (qui, au passage, ne maîtrisent pas l’anglais). Vous attendez l’ascenseur (ben oui, 24 étages, vous pensiez quand même pas qu’on allait les faire à pied !). Ca y est, instant divin, vous êtes dans l’ascenseur. Vous appuyez sur le « 8 », la porte s’ouvre, et là…

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Devant vous, le couloir :

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Tout au bout, à gauche, ma chambre ! Je suis à gauche, Noa à droite.

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A présent, vous décidez d’aller faire un tour dans les communs. Le plus logique, puisque vous êtes en sueur et que vous avez déjà l’impression d’avoir perdu 1 000 litres d’eau depuis votre arrivée (on est à Hong Kong, hein ! on fait un effort d’imagination !), c’est que vous ayez envie d’une bonne douche !

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Très propre, la douche, je n’ai rien à dire dessus. A part des cheveux longs de temps en temps, et des serviettes hygiéniques en début d’année, nan franchement c’est impeccable. Les toilettes :

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Puis la « common room », tenant lieu à la fois de cuisine et de salle à manger, on peut aussi y étudier, y regarder la télé, repasser son ligne ou se faire sécher sous les trois gros blocs d’air conditionnés.

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(Oui, ce sont bien des garçons qui cuisinent à un étage de filles: les locaux ont un « dîner d’unité » ce soir). Une mention spéciale au (fameux) tableau blanc délateur :

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Et au FRIGO ! Afin que vous vous rendiez peut-être un peu mieux compte…

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Sisi, à Hong Kong, c’est ça qu’on entend par « un frigo pour 24 personnes »…

Mais visiblement, les 24 n’ont pas la même notion de l’hygiène !

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Remarque annexe, émanent d’un copain français à qui j’ai raconté mes misères : « Comment un frigo nettoyé aussi régulièrement peut-il être aussi sale ? »

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On surnomme HKU « le réfrigérateur », à cause de l’usage démesuré qu’il y est fait de l’air conditionné. Il fait souvent entre 16°C et 21°C à l’intérieur, pour plus d’une trentaine de degrés à l’extérieur.

Oui, chaque fois que je passe une porte, je me prends, au bas mot, un choc thermique de 10 degrés en pleine poire.

J’ai croisé dans l’ascenseur un garçon portant un masque en papier sur la bouche, avec, sur la poitrine, un autocollant blanc avec écrit : « Fièvre : 37°5 ».

C’est vrai que c’est plus court que « Ne vous approchez pas à moins de 50m, je suis extrêmement contagieux et porteur d’une maladie apparemment bénigne mais que tous les politiques du monde entier s’efforcent de nous faire passer pour la plus grande pandémie que le siècle ait eu à combattre. »

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Mais qu’est-ce que c’est que ce pays ?? Tout d’abord, une petite anecdote annexe, avant de commencer la rédaction de ce premier (mais néanmoins déjà culte) article. Afin de sublimer mon génie créatif (^^) , j’avais l’intention de mettre un peu de musique, et en l’occurrence Melody Gardot. C’était sans compter sur deezer.com (* site où l’on peut écouter de la musique sur internet, de façon légale (me semble-t-il)) qui m’a gentiment informée que « Désolé, vous n’avez pas accès à ce titre depuis votre pays de résidence ». Ah bon. C’est vraiment que c’est extrêmement subversif Melody Gardot, jugez plutôt :

Mais ce qui m’amène aujourd’hui est d’une toute autre nature : j’ai enfin compris pourquoi je ne payais que 900€ par an ma chambre double de 12m² en plein Hong Kong. En fait, j’étais en train de laver mon ligne dans la salle de bain commune quand… Attends, j’ai dis quoi là ? Même ça demande une explication en soi. En fait, la « shower room », ou salle de bain commune est composée de 5 lavabos et 5 cabines de douche. Ennemi numéro 1 : les lavabos ne peuvent pas être bouchés manuellement. Il y a bien un petit bouchon, mais l’eau coule quand même à travers et s’échappe donc du lavabo. Ennemi numéro 2 : il n’y a pas de robinet mais un système, comme dans certains toilettes publics, où on appuie une fois, une certaine quantité d’eau coule, puis si on veut à nouveau de l’eau il faut à nouveau appuyer sur le bouton. Vous m’imaginez donc là, à appuyer frénétiquement sur ce bouton pour essayer de remplir le lavabo, malgré le fait qu’il se vide de facto, tout en essayant de laver mes affaires…

