A quelques pas de là…

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Les jours passent et les publicités se ressemblent… La créativité des responsables com’/marketing des grands groupes (et des plus petits aussi, d’ailleurs) en terme de sexisme semble illimitée :

SMEREP publicité sexiste

« On a tous une bonne raison de choisir la SMEREP, » clame la publicité, vantant ainsi les mérites de ce centre de remboursement qui fait office de sécurité sociale étudiante. En guise de bonne raison, on aurait pu nous parler de la compétence du personnel, de la rapidité des remboursements, de la couleur des papiers peints des agences, ou de la qualité de la musique d’attente quand on appelle le 0 800…

Mais là, non. Quelque part à la Défense, on a quinze mecs et une poignée de nanas, l’équipe en charge de cette campagne de pub, qui se sont dit que ça serait « rigolo », qu’on jouerait sur le côté « décalé » en faisant poser un jeune Noir en jogging type « banlieusard », en lui demandant de faire un regard lubrique, et en lui faisant dire : « Moi, c’est pour la meuf, mec ! » La « meuf » de l’accueil, on suppose ? Ou la « meuf » qui répond au téléphone peut-être ?

Le côté carrément sexiste et borderline raciste du truc ne leur a pas du tout sauté aux yeux, apparemment.

Non, non, mais allons-y carrément. Ressortons les publicités de nos fonds de tiroir. Au temps béni où ces hystériques de féministes ne voyaient pas le mal partout, et où on pouvait faire son métier sans être emmerdé.

Seb vieille publicité sexiste cocotte

D’après : notachocolatecake

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Franchement, depuis le temps qu’on se tape ces sales pubs sexistes, il n’est venu à l’idée de personne que ça serait carrément plus original de faire une pub qui sorte des clichés ? J’m’en vais vous révolutionner le monde de la com’, moi, z’allez voir. 😉

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Cannes finiAlors que s’achève le Festival de Cannes, on ne compte plus les articles miniatures illustrés avec force de photos glamour, grandes robes, paillettes et escarpins. Les magazines « féminins » ont emmagasiné assez de « fashion faux pas » pour les huit prochains mois, les journaux télés ont pu éviter un quatorzième sujet sur le mauvais temps, et l’intelligentsia parisienne en a profité pour compter ses troupes : qui y était, qui n’y était pas, qui est « in », qui est déjà « has been ». [Remarque : vous commencez à me connaître. Il était hors de question que je vous mette des photos de « stars » qui, d’après moi, ne sont bonnes qu’à filer des complexes au reste d’entre nous. Les illus de cet article seront donc thématiques !]

 

 Au milieu de tous ces sujets qui se ressemblent, il me semblait important de mettre un coup de projecteur (remarquez au passage le jeu de mots habile… « Projecteur ». « Cinéma ». T’as compris ? Qu’est-ce que je suis drôle.) sur un article de Courrier International de cette semaine, reprise d’un papier du Hollywood Reporter plus tôt dans le mois.

 

Prostitution 2A côté des fastes du Festival, l’envers du décor est bien plus brutal. Entre cent et deux cent mille prostituées afflueraient chaque année au moment du Festival, pour satisfaire les nouveaux et les anciens riches de tous les pays. L’espace de dix jours, la Côte d’Azur se transforme en supermarché humain géant. On y trouve de tout. Pour les amateurs d’exotisme, des étrangères : du Royaume-Uni, du Venezuela, du Brésil, du Maroc ou de Russie. Pour ceux qui rêvent en Français, les putes viennent aussi de Paris ou des environs : Monaco, Nice.

