A quelques pas de là…

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Mardi, de midi à 16h, je passe le GRE. Graduate Record Examination. Ca fait bien, hein, dit comme ça ? Ce test complètement abruti vous force d’une part à apprendre par coeur des listes de vocabulaire inutile, et d’autre part à maîtriser des notions de mathématiques niveau collège présentées de façon à vous tendre un piège à chaque question. Charmant. 

Au cours de la section « verbale » du test, le candidat se voit présenter des « analogies », des « antonymes » et des textes. Bien, bien. Le premier qui dit que ça a l’air facile se prend mon verre d’eau dans la tronche. N’étant pas anglophone de naissance, je ne saurais jamais la difficulté que représente  cette section pour les natifs de la langue de Shakespeare. Cependant, en tant que Francophone, j’observe que je me vois dans l’obligation d’apprendre des mots comme tarière (sisi, c’est un mot), poinçon, meule, rabot, faire les plâtres, boulier, écorce, têtard, mors, groin, et j’en passe, et des meilleurs. Ce vocabulaire maîtrisé, je peux attaquer les « analogies ». En gros, on vous présente deux mots (exemple : meule et grange) et il vous faut trouver la paire de mots qui présente un lien similaire à la paire présentée (exemple : on stocke les « meules » dans la « grange ». Une paire appropriée serait donc  armes et arsenal : on stocke les « armes » dans un « arsenal »). C’est clair pour tout le monde ? Maintenant va retenir que le meule se dit « haystack » et grange « barn » ! Les antonymes, c’est le même principe, sauf qu’il n’y a qu’un seul mot (compliqué et inusité, cela va sans dire) dont il faut trouver l’antonyme parmi une liste (de mots tout aussi peu employés, naturellement). Le texte, quant à lui, fait une demi-page et est en général extrait de revues scientifiques ou littéraires. Des exemples de passages que j’ai eu à lire lorsque je m’entraînais : « La vie, idiosyncratique par nature, est à elle-même sa propre exégèse. » (Oui-oui, en anglais.) Ou (en anglais toujours) « Deux hypothèses sont avancées quant aux sources nutritives : la chimiosynthèse et l’advection. » (C’est pas mal, je n’ai aucune idée de ce que veulent dire ces termes.)

La seconde section du test, « quantitative », est faite de 45 minutes de problèmes de maths d’apparence simpliste, mais en réalité redoutables de complexité. De simples calculs de fraction se révèlent impossible à simplifier, les théorèmes de Pythagore se transforment en racine carrées qui ne tombent pas rond et qu’on se trimbale sur cinq lignes de calcul… Les équations semblent élémentaires mais sont formulées de façon à nous faire oublier que le « x » peut être positif ou négatif, changeant du même coup tout le sens du calcul. Il y a, bien entendu, des « trucs » permettant de simplifier tout ça… mais à moins d’avoir ingéré des maths à haute dose pendant toutes ses années d’universités, je ne vois pas comment ça peut nous sauter aux yeux que 16416 / 2 = 6 x 48 x 19.  

Il y a enfin, et parce que sinon c’est pas drôle, une section « écriture analytique ». 45 minutes pour répondre à la question : « Toute personne ayant commis un crime a rompu le contrat social et doit être privée de ses droits civiques ou du droit de bénéficier de son propre travail. » Alors d’abord, j’ai envie de dire : « On s’en cogne. » Et si vraiment on me demande mon avis, je dirais que je ne suis pas bien sûre de ce qu’est : « le droit de bénéficier de son propre travail. » Mais enfin, c’est comme ça, et c’est pas comme si on me demandait mon avis.