A ce moment, un binôme de T-shirts roses m’interromp et me demande en anglais si je peux venir une minute dans la « common room » (un genre de cuisine avec la télé dedans) pour un « floor meeting » (* une réunion d’étage) très important. Ca n’était pas du tout dans mes plans, j’étais en nage et avais juste envie d’une bonne douche froide, mais allez. Je dois m’investir dans la vie de mon hall (*résidence étudiante) après tout. En fait, j’ai bien eu ma douche froide : le floor meeting est en cantonnais. Okaaay… Heureusement, une gentille floormate (*camarade d’étage) me traduit tout ça de temps en temps. Et donc nous voilà parties pour une bonne demi-heure d’instructions en tout genre me laissant pantoise…

– Régulièrement, je devrais faire une soupe (authentique !!) avec les garçons qui habitent la chambre 910 (NB : Je suis dans la chambre 810, et mon « unité » est composé de mon étage de filles, le 8ème, et de l’étage de garçons correspondant, le 9ème). Ensuite, toute l’unité (soit les 24 filles de mon étage et les 24 garçons du 9ème) partageront leur soupe au cours d’un repas commun

– Régulièrement, chaque floormate devra nettoyer le frigo. Ouioui. Enlever touuut ce qu’il y a dedans, tout nettoyer et tout remettre, sans oublier de jeter ce qui est périmé. Je posterai bientôt des photos (si je n’oublie pas avant :p) et vous verrez que le frigo, c’est Bagdad ! Je vous laisse imaginer le bonheur que ça doit être de le nettoyer !

– Chaque chambre a un emplacement réservé dans le frigo. On ne doit mettre ses denrées qu’à cet emplacement. « Même si un emplacement d’une autre chambre est libre et le nôtre est plein ? » – regard consterné de la fille qui me traduit : ça veut dire oui. « Et si on n’a plus de place ? » – Eh ben on n’achète plus rien. OUI, même si le frigo est, par ailleurs, vide à certains endroits.

– On est rationnés : trois petites briques de lait (genre 20 mL) + un pack de légumes + une bouteille de soda ou d’eau + … nan mais de toutes façons, t’inquiète, ça tient pas dans le frigo, ça. Ouais, parce que le frigo de 24 floormates, il est grand comme le frigo de mon Papa qui habite tout seul…

– Si je vois quelqu’un partir sans nettoyer les ustensils utilisés pour cuisiner, je dois le noter à l’emplacement réservé sur le grand tableau blanc de notre « common room ». La personne doit alors payer une amende de 20$. D’une façon général, dès que je vois quelqu’un faire quelque chose de mal, je dois le dénoncer via le tableau blanc pour qu’il PAYE !! HaHaHa HaHa ! (rire machiavélique)

– Viennent ensuite les élections. La « floor rep » (* déléguée d’étage) est élue tous les ans en Janvier : elle, elle ne changera pas tout de suite (Super, parce que, comme vous avez pu le constater, elle est particulièrement ouverte d’esprit). Mais en revanche, il faut élire : une secrétaire de la décoration de l’étage (mais « who cares ??? » (* qui s’en soucie)), une secrétaire de la (déjà fameuse !) soupe, une secrétaire pour les activités acamédiques (comme des rassemblements dans la bibliothèque pour étudier ensemble, etc. Etpiquoiencore ?), une secrétaire pour la vie sociale (alors ça, j’aimerais bien voir ce que ça sera), une secrétaire pour la « common room », une secrétaire pour les activités au sein de l’unité, etc, etc.

Inutile de dire que je ne me présente à rien du tout, mais cela laisse bien augurer de la suite. Je commence à comprendre ce qu’implique la vie dans un Hall hongkongais… C’est totalement différent des chambres étudiantes françaises, et c’est d’ailleurs pour ça que le mot anglais n’est pas une traduction de « résidence étudiante ». Il s’agit de vivre dans cet endroit, de s’y impliquer, et pas seulement d’y habiter. Ca fait une énorme différence. Il y a, apparemment, une identité de chaque unité, qui peut s’exprimer dans tous les « High Table Dinner », grands dîners mensuels obligatoirestous les étudiants du Hall (et dans mon cas ça fait beaucoup : 500) se rassemblent et dînent ensemble, tous habillés de façon formelle. Cela dit, je me demande bien à quoi ça va pouvoir ressembler. Comme dit Gad Elmaleh : « Bon, euh et pour le restau on est 500, on fait comment, euh, deux tables de 250 ? » xD

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