 

Aux mains de prostitueurs professionnels ou le fait des jeunes femmes elles-mêmes, ce trafic peut s’avérer particulièrement rentable : jusqu’à 3000€ la nuit pour une prostituée « de luxe », entre 40€ et 60€ de l’heure pour les femmes des trottoirs. Pour en savoir plus, le Hollywood Reporter a interviewé Elie Nahas, ancien bras droit de Moatessem Kadhafi (le fils de Muammar) et responsable de ce bordel. Au sens propre. Ce délicieux gentleman a quitté la France alors que la justice instruisait son procès pour proxénétisme. C’est trop bête. Il en a pris pour huit ans. Si vous voulez mon avis, huit ans pour organiser du trafic d’être humains sur toute la Côté d’Azur et forcer des jeunes femmes à vendre leur corps pour son profit à lui, ça reste encore pas cher payé. Mais coElie Nahasmme personne ne me demande mon avis…

 

Bref, grand prince, Elie Nahas consent à expliquer le fonctionnement du système à la journaliste. Entre cent et deux cents filles entrent et sortent des hôtels de luxe chaque nuit. Entre trente et quarante yachts stationnés dans la baie de Cannes, sur lesquels on fait monter des filles pour la nuit : prostituées régulières, mannequins en mal de contrats ou actrices hollywoodiennes dont la carrière n’a pas décollée. Evidemment, Elie Nahas jure ses grands dieux n’avoir rien à voir avec le système et s’être contenté de faire le taxi entre l’aéroport et la Croisette. C’est qu’il est généreux, le monsieur.

 

prostitution 1Plus intéressant encore : il affirme que la police cannoise est au courant, mais choisit de fermer les yeux pour dix jours. Un scandale prostitutionnel alors que les plus grandes stars ont décidé de dépenser leur argent chez nous, c’est vrai que ça la fout mal. Et puis, les scandales prostitutionnels, on a déjà DSK qui s’en occupe. Selon Elie Nahas, victime du système, la seule raison pour laquelle la police et la justice française s’en seraient prises à lui serait ses affinités avec la famille Kadhafi. Ca m’arrache de le dire, mais ça ne m’étonnerait pas qu’il ait raison. Le Colonel n’étant plus dans les petits papiers de la République, mais les officiels français ayant tous plus au moins fricotté avec le régime pendant des années, « on » s’est sans doute dit que ça permettrait à tout le monde de se laver un peu les mains à peu de frais.

 

Il faut dire que c’était pas mal raisonné. Le bras droit du fils de Kadhafi condamné par la justice française, ça a de la gueule. On évite en plus d’impliquer la majorité des festivaliers, et en particulier de ceux que Elie Nahas appelle « les Arabes », c’est-à-dire les grandes fortunes du Golfe qui injectent régulièrement des millions dans notre économie. A côté de ça, vous n’allez pas nous faire chier pour cent à deux cent mille filles prises dans les mailles des réseaux prostitutionnels, dont le seul choix se résume à se faire baiser pour de l’argent ou à se faire tabasser par leur mac, non ? Un peu de glamour, on est à Cannes, bordel.

 

Enquête en immersion – Réactions des élèves et ambiance au sein de l’institution après l’annonce de la disparition du directeur. 

Mercredi 04 avril. Insomnie. 02h07, un email d’Hervé Crès, directeur des études et de la scolarité : « Décès de Richard Descoings. » Pardon ?! Je parcours l’email rapidement : « A la communauté enseignante et étudiante de Sciences Po : J’ai la profonde tristesse de vous annoncer que Richard DESCOINGS est mort hier, mardi 3 avril 2012, à New York. Richard DESCOINGS y représentait l’Europe… bla, bla, bla …  réunion des grands leaders d’universités… bla bla bla… immense perte… bla bla bla… œuvre extraordinaire qui a profondément transformé Sciences Po. » 