Maintenant, sachez que les scores (résultats au GRE) s’échelonne de 200 à 800 (même en ayant tout faux, on a 200/800. Logique américaine, cherchez pas.)  Les universités comme Yale et Harvard demandent respectivement… 743 et 768 en quantitatif, et 522 et 555 en verbal. (Petite parenthèse : ça commence à bien faire que ce soient les maths qui priment ! En quoi être capable d’écrire et résoudre des combinaisons à base de factorielles est un signe de valeur intrinsèque pour, disons, un candidat qui se destine à la recherche littéraire ? Zut, à la fin !) Bon, alors à ce stade, y’a du dopage, c’est pas possible ! Pour ceux qui me connaissent, je ne suis pas une pintade; pourtant mes scores à moi sont d’en moyenne 590 en quantitatif et 620 en verbal. (Pour les plus malins, vous aurez peut-être repéré que si je peste contre la prévalence du quantitatif sur le verbal, c’est peut-être bien parce que mon score en quantitatif est plus faible que mon score en verbal. Je ne souhaite pas m’exprimer à ce sujet.) 

Sur ce, mes amis, souhaitez-moi bonne chance et pensez à moi mardi, entre 21h et 01h heure française. Je serai en trainde terrasser le monstre grognant.

MISE A JOUR : Fini !! 😀 A moi la piscine, la plage, les films le soir avant d’aller dormir, les sorties bowling, et toutes ces choses que j’ai refusées pour étudier si intensément pendant 4 semaines. Mon travail acharné a fini par payer. J’ai obtenu 630 en verbal (en moyenne, 86% des personnes ayant passé le GRE ont moins que moi) et 770 en quantitatif (en moyenne, 84% des gens ayant passé le GRE ont moins que moi). Je suis fière de moi ! A présent, j’attends le résultat de la partie « écriture analytique ». Deux essais, pour une note sur 6. A noter que seulement 4% des gens passant le GRE obtiennent un score de 6. Croisons les doigts. 🙂

Merci pour toutes vos pensées; je suis sûre qu’elles m’ont aidée. Je vous tiendrai au courant pour les essais; on en saura plus dans 3 semaines. 🙂

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« Hey, je voulais juste te dire qu’on t’aime et que tu devrais venir te détendre avec nous. » Non, cette phrase n’est pas extraite d’un docu-fiction consacré aux adeptes du mouvement hippie. Elle a été prononcée par ma collocatrice pas plus tard qu’hier soir, et m’était destinée.

Je crois qu’une contextualisation s’impose, avant qu’on ne croit que je « fais des choses » avec mes collocataires, le dimanche soir, entre le fromage et le dessert. Hier, mes collocataires et moi-même sommes allés à la plage, à quelques minutes de la maison. (Oui, je sais. La précision des « quelques minutes » n’était peut-être pas nécessaire. Mais j’aime bien me vanter de temps en temps. ^^) A pays différent, habitudes différentes : c’est illégal aux Etats-Unis de consommer de l’alcool sur la voie publique. Mes collocs avaient donc emmenés des bières, qu’ils prenaient soin de cacher des regards des gardes-côtes et maîtres nageurs qui surveillaient la plage. Autre différence, amusante : la plage est divisée en deux parties : une pour les nageurs… et une pour les surfeurs. 😀 Californie, quand tu nous tiens…!

Après la plage, j’ai décidé de rentrer étudier pour un examen que je passe dans quinze jours. Les autres sont sortis dans un bar-restaurant, et en rentrant, on allumé une chicha (pour les incultes, une chicha, c’est ça) et on commencé à jouer à « action ou vérité ». (Oui, je sais. Les différences culturelles se sont arrêtées à la plage. Il faut croire que les jeunes gens de tous les pays se ressemblent. 🙂 ) Et c’est alors qu’une de mes collocs a pris l’initiative de venir me dire que je travaillais trop. « Oui, mais tu sais, je suis quelqu’un de très stressé, et quand j’ai un examen, j’aime bien étudier en détail pour avoir la conscience tranquille. » lui ai-je répondu. Sa réaction a été : « Tu sais ce qui est bon contre le stress ? … Un moment entre amis ! » Et moi de penser : « Pas faux. Mais tu sais ce qui est encore meilleur contre le stress ? Avoir la certitude qu’on a étudié tout ce qui était étudiable et qu’on a fait du mieux qu’on a pu pour se préparer. On peut alors, la conscience tranquille, regarder sa note en se disant que de toutes façons, on aurait pas pu faire mieux. »