Ce matin à Sciences Po, régnait l’atmosphère particulière des lendemains d’évènements exceptionnels : la mort de Michael Jackson, celle du pape. Celle de Richard Descoings. Personne ne savait de quoi d’ailleurs, et les esprits commençaient à s’échauffer. « Il a été retrouvé nu, sur son lit… » disait l’un. « A New York ! » ironisait l’autre. Et de continuer : « Décidément, il s’en passe des choses dans les hôtels de New York ces derniers temps ! » « La chambre était en désordre » ajoutait-on. « Oui, mais apparemment, cela serait dû aux mouvements du personnel qui tentait de le ranimer. » « Parce que tu prends le temps de déranger la pièce, toi, quand tu trouves quelqu’un inanimé ? » « Rien ne manquait dans sa chambre » objectait l’un. « Mais pourtant, son ordinateur portable et son téléphone ont été jetés par la fenêtre ! » s’exclamait l’autre. « Et on les a retrouvés sur le palier, quatre étages plus bas. » ajoutait un troisième. « Quoi ? Mais comment c’est possible ? »

Effectivement. Le sentiment qui domine, à Sciences Po, aujourd’hui, c’est la stupeur. L’incrédulité. Les militants s’interrogent. Cela faisait quatre mois qu’ils menaient une bagarre acharnée contre la distribution opaque de près de 300 000€ de « bonus annuel » à une douzaine de membres d’un « Comité exécutif » nommé et révoqué par le roi Richard, lui-même généreusement auto-rétribué à hauteur de 30 000€ mensuels. Ce matin, c’est un silence gêné qui fait place à la ferveur des derniers temps. « Ils s’en sortent bien, au ComEx ! » lâche finalement l’un d’entre eux. « Impossible de continuer, vu l’actualité. » « Mais bien sûr que si ! » rétorque l’autre. « On va juste laisser passer un peu de temps. » Peut-être. Il n’empêche. Chacun sent bien que ça ne sera plus pareil. La lutte était dirigée, arcboutée contre Descoings. C’était l’ennemi à faire plier. A présent, même si personne ne le dit, chacun sait bien que c’est cela qu’il va falloir reconstruire : un ennemi contre lequel se rassembler. Un militant sans ennemi, c’est comme un poisson sans bicyclette. Ca n’a aucun sens.   

Dans le hall d’entrée du 27 rue Saint-Guillaume, bâtiment principal, des tables sont illuminées de petites bougies rouges et blanches spontanément allumées par les étudiants. Des fleurs sont posées ça et là. Des mots s’accumulent. Des dessins de Richard Descoings, des photos, des slogans. Et autour des tables, des élèves, silencieux dans le brouhaha ambiant de ce hall immense. Seize ans que Descoings était à la tête de Sciences Po. La scolarité ne durant que cinq ans (ou huit pour quelques doctorants), tous n’ont connu que lui. La grande majorité n’a même entendu parler que de lui, à l’exception peut-être du fondateur de l’école, Emile Boutmy, et de Jacques Chapsal, tous deux ayant donné leur nom aux deux principaux amphithéâtres de la maison. Une maison dont le père vient de s’éteindre, et dont beaucoup d’enfants se sentent comme orphelins. Ils sont très peu nombreux, ceux qui n’avaient jamais eu l’occasion de parler à Descoings, ou au moins de le croiser. Il était très familier avec ses élèves, échangeant même avec eux sur Facebook, parfois par chat, lorsque son emploi du temps le lui permettait. « Il donnait toujours l’impression d’être très concerné par ce qu’il se passait dans nos vies d’étudiants. » se confie l’un. « Il y a exactement une semaine de cela, il prononçait un discours en hommage à Camille Barberet, une étudiante décédée. Tu te rends compte ? S’il avait su que ça serait son tour si rapidement… Qu’aujourd’hui, ce serait nous qui lui rendrions hommage… Quelle ironie… » s’émeut l’autre. « Je me demande s’il s’est posé la question… »

Sur le trottoir d’en face, BFM TV, France 2, I-Télé et Canal + ont installé leurs caméras. Des journalistes attendent, le micro à la main. « Mais qu’est-ce qu’elles fichent là ? Elles attendent quoi au juste ? Que Descoings sorte leur faire une déclaration ? » s’énerve un étudiant. Des affiches A4 édités par Le Monde sont accrochées à tous les poteaux à proximité de l’école : « Mort de Richard Descoings, directeur de Sciences Po. » Certains prennent ces poteaux en photo. « Mais qu’est-ce qu’ils fabriquent encore ? » s’énerve à nouveau l’étudiant. Ils ne font pas partie de la famille. Qu’il la laisse donc porter le deuil en paix.

Un ancien étudiant d’un campus en région fulmine : « Et voilà ! Même en mourant il fait parler de lui ! Tu crois qu’ils auraient fait un tel ramdam si le directeur de Normal Sup était mort ? On sait même pas qui c’est ! Descoings, il ne vivait que pour l’image, le paraître, la médiatisation. Il en avait rien à taper de nous. C’est lui, lui et encore lui ! » Et d’ajouter : « Regarde, cette histoire de campus en région. Il les ouvre en série, il pond des campus comme les lapins font des enfants ! Il y a une belle inauguration, on parle de lui dans les médias, de la révolution Descoings, ça fait 10 minutes au JT, mais après, plus rien. On se tape des profs de merde, des programmes pas cohérents dans des locaux tout pourris, mais ça, Descoings il s’en fiche. Il a eu son quart d’heure de gloire, et il est déjà en train de plancher sur le prochain campus à ouvrir. »

Là-bas, à une table du « Basile », le café qui fait l’angle, véritable repaire de Sciences-Pistes, un pro- et un anti-Descoings s’écharpent. « Et la procédure d’entrée à Sciences Po pour les élèves de ZEP, c’était pas révolutionnaire, ça peut-être ? » « Et l’augmentation des frais de scolarité, qui n’ont servis qu’à augmenter les bonus du ComEx, c’était bien ça peut-être ? » « Et la professionnalisation des professeurs de Sciences Po ou lieu d’avoir de simples chargés de cours, c’est pas bien, ça peut-être ? » « Et la multiplication des filières de masters sans aucun suivi derrière, c’est bien ça, peut-être ? » Le tout avec cordialité et retenue. L’institution est en deuil tout de même et chacun ne peut que constater l’impact qu’ont eu les seize années de direction de Richard Descoings. Pro- ou Anti-, il ne laissait personne indifférent, et ne suscitait que des passions ou des haines, mais très peu d’entre-deux.

Il reste à espérer que le nouveau directeur déclenche moins de fureur, tout en suscitant autant d’admiration. L’avenir nous le dira.

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Mardi, de midi à 16h, je passe le GRE. Graduate Record Examination. Ca fait bien, hein, dit comme ça ? Ce test complètement abruti vous force d’une part à apprendre par coeur des listes de vocabulaire inutile, et d’autre part à maîtriser des notions de mathématiques niveau collège présentées de façon à vous tendre un piège à chaque question. Charmant. 

Au cours de la section « verbale » du test, le candidat se voit présenter des « analogies », des « antonymes » et des textes. Bien, bien. Le premier qui dit que ça a l’air facile se prend mon verre d’eau dans la tronche. N’étant pas anglophone de naissance, je ne saurais jamais la difficulté que représente  cette section pour les natifs de la langue de Shakespeare. Cependant, en tant que Francophone, j’observe que je me vois dans l’obligation d’apprendre des mots comme tarière (sisi, c’est un mot), poinçon, meule, rabot, faire les plâtres, boulier, écorce, têtard, mors, groin, et j’en passe, et des meilleurs. Ce vocabulaire maîtrisé, je peux attaquer les « analogies ». En gros, on vous présente deux mots (exemple : meule et grange) et il vous faut trouver la paire de mots qui présente un lien similaire à la paire présentée (exemple : on stocke les « meules » dans la « grange ». Une paire appropriée serait donc  armes et arsenal : on stocke les « armes » dans un « arsenal »). C’est clair pour tout le monde ? Maintenant va retenir que le meule se dit « haystack » et grange « barn » ! Les antonymes, c’est le même principe, sauf qu’il n’y a qu’un seul mot (compliqué et inusité, cela va sans dire) dont il faut trouver l’antonyme parmi une liste (de mots tout aussi peu employés, naturellement). Le texte, quant à lui, fait une demi-page et est en général extrait de revues scientifiques ou littéraires. Des exemples de passages que j’ai eu à lire lorsque je m’entraînais : « La vie, idiosyncratique par nature, est à elle-même sa propre exégèse. » (Oui-oui, en anglais.) Ou (en anglais toujours) « Deux hypothèses sont avancées quant aux sources nutritives : la chimiosynthèse et l’advection. » (C’est pas mal, je n’ai aucune idée de ce que veulent dire ces termes.)