Question de point de vue. 🙂

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Comme le temps qu’il fait ici à l’air d’être l’objet de toutes vos inquiétudes et de tous vos fantasmes, j’ai décidé de faire un petit point météo ! 🙂 Les quelques jours avant et après Koppu, le temps s’était nettement rafraîchi, il y avait du vent et le taux d’humidité était un peu descendu. (Enfin, je dis « nettement rafraîchi »… Ça reste Hong Kong, hein, il devait faire dans les 28°C). C’était beaucoup plus agréable, on avait moins l’impression de se vider de son eau dès qu’on passait la porte. Mais catastrophe ! Depuis que le typhon est passé, la chaleur et la moiteur sont revenues, avec 32°C hier (d’après un thermomètre que j’ai vu sur la plage ,donc un endroit a priori plus frais que les autres…), et probablement plus aujourd’hui pour ce que j’ai pu ressentir…

Sinon, récemment, je suis allée assister aux fameuses courses hippiques de Hong Kong Island ! Une expérience à part entière ! Et aujourd’hui, j’ai été visiter le monastère aux 10 000 Bouddhas, dans les Nouveaux Territoires. J’ai pris plein de photos; je mettrai tout ça en ligne quand j’aurai un peu de temps…J’imagine l’impatience de mes lecteurs frénétiques (^^) et leur envie d’avoir de mes nouvelles (plus ?) régulièrement, mais laissez-moi vous soumettre quelques idées.

Petit un, je ne suis pas (encore :p) rémunérée par Lonely Planet (* célèbre guide de voyage)  : j’aime partager ce que je vis avec vous mais, hé, il se trouve que j’ai une vie à côté de la toile (sisi ^^) et que j’entends bien profiter un maximum de ce que la vie hongkongaise a à offrir !

Petit deux, j’ai aussi plus de travail scolaire que prévu. Ben voui, comme je n’ai que des cours sans examen final, il faut bien compenser quelque part… Du coup, les profs se sentent coupables s’ils nous donnent moins de 100 pages (chacun, cela va de soi) à lire par semaine. Et puis ils doivent, eux, n’avoir pas grand chose à faire de leur vie puisqu’ils insistent pour qu’on rédige un commentaire sur ce qu’on a lu, à chaque fois… !! Si j’avais fait une prépa, je dirais que je n’ai pas vu ça depuis la prépa ! 😉 Inutile de préciser qu’en plus, c’est pas « Tintin au Tibet », qu’on lit, nan ! Le dernier « reading » en date (* lecture obligatoire) traitait de la « narratologie ». Oui, moi aussi c’était la première fois que j’entendais parler d’un truc pareil (« Narratolo-quoi ? Qu’est-ce que ça peut bien être…? Un animal ? Une cause en détresse ? Une maladie contagieuse ? »). Si ça peut vous rassurer, on vit aussi bien sans le savoir…

Mais devant les réclamations passionnées de la foule en délire (ça, c’est vous), je cède : je vais donc vous faire un bref topo sur la « narratologie ». En gros, c’est l’analyse de la façon dont un récit se décompose. On y apprend plein de mots utiles au Scrabble comme les « kernels » ou les « satellites », les « kernels » étant les éléments structurants de l’histoire (ex : « il décrocha le téléphone ») et les « satellites » les éléments de variantes (ex : « il téléphona à sa mère » ou « il commanda une pizza » ou « il écouta ses messages »…). Passionnant, non ? xD

En guise de conclusion, j’aimerais vous traduire mon passage préféré : « Les axes paradigmatiques et syntagmatiques des évènements d’une histoire fonctionnent, sur le plan de la narrativité, de la même façon que les métaphores et les métonymies opèrent sur le plan de la textualité ». Ah ben oui. Tout de suite, c’est plus clair.

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