La seconde section du test, « quantitative », est faite de 45 minutes de problèmes de maths d’apparence simpliste, mais en réalité redoutables de complexité. De simples calculs de fraction se révèlent impossible à simplifier, les théorèmes de Pythagore se transforment en racine carrées qui ne tombent pas rond et qu’on se trimbale sur cinq lignes de calcul… Les équations semblent élémentaires mais sont formulées de façon à nous faire oublier que le « x » peut être positif ou négatif, changeant du même coup tout le sens du calcul. Il y a, bien entendu, des « trucs » permettant de simplifier tout ça… mais à moins d’avoir ingéré des maths à haute dose pendant toutes ses années d’universités, je ne vois pas comment ça peut nous sauter aux yeux que 16416 / 2 = 6 x 48 x 19.  

Il y a enfin, et parce que sinon c’est pas drôle, une section « écriture analytique ». 45 minutes pour répondre à la question : « Toute personne ayant commis un crime a rompu le contrat social et doit être privée de ses droits civiques ou du droit de bénéficier de son propre travail. » Alors d’abord, j’ai envie de dire : « On s’en cogne. » Et si vraiment on me demande mon avis, je dirais que je ne suis pas bien sûre de ce qu’est : « le droit de bénéficier de son propre travail. » Mais enfin, c’est comme ça, et c’est pas comme si on me demandait mon avis.

Maintenant, sachez que les scores (résultats au GRE) s’échelonne de 200 à 800 (même en ayant tout faux, on a 200/800. Logique américaine, cherchez pas.)  Les universités comme Yale et Harvard demandent respectivement… 743 et 768 en quantitatif, et 522 et 555 en verbal. (Petite parenthèse : ça commence à bien faire que ce soient les maths qui priment ! En quoi être capable d’écrire et résoudre des combinaisons à base de factorielles est un signe de valeur intrinsèque pour, disons, un candidat qui se destine à la recherche littéraire ? Zut, à la fin !) Bon, alors à ce stade, y’a du dopage, c’est pas possible ! Pour ceux qui me connaissent, je ne suis pas une pintade; pourtant mes scores à moi sont d’en moyenne 590 en quantitatif et 620 en verbal. (Pour les plus malins, vous aurez peut-être repéré que si je peste contre la prévalence du quantitatif sur le verbal, c’est peut-être bien parce que mon score en quantitatif est plus faible que mon score en verbal. Je ne souhaite pas m’exprimer à ce sujet.) 

Sur ce, mes amis, souhaitez-moi bonne chance et pensez à moi mardi, entre 21h et 01h heure française. Je serai en trainde terrasser le monstre grognant.

MISE A JOUR : Fini !! 😀 A moi la piscine, la plage, les films le soir avant d’aller dormir, les sorties bowling, et toutes ces choses que j’ai refusées pour étudier si intensément pendant 4 semaines. Mon travail acharné a fini par payer. J’ai obtenu 630 en verbal (en moyenne, 86% des personnes ayant passé le GRE ont moins que moi) et 770 en quantitatif (en moyenne, 84% des gens ayant passé le GRE ont moins que moi). Je suis fière de moi ! A présent, j’attends le résultat de la partie « écriture analytique ». Deux essais, pour une note sur 6. A noter que seulement 4% des gens passant le GRE obtiennent un score de 6. Croisons les doigts. 🙂

Merci pour toutes vos pensées; je suis sûre qu’elles m’ont aidée. Je vous tiendrai au courant pour les essais; on en saura plus dans 3 semaines. 🙂

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Hier soir, autour d’une chicha. Ma collocatrice me passe l’embout, que je dois porter à mes lèvres afin d’aspirer puis de recracher la fumée. Je décline son offre, et passe à mon tour l’embout à ma voisine… qui me regarde, surprise, avant de dire en riant : « Regarde comment moi je fais ! » Elle aspire et recrache aussitôt dans un mouvement précipité, au lieu d’inhaler une grande bouffée comme on est censé le faire. « Cela permet de t’intégrer, même si tu ne sais pas fumer ! » Et de rire. Oui, alors moi, je fonctionne un peu différemment. J’ai une estime de moi-même suffisamment élevée pour ne pas avoir à fumer si je n’en ai pas envie, ni boire si je n’en ai pas l’intention. Je dis ça avec un peu d’agressivité, parce que je suis ce genre de personne très pénible qui ne boit pas, ne fume pas, de ne prend pas de drogue. Et régulièrement, on me demande ce qui ne tourne pas rond chez moi, si je suis musulmane (sous-entendu si j’y suis contrainte), si je veux qu’on joue à la dînette, etc. Alors non. Je suis un être humain normal, je vous remercie. Si eux ont besoin de cela, fort bien, je ne juge pas. Mais je demanderais de ne pas être jugée non plus. Et si « on » ne veut pas m’intégrer parce que je ne suis pas assez cool… Eh bien, c’est tant pis pour « on ». Si « on » a ce genre de mentalité, je crois que je ne perds pas grand’chose.

Plus tard dans la soirée, jeu « action ou vérité ». Je devais, comme « action », lécher le doigt d’un de mes collocataires masculins, lequel doigt avait été préalablement recouvert de crème chantilly. Bon, je ne vais pas vous faire un dessin, vous avez compris l’allusion… Je regarde, perplexe, ce doigt recouvert de chantilly, et hésite à faire ce qu’on me demande. Remarque de ma colloc : « Fais pas ta prude, t’as sucé des trucs plus gros dans ta vie ! » Très classe. Je finis par m’exécuter : c’est le jeu. Remarque de la même colloc : « Wouhou !! On fait genre : « Oh, je ne peux pas sortir, je dois travailler, mais quand il s’agit de lécher des trucs, HOP ! La tête la première. » Bien, bien.

Alors je vais commencer par la première remarque, en particulier le : « fais pas ta prude. » Cette remarque m’énerve parce qu’elle implique une fois de plus qu’il y a un standard de « coolité » [coolité, n.f. : caractère de ce qui est cool.] (Non, tu ne rêves pas, je viens bien d’inventer un mot.) et que, pour pouvoir s’intégrer dans ce groupe d’étudiant, il faut respecter ce standard. Lécher sans appréhension le doigt d’un parfait inconnu, sale, recouvert de chantilly (qui par ailleurs est dégueulasse), avec toutes les connotations que cela représente, est universellement, à travers les âges et les continents, considéré comme drôle, « cool », hilarant pourquoi pas, et il m’appartient de me conformer à cette règle. Le fait que je sois, par ailleurs, une jeune femme détendue voire complètement folle à certains moments, drôle et aimant faire rire devient complètement caduque si je ne me conforme pas à cette règle : pour être cool, il faut lécher. Notez que ça ne fait rire que parce que je suis une fille. Un mec devant lécher le doigt d’un autre mec aurait sans doute réussi à s’en tirer avec un « Chui pas un pédé », forme ultime de l’affirmation de soi masculine.

Bien. J’ai donc léché ce p***** de doigt, non pas parce que j’avais envie d’être reconnue comme cool et intégrée à leur groupe, mais parce que c’est le jeu, et que je suis les règles. Passons à présent à la deuxième phrase. Elle me gêne pour plusieurs raisons. Tout d’abord, cela m’ennuie profondément que le fait d’étudier sérieusement et d’aimer les choses bien faites soit incompatible avec le fait d’être complètement barrée de temps en temps, de péter un boulon, bref d’agir de façon complètement irréfléchie en se moquant bien du qu’en dira-t-on. Ensuite, dans la seconde partie de sa phrase, c’est tout juste si ma collocatrice ne me traite pas de pute, après m’avoir insultée de prude. Ah oui, parce qu’attention. Etre cool, oui. Etre dévergondée, non, sinon on devient une pute. Une femme doit être correcte et respectable, vous voyez. Et d’ailleurs, une femme qui a une vie sexuelle épanouie est immédiatement qualifiée de « cochonne », les mecs en parlent avec des sous-entendus graveleux, et c’est tout juste si elle aussi n’est pas considérée comme une « pute », puisqu’apparemment ce mot a l’avantage de permettre de qualifier toutes sortes de femmes, voire toutes les femmes. (« Sauf ma mère et ma soeur », dirait mon grand oncle.)

On en revient donc à mon éternel cheval de bataille : le sexisme ambiant, pour constater tristement qu’en fait, le sexisme commence bien souvent dans le cerveau des femmes elles-mêmes.

« Hey, je voulais juste te dire qu’on t’aime et que tu devrais venir te détendre avec nous. » Non, cette phrase n’est pas extraite d’un docu-fiction consacré aux adeptes du mouvement hippie. Elle a été prononcée par ma collocatrice pas plus tard qu’hier soir, et m’était destinée.

Je crois qu’une contextualisation s’impose, avant qu’on ne croit que je « fais des choses » avec mes collocataires, le dimanche soir, entre le fromage et le dessert. Hier, mes collocataires et moi-même sommes allés à la plage, à quelques minutes de la maison. (Oui, je sais. La précision des « quelques minutes » n’était peut-être pas nécessaire. Mais j’aime bien me vanter de temps en temps. ^^) A pays différent, habitudes différentes : c’est illégal aux Etats-Unis de consommer de l’alcool sur la voie publique. Mes collocs avaient donc emmenés des bières, qu’ils prenaient soin de cacher des regards des gardes-côtes et maîtres nageurs qui surveillaient la plage. Autre différence, amusante : la plage est divisée en deux parties : une pour les nageurs… et une pour les surfeurs. 😀 Californie, quand tu nous tiens…!

Après la plage, j’ai décidé de rentrer étudier pour un examen que je passe dans quinze jours. Les autres sont sortis dans un bar-restaurant, et en rentrant, on allumé une chicha (pour les incultes, une chicha, c’est ça) et on commencé à jouer à « action ou vérité ». (Oui, je sais. Les différences culturelles se sont arrêtées à la plage. Il faut croire que les jeunes gens de tous les pays se ressemblent. 🙂 ) Et c’est alors qu’une de mes collocs a pris l’initiative de venir me dire que je travaillais trop. « Oui, mais tu sais, je suis quelqu’un de très stressé, et quand j’ai un examen, j’aime bien étudier en détail pour avoir la conscience tranquille. » lui ai-je répondu. Sa réaction a été : « Tu sais ce qui est bon contre le stress ? … Un moment entre amis ! » Et moi de penser : « Pas faux. Mais tu sais ce qui est encore meilleur contre le stress ? Avoir la certitude qu’on a étudié tout ce qui était étudiable et qu’on a fait du mieux qu’on a pu pour se préparer. On peut alors, la conscience tranquille, regarder sa note en se disant que de toutes façons, on aurait pas pu faire mieux. »

Question de point de vue. 🙂